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Champagne : l’incroyable saga de la famille Thiénot

Tout a commencé en 1985, lorsque Alain Thiénot, l’ex-petit courtier en vins, lance sa maison de négoce à Reims. Aujourd’hui, la famille contrôle Arvitis, 750 hectares de vigne en Champagne, dont Canard-Duchêne, ainsi que dans le Bordelais (Dourthe, Kressmann).

Garance, Stanislas et Alain Thiénot

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Son père avait déjà dirigé une maison de champagne avant d’embrasser la carrière de notaire, et son grand-père maternel était entrepreneur à la tête d’une entreprise familiale, la Verrerie Charbonneaux.

Le dicton dit que bon sang ne peut mentir, la voie semble toute tracée pour le jeune Alain Thiénot qui bénéficie de solides appuis familiaux. Il décide de se lancer dans une carrière commerciale, celle de courtier en raisins de champagne. Ce métier lui permet d’approcher le métier dans son intégralité, en explorant en même temps les débouchés, mais aussi et surtout les vignobles et différents terroirs champenois.

Maison Marie Stuart, Maison Joseph Perrier puis Maison Canard Duchêne

En 1976, Alain Thiénot sent qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure. Son expérience s’est affirmée et il entreprend d’acheter ses toutes premières vignes, cinq hectares de grands crus. La Maison Alain Thiénot prend ensuite véritablement son envol en 1985, alliant les aspects production et négoce. Alain Thiénot se voue au développement de son entreprise en procédant notamment à des opérations de croissance externe. Après avoir racheté la Maison Marie Stuart en 1994, c’est au tour de la Maison Joseph Perrier en 1998 puis de la Maison Canard Duchêne, il y a vingt ans.

Ses rachats en terre connue ne sont que l’un des piliers de sa réussite. Contrairement à certaines habitudes de l’époque qui cantonnaient les négociants aux productions locales et régionales, Alain Thiénot diversifie les zones géographiques de son activité dès les années 80. Il investit ainsi en région bordelaise et achète les Châteaux Ricaud et Rahoul. Une tactique inédite qui lui permet de poursuivre sans accroc ses activités en Champagne sans bouleverser le jeu subtil de la concurrence.

Alain Thiénot va d’ailleurs prouver qu’il apprécie la zone bordelaise via un coup de maître, la reprise de CVBG Dourthe Kressmann, une entreprise qui réalise à l’époque le même chiffre d’affaires que Thiénot. CVGB est spécialisé dans le négoce de grands crus, l’activité de Dourthe repose sur 9 châteaux tandis que Kressmann se situe sur le métier du négoce traditionnel. Le terroir bordelais va continuer à s’étoffer avec de nouvelles acquisitions en Saint-Émilion Grand Cru, Pessac-Léognan, Haut-Médoc, etc.

Transmission

Si l’histoire de la Maison Thiénot se distingue par bien des aspects des autres grandes Maisons historiques de champagne, il est un point commun, il s’agit de l’esprit familial de l’entreprise et de sa gestion. Depuis plusieurs années, Alain Thiénot a passé la main au quotidien à Garance et Stanislas Thiénot, aujourd’hui aux manettes de l’entreprise, une passation ressentie comme une évidence pour ces deux enfants nés dans le milieu du champagne et du vin.

Garance Thiénot est en charge de la direction marketing, son frère aîné Stanislas a quant à lui parcouru le monde avant d’entrer dans l’affaire familiale en 2003 lors de la reprise de Canard Duchêne et de prendre ensuite la direction de l’affaire de famille en tant que président d’Arvitis.

Une ambition planétaire

La société familiale Arvitis (nouveau nom de Thiénot Bordeaux Champagnes depuis 2020) rassemble les différentes activités de la vigne et du vin, production, vente et négoce en France et à l’étranger. Au total, l’entreprise intervient sur quelques 560 hectares et n’a pas attendu longtemps avant de s’installer à l’international. Dès 1989, une filiale fut créée pour commercialiser les champagnes et vins au Royaume-Uni. Il y a dix ans, c’est la Californie qui fut désignée comme la priorité. Cela suscita la création d’une filiale sur place, suivie en 2017 par le rachat des 51 hectares du vignoble L’Aventure en terre américaine sur la terre bien connue de Paso Robles. En 2019, Stanislas Thiénot annonçait un chiffre d’affaires de 240 millions d’euros pour le total des activités.

Au-delà de ces investissements viticoles, les vins et champagnes d’Arvitis sont commercialisés auprès de plus d’une centaine de pays, à l’origine de 60% du chiffre d’affaires du groupe. Une structure unique chapeaute ce secteur, Champagnes & Châteaux, dotée d’une division pour la France et d’une autre dédiée à l’étranger. L’entreprise travaille également en partenariat avec des vignobles français et étrangers tels que Edmond de Rothschild Heritage, Clos de los Siete (Argentine), Fonseca (spécialiste du Porto) et Lindrum (whisky). Depuis déjà quelques années, la direction s’est orientée sur une politique environnementale comme ses grands concurrents, avec une partie des vins sous certification HVE niveau 3, Terra Vitis ou label biologique.

Une incroyable saga pour un groupe bâti de zéro qui devrait donner des idées et des rêves à d’autres…

Claudio Flouvat


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