La Maison Louis Latour date de 1768. Elle n‘est plus concentrée en Bourgogne (plus de 48 hectares dont Gevrey-Chambertin) : elle s’étend aussi dans le Beaujolais, à Chablis, dans le Var voire l’Ardèche.

L’aventure démarre en fait en 1731. Une famille dénommée Latour est déjà présente dans le monde de la vigne, et c’est une trentaine d’années plus tard que le choix de s’installer à Aloxe-Corton se concrétise. C’est là que la Maison Louis Latour va voir le jour, en 1797. C’est le début d’une aventure entrepreneuriale, entre viticulture, production, négoce et commerce international. Le XIXe siècle fut le siècle où la croissance prit une dimension internationale, en commençant par le Royaume-Uni. Croissance qui ne s’est pas démentie, bien au contraire, au cours du siècle dernier. L’affaire fit preuve d’une résilience hors du commun, traversant crises, guerres, sans oublier le phylloxera au début du XXème siècle.

Septième Louis et onzième génération

La belle histoire entrepreneuriale continue toujours aujourd’hui sous la direction de Louis-Fabrice Latour depuis 1999. Déjà 22 ans au service de la maison familiale avec une poursuite accélérée du développement, bien au-delà du terroir de naissance bourguignon. 80% des ventes de vins se font désormais à l’export. Le dirigeant actuel a commencé à travailler dans l’entreprise familiale à l’âge de 24 ans après avoir passé deux ans dans la banque à Londres et Paris. Né le 29 février 1964 à Beaune, comme il se doit pour un Latour, l’homme ne courbe pas le dos face au poids de l’histoire. Bien au contraire, fier de ses racines, il dirige la Maison et n’hésite pas à s’investir dans des rôles annexes, tels que Président du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne et Vice-Président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Liqueurs. Il est depuis quelques années le chaînon qui s’inscrit dans le « processus lent, mais constant pour un avenir ambitieux et qui se veut visionnaire afin d’agir en faveur de la conservation de ce patrimoine familial ».

Maison Louis Latour : 50 hectares pour s’exprimer

Le style Louis Latour se veut celui « de la finesse et de l’élégance » selon son dirigeant. Pour Louis-Fabrice Latour, ce style se retrouve notamment grâce au type de vinification Quels que soient la zone et le terroir concernés, les techniques appliquées sont « simples et traditionnelles » quand bien même le centre technique dispose des dernières nouveautés. Pour l’entrepreneur, cette politique est un atout majeur qui a permis aux vins Latour de passer à travers les âges grâce à un style, une typicité, qui ne cède pas aux mouvements de mode. Louis-Fabrice Latour tient à mettre en exergue l’économie du territoire, ce 1% du sol français dédié à la viticulture parvenu à « élaborer des vins si particuliers, avec de grandes personnalités du monde du vin élaborant son vin à sa manière avec sa propre identité, le tout sur le même terroir ».

Cela n’empêche pas la Maison Louis Latour de s’intéresser aux nouvelles tendances et de creuser la question du monocépage, sur des variétés telles que le Chardonnay, le Pinot Noir et le Gamay.

Rien de possible sans innovation

Après la crise du phylloxera, le Louis Latour de l’époque a pris une décision qui sera porteuse pour l’avenir de la viticulture bourguignonne : au lieu de replanter de l’aligoté, il décide d’opter pour le chardonnay. Il s’agit ensuite d’expérimenter de nouvelles zones. Le domaine s’agrandit en allant sur « la petite Toscane », au nord-ouest de Lyon, première escapade au-delà du territoire d’origine. En 1979, un autre Louis Latour, père de l’actuel dirigeant, décidera d’augmenter la production de ce cépage en prospectant l’Ardèche, puis en décidant d’un assemblage Chardonnay-Viognier. Autre démarche innovante, dix ans plus tard, il plante du Pinot noir dans le Var pour obtenir un vin qualitatif et abordable.

Dans le même temps, Louis Latour rachète la Maison Simonnet-Febvre, bien connue du Chablisien. Enfin plus récemment, c’est en Beaujolais que se tourne l’entreprise avec Henry Fressy Beaujolais, société familiale installée au cœur de l’appellation Brouilly. Aujourd’hui, Chambertin, Romanée-Saint-Vivant, Corton Charlemagne et Chevalier-Montrachet sont les grands crus qui font la réputation de la Maison, même si réduire son activité à ces grandes étiquettes serait mal la connaître.

Bourgogne, hier et aujourd’hui

La maison Louis Latour a investi d’autres terres que la Bourgogne. Cependant, son dirigeant insiste sur le fait qu’être propriétaire de quelques-uns des plus grands crus de Bourgogne est un trait de personnalité majeur. La Maison est d’ailleurs le plus grand propriétaire de la zone avec quelques 33 hectares à Aloxe-Corton dont les fameuses vignes du grand cru Corton-Charlemagne, qui s’étendent sur plus de 10 hectares. Le message que souhaite laisser Louis-Fabrice Latour aux prochaines générations est celui de « l’optimisme, et qu’il existe encore de nombreuses possibilités et opportunités en Bourgogne, qu’il convient de saisir ». Chaque génération doit apporter son écot sans oublier le passé.

L’avenir est en route

Louis-Fabrice a quatre enfants, une fille et trois garçons, l’aîné se prénommant bien entendu… Louis. Ils sont trop jeunes pour savoir ce qu’ils choisiront comme activité, mais leur père est certain d’une chose, ils ne vendront pas. Depuis la naissance de la Maison, un seul Latour est aux commandes, sauf dans la première moitié du XXe siècle où il y eut un duo. Les autres propriétaires de parts sociales, soit une centaine au total, sont rémunérés via les dividendes. Cela créé des liens !

A.F.

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