Copyright des photos A. Bordier et CCIFA

Le 14 janvier, Armen Mnatzakanian et toute son équipe fêtent les 30 ans de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Arménienne. Seront présentes des personnalités de premier plan, comme Rodolphe Saadé, le patron emblématique de CMA-CGM, et Geneviève Melkonian, la dirigeante d’Aramine. Lors de cet anniversaire la lumière sera mise sur l’entrepreneuriat, la jeunesse et surtout l’amitié franco-arménienne. Il y aura, par contre, une ombre : celle qui plane sur l’Arménie et sur l’Artsakh, qui vit depuis un mois, sous le blocus azéri. Interview du président Armen Mnatzakanian.

Monsieur le président, nous sommes à quelques jours de l’évènement que vous organisez pour célébrer les 30 ans de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Arménienne, avant d’en parler, présentez-vous. Qui êtes-vous ? Vous êtes un entrepreneur ?

Armen Mnatzakanian : Tout d’abord, je suis ravi et honoré d’être élu, depuis déjà 1 an, en tant que nouveau président de cette chambre, qui fête, effectivement, son 30ème anniversaire, ce samedi 14 janvier. Je suis né en Iran et je suis arrivé en France en 1982. J’ai 53 ans. J’ai 2 merveilleux enfants, qui ont reçu une double culture franco-arménienne… Ils sont 100% Français et 100% Arméniens. Grâce à mes parents, j’ai pu faire mes études supérieures dans le domaine de l’ingénierie en génie logiciel. Très vite, par la suite, j’ai pu intégrer des grandes entreprises (comme la banque LCL, la banque CPR, le groupe TF1 et Cap Gemini). J’ai eu la chance de lancer ma propre société en 2003, Web-ISI. La particularité de cette société était d’avoir une équipe hautement qualifiée en Arménie, pour toute la partie de développement informatique. Je peux dire que nous étions assez précurseurs dans ce domaine…

Aujourd’hui, vous vivez entre la France et l’Arménie. Comment va l’Arménie ? Pas très bien, il me semble, au moment où l’Artsakh vit sous blocus de l’Azerbaïdjan depuis le 12 décembre dernier, et au moment où une partie de l’Arménie est envahie à l’intérieur de ses frontières de l’est.

J’ai décidé de franchir le pas et de vivre pleinement en Arménie depuis le mois de septembre dernier pour plusieurs raisons. J’avais envie de partager mon expérience avec une partie de la jeunesse dynamique d’Arménie. Je m’investis vraiment pour apporter ma petite pierre à la jeunesse et à l’entrepreneuriat en Arménie. J’ai la chance d’apporter mon recul et ma connaissance du marché français. Comment va l’Arménie ? Pour répondre plus précisément à votre question, effectivement, l’Arménie continue de vivre des moments extrêmement agressifs et durs. Mais, elle est courageuse et sa résilience est assez remarquable. Cette force d’existence, de rebond et de survie, est omniprésente dans la jeunesse. Face aux agressions, face aux menaces, face à ces moments difficiles où la souffrance est réelle, l’Arménie démontre, encore une fois, qu’aucune force ne pourra détruire notre culture, notre histoire, notre patrimoine, notre religion chrétienne et nos traditions ancestrales. L’Arménie, c’est plus de 3 000 ans d’histoire.

Parlons, maintenant, de la CCIFA. A Marseille, la présence de la communauté arménienne est importante. Et, il y a beaucoup d’entrepreneurs. Qui sont-ils, qui sont les membres de la CCIFA et quelles sont vos activités majeures ?

La CCIFA est née en 1993 en tant qu’association loi 1901. Par décret, nous avons l’autorisation d’utiliser le terme « Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Armenienne ». Durant ses 30 ans, la CCIFA a pu s’imposer comme un acteur majeur avec une très forte notoriété et une présence à Marseille où le tissu économique arménien est très actif. Le conseil d’administration compte environ 30 personnalités de premier plan, avec des anciens présidents d’honneur et des chefs d’entreprise. Nous sommes entourés de plus de 400 membres reconnus dans plusieurs secteurs d’activité (le droit, l’immobilier, l’ingénierie, l’industrie, l’agro-alimentaire, le tourisme etc.). La CCIFA est, tout simplement, un accélérateur de business entre les deux pays, la France et l’Arménie.

Déjà 30 ans, donc ! Avec votre équipe, vous célébrez cet évènement très important ce samedi 14 janvier. Parlez-nous du programme. Y aura-t-il du beau monde ?

Difficile de résumer 30 ans d’histoires. Mais pour son 30è anniversaire, la CCIFA a vu en GRAND, en rassemblant toute la force et le dynamisme du conseil d’administration. L’amitié entre la France et l’Arménie est ancienne, ancrée et très profonde. Charge à nous de l’étendre à tous les domaines de la vie économique et sociale. C’est pour cette raison que nous avons mené plusieurs actions dans l’objectif de proposer une nouvelle ligne aérienne et directe entre Marseille et Erevan. Après 10 ans d’un travail persévérant, acharné, appuyé par des cadres des collectivités locales ou régionales, c’est chose faite ! C’est un beau cadeau pour nos 30 ans !

La CCIFA est fière du rôle déterminant qu’elle a joué dans le succès de cette opération. Appuyée, depuis toujours, par la direction des relations internationales de la ville de Marseille, par la direction de l’aéroport mais aussi notamment par le maire d’Erevan, ce beau projet a enfin abouti.

Lors de notre dîner de Gala, nous aurons le plaisir d’accueillir les cadres dirigeants de la compagnie Transavia.  Nous aurons la joie d’annoncer que le mardi 27 juin 2023, à 10h10, décollera de l’aéroport de Marseille-Provence, le vol inaugural TO 7458 de cette liaison hebdomadaire opérée par Transavia, filiale d’Air France. Cette ligne sera un atout majeur pour améliorer les échanges indispensables à la bonne évolution de ces relations. Nous serons des relais efficaces pour permettre à tous nos adhérents et investisseurs d’avoir toutes les informations leur permettant de voyager le plus souvent possible et dans de bonnes conditions.

Le programme du dîner sera très riche et surprenant en présence des personnalités reconnues de l’industrie, comme Rodolphe Saadé, le patron emblématique du groupe CMA-CGM. Nous aurons, aussi, Geneviève Melkonian, d’Aramine. C’est une femme très dynamique. Il y aura, également, Armen Petrossian, Alain Terzian, Serge Avedikian, Arsen Goulamirian, Denis Djorkaeff, Didier Parakian, etc. Le monde des affaires, de la politique, du sport, de l’art, du tourisme, de la mode, sera présent. Nous profiterons de cette présence pour mettre à l’honneur nos jeunes entrepreneurs arméniens. La surprise et l’étonnement seront au rendez-vous.

Zoomons sur le concours que vous organisez à cette occasion. C’est l’entrepreneuriat et l’amitié franco-arménienne que vous voulez honorer ?

Un des objectifs marquants de la CCIFA est de renforcer la relation entre tous les entrepreneurs et surtout avec la jeunesse franco-arménienne. Nous avons renforcé nos liens avec l’UFAR (l’Université Française en Arménie) et un concours a été organisé. Il a remporté un succès incroyable avec plus de 121 dossiers déposés pour mettre à l’honneur tous les « jeunes entrepreneurs de 20 à 40 ans ». La remise des prix aura lieu durant le dîner de gala pour marquer notre attachement à l’entrepreneuriat avec la jeunesse.

De nombreuses femmes deviennent entrepreneures. Elles ont de plus en plus de succès. Qu’en pensez-vous ?

C’est vrai. Au moment du lancement du concours nous étions persuadés que nous allions recevoir majoritairement des dossiers techniques (dans le secteur informatique) et sans parité homme/femme. Le concours était ouvert pour une durée d’environ 5 mois et il suffisait de déposer 3 dossiers complets (stratégie commerciale, communication et un Business Plan) dans un des 6 domaines : IT, les services, la restauration, l’agro-alimentaire, les arts et l’industrie. Figurez-vous que parmi les 10 premiers dossiers, 6 sont des femmes… Elles sont nos futures « Ladurée, Google, Moderna, Häagen dazs, … ».

Projetons-nous davantage en 2023 et parlons des pépites et des entreprises arméniennes. J’ai noté, par exemple, qu’il y avait parmi vos partenaires le groupe SoftConstruct. Quel est cet acteur important ? Enfin, concluons avec votre agenda. Quel est-il ?

La CCIFA a eu une chance incroyable d’avoir comme premier partenaire Platinum SoftConstruct, un groupe technologique mondial basé en Arménie. En raison d’une forte passion pour le développement de solutions innovantes, SoftConstruct travaille désormais avec plus de 300 partenaires dans le monde entier. Il a créé un écosystème qui rassemble des produits et des projets, des personnes, des idées et des possibilités, unis par le désir de pousser les limites et de remettre en question les modèles existants. Les aspirations audacieuses de SoftConstruct lui ont permis de devenir un groupe visionnaire, qui rassemble plus de 7 000 employés créatifs et couvre plus de 10 marques, avec un certain nombre de succursales opérant dans le monde entier.

Pour conclure, je vais vous donner un scoop. C’est encore une fois grâce à Monsieur Vigen Badalyan (le co-fondateur de SoftConstruct) ainsi que grâce au CEO de la société ArLeAM, Monsieur Vatche Arsene, (NDLR : une société du groupe familial Badalyan, spécialisée dans l’agro-alimentaire) que la CCIFA aura le plaisir d’organiser pour la première fois en France le “Pavillon d’Arménie », avec un stand incroyable de plus 60m2, au salon international de l’agriculture. Nous vous y attendons très nombreux.

Les rendez-vous sont, donc, lancés : le 14 janvier au Palais de la Bourse de Marseille, à partir de 19h00, pour fêter l’entrepreneuriat franco-arménien et les 30 ans de la CCIFA. Le 25 février pour le salon de l’agriculture, porte de Versailles. Et, le 27 juin pour le vol inaugural de Transavia : Marseille-Erevan.

Interview réalisée par Antoine Bordier

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