Copyright des photos Arevcare et A. Bordier

Marseille fourmille de jeunes pousses, innovantes et ambitieuses. C’est le cas d’Arevcare, fondée par Richard Rambaud-Melkonian, qui compte bien s’imposer sur le secteur de la conciergerie. Eclairage sur un entrepreneur, qui veut aller vite et loin.

A 22 ans, Richard peut être fier du chemin qu’il a, déjà, parcouru. Atypique, jeune, donc, travailleur, il veut, déjà, positionner Arevcare sur l’orbite du monde. Mais, avant, c’est sur le terrain de la Provence que nous le rencontrons, à Marseille. Ce samedi 14 janvier, il est 21h49 quand il reçoit des mains d’Armen Petrossian et de Didier Parakian – des entrepreneurs aguerris – au cœur du Palais de la Bourse, entouré de 300 convives qui sont venus célébrer les 30 ans de la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Arménienne, le Trophée du Plus Jeune Espoir 2022…

Puis, plus tard dans la soirée, il lance : « Je vous donne rendez-vous rue de la République, tout près de la Canebière. Vous allez adorer l’appartement. » Le rendez-vous est pris. Le parking République est facile d’accès. « Ne vous garez pas dans l’autre parking, vous risqueriez d’abîmer votre voiture. » Richard est de bon conseil. Son métier de conciergerie, il le décline avec un S majuscule, celui du Service. Il anticipe vos besoins comme s’il lisait dans vos pensées ou comme s’il vous connaissait depuis toujours. Mais, cette anticipation n’est pas intrusive. Tout un art, qui lui colle, déjà, à la peau.

7 jours sur 7

Puis, il fait visiter l’appartement, comme si nous étions ses clients. L’appartement est impeccable. Il lui ressemblerait : atypique, simple et moderne à la fois. Il s’agit, en fait, d’un duplex, flambant neuf. Sur la table de la salle-à-manger, la marque Arevcare est mise en évidence avec les premiers services que proposent, actuellement, le jeune start-upper : le service Brunch Aixois, le service Arevcare Racing, le service Arevcare Off-Road.

Ce qui tranche nettement avec des locations d’appartement, de lofts, de maisons et de studios que l’on peut trouver facilement sur des plateformes comme Airbnb ou Booking, c’est justement le service de conciergerie. Richard est au petit soin. Il présente ses services et reste à l’écoute. Certes, il s’agit d’une interview (une heure quand même) dans l’un des biens que les propriétaires mettent à sa disposition pour qu’il les propose à sa clientèle de voyageurs. Chacun joue sa partition.

Lui, il connaît par cœur le bien qu’il fait visiter. Il décline son métier et met à l’aise. Il vous fait visiter, comme si le bien était, déjà, le vôtre, comme si vous aviez pris l’habitude de vous y rendre à chacun de vos déplacements sur Marseille. Le design, le mobilier est parfait. « Je suis disponible 7 jours sur 7, et presque 24h sur 24, car la nuit, je dors », ajoute-t-il avec humour. Il en rigole. Son rire est communicatif.

Depuis qu’il a lancé sa start-up en mai 2022, avec une création juridique au 1er juin, Richard voit son chiffre d’affaires monter les marches de la croissance 7 à 7. « Il y a eu un coup d’accélérateur à la fin de l’année », explique-t-il. Il voit l’année 2023 en rose, ou plutôt en orange, comme la couleur de son logo. Il nous livre un petit secret : le 7 est vraiment son chiffre porte-bonheur, inscrit dans ses gènes, dès sa naissance.

Une famille d’entrepreneurs

Il faut dire que Richard à de qui tenir. Même si, malheureusement, il fait partie de ces familles qui ont été décimées lors du génocide de 1915 perpétré par les Ottomans contre les Arméniens (1,5 millions de morts entre 1915 et 1923). Sa famille survit, parmi les rescapés. « Je n’ai jamais mis les pieds en Arménie, mais j’irai bientôt, peut-être cette année », précise-t-il. Il regarde en avant. Il construit sa vie, son avenir. Il appartient à une famille d’entrepreneurs. « Oui, mes parents sont entrepreneurs. La société familiale s’appelle Aramine, j’y ai travaillé entre 2016 et 2020. Elle est dirigée par ma mère et mes oncles. » Richard a, déjà, 5 ans d’expérience dans ce petit groupe, spécialisé dans les engins miniers. C’est en juin 2020, qu’il décide de la quitter pour voler de ses propres ailes.

Il n’était pas scolaire, comme beaucoup de ces nouvelles générations Y et Z, qui sont, déjà, digital natives. Ensuite, il préfère de loin la pratique au théorique, le terrain aux livres. Il y a chez lui un côté autodidacte.

« Je suis né en 2000, à Aix-en-Provence. J’ai une sœur-aînée, Victoria, qui poursuit en Belgique un doctorat en neurosciences. Mon parcours est différent. J’ai fait un bac professionnel en mécanique, au CFA du Pays d’Aix, à Aix-en-Provence. Mon entreprise, c’était Aramine. J’ai été passionné par les différents postes que j’ai occupés : dans la mécanique, le commercial, et les achats. » Richard raconte quelques anecdotes. Pas facile d’être le fils de la co-présidente, de la co-fondatrice. Mais, il a appris, justement, à se comporter, à éviter les faux-pas et à rester à sa place…d’apprenti. « L’ambiance était en général très bonne », se souvient-il. Puis, en 2020, il prend le grand large pour…Londres où il retrouve sa sœur. Là-bas, ce grand sportif se passionne pour le secteur de la diététique et de la nutrition liée au sport. Il décide de commencer ses études supérieures avant d’entreprendre dans ce domaine. 12 mois plus tard, en septembre 2021, il démarre l’EDNH, l’Ecole Diététique et de Nutrition Humaine, à Nice.

Arevcare : un rêve devenu réalité

Richard ne le sait pas encore, mais il a chaussé ses bottes de 7 lieues, pendant sa jeunesse. Depuis l’âge de 16 ans, il fait des bonds en maturité. Avec une mention assez-bien à son bac, obtenue en 2019, le monde semble lui appartenir. En partant à Londres rejoindre sa sœur, il se perfectionne en anglais et travaille comme serveur. Puis, il rencontre ce milieu du sport et de la nutrition. Mais, très vite, il s’ennuie à l’EDNH. 5 années d’études, c’est trop long pour entreprendre. Il brûle d’envie. La nuit, ses rêves se transforment en images d’entrepreneurs qui créent des boîtes, tombent et se relèvent. Il se voit, même, grandir vite. Il se voit, surtout, avancer au large et prendre soin des autres. C’est dans son ADN, c’est dans sa nature : s’occuper des autres…et prendre des risques.

Entre septembre 2021 et mai 2022, il est, donc, en première année de l’EDNH. « Depuis l’obtention de mon bac, il y avait au fond de mois quelque chose qui avait grandi : le désir de créer, l’envie d’entreprendre. »

Il couche sur une feuille A4 son désir : un projet à mi-chemin entre l’immobilier, le voyage et le service.

« J’ai annoncé à mes parents que je ne continuerai pas mes études. Mon père m’a dit : Il faut que tu ailles jusqu’au bout, car tu as commencé quelque chose que tu as choisi. Et, ma mère m’a dit : Si tu n’es pas heureux, et si tu es sûr de toi, si cela te passionne, lance-toi dans ton projet entrepreneurial.  ».

Il murit son projet. Et se lance. Le 1er juin 2022, Arevcare est créée juridiquement. « Arev veut dire soleil en arménien. Et, care, en anglais, veut dire prendre soin de, se soucier des autres. » Le jeune entrepreneur rend, ainsi, hommage à ses racines arméniennes. C’est sa force : faire du neuf avec le passé et être visionnaire.

Un nouveau monde, une nouvelle vie : la conciergerie

Richard s’est, donc, lancé dans l’entrepreneuriat…from scrach, comme on dit en anglais, de zéro. Il a commencé à sourcer les biens immobiliers, côté propriétaires, qu’il propose à ses clients-voyageurs, côté locataires. Il apprend un nouveau métier : celui de la conciergerie. C’est un vieux métier, qui remonte aux temps anciens, au Moyen-Age, et même avant. Avant que le mot gouverneur apparaisse, c’est celui de concierge qui est réputé. Le concierge de palais est le plus souvent un homme qui administre, dirige et entretient les demeures du roi et de sa cour. C’est l’homme de confiance des régents. A Paris, sur l’île de la Cité, se trouve la Conciergerie. Sous Philippe Auguste (nous sommes au 12è et 13è siècle), le palais de la Cité se transforme en Conciergerie. Le concierge a, alors, des pouvoirs de justice !

Richard s’inscrit, ainsi, dans une longue lignée de serviteurs qui se situe entre les hautes sphères du pouvoir et celui des voyageurs hauts-de-gamme. L’aventure entrepreneuriale de Richard se situe entre cette histoire un peu poussiéreuse et datée et la nécessité de la redorer, et, même, de la disrupter. « En me lançant dans cette aventure, j’ai l’ambition de créer une conciergerie à la française, serviable, souriante, anticipant les besoins des clients : de celles et de ceux qui mettent à la disposition des familles, des femmes et des hommes d’affaires, des voyageurs, des entreprises, leurs biens. Tous sont à la recherche du beau, du confort, d’un savoir-vivre tombé en désuétude, d’un service haut-de-gamme, irréprochable. D’un côté on apporte du rêve, de l’autre on veut vivre ses rêves…Je me situe entre les deux. Je suis comme un trait d’union…» Il rit de nouveau.

Un premier prix : le Trophée du Plus Jeune Espoir 2022

Le monde de la conciergerie est, donc, un vieux monde que Richard souhaite ensoleiller. Face à lui, la concurrence existe. Elle porte le nom de John Paul, un des pionniers français, devenu global dans les années 2000. Et, qui a été racheté par le Groupe ACCOR, en 2016. Il est spécialisé auprès des entreprises. Il y a, aussi, One Concierge, qui offre à ses clients fortunés des services d’exception.

Richard, lui, vient juste de démarrer. Il est un nouvel entrant dans un marché qui pèse en France plusieurs dizaines de millions d’euros. Et, plusieurs milliards dans le monde entier. Bonne nouvelle pour lui : « Le marché n’est pas saturé », selon certains experts de Xerfi. Mieux, les nouveaux entrants auraient une belle carte à jouer : celle de la jeunesse, justement, qui colle si bien à la peau du start-upper. La promesse d’Arevcare ? « Faire du sur-mesure, répondre bien entendu aux besoins des clients, et leur offrir une expérience inoubliable. » Aujourd’hui, Richard est seul à bord de son petit navire. Il embauchera, bientôt, son premier salarié. Il a terminé l’année avec un chiffre d’affaires à 5 chiffres, qu’il veut multiplier par 10 en 2023.

C’est, certainement, pour cela qu’il a été remarqué. Le 14 janvier dernier, la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Arménienne lui remettait, donc, le prix du Plus Jeune Espoir 2022. Rodolphe Saadé, le patron emblématique du groupe familial CMA-CGM, qui devrait dépasser les 60 milliards de chiffre d’affaires en 2023, était à ses côtés. Il s’intéresserait à cette jeune pousse. Si Richard recherche un parrain, il en aurait trouvé un nouveau de premier-plan, qui viendrait compléter la présence d’Armen Petrossian (le roi du caviar) et de Didier Parakian (l’ancien petit-prince de la haute-couture, revendu à LVMH). Si c’est le cas, sa bonne étoile ne risque pas de s’éteindre. Sera-t-elle la plus brillante secteur ?

Hisser la grand-voile

Parmi les 17 biens qu’il propose à la location, certains sont vraiment d’exception, comme ce loft de Marseille à couper le souffle, qui pourrait servir de décor de cinéma. Sa géographie, son marché actuel, se limite pour l’heure à la Provence. Mais, il pense, déjà, à s’implanter dans toutes les régions de France. C’est sa feuille de route de 2023.

Comme service sur-mesure, il propose un brunch incroyable, avec son partenaire : le Brunch Aixois. Il propose, aussi, de visiter la région en quads, avec Arevcare Off-Road. Enfin, il aime faire partager ses passions, comme les courses automobiles, avec Arevcare Racing.

C’est, certainement, cela son point fort : faire partager ses passions à ses clients. Et, se mettre à leurs services.

Vue de France cette petite étoile est une parmi tant d’autres. Car, selon la French Tech, la France compterait plus de 21 000 start-ups. Selon KPMG, et son étude de 2020, elle serait moitié moins. Difficile d’avoir le chiffre exact. A tel point que le Figaro Economie dans l’un de ses articles daté du 1er décembre 2021, parlait du chiffre exorbitant de…un million !

Ce qui est certain, c’est que Richard a lancé la sienne. Qu’elle est regardée et suivie de près. Et, qu’il vient de renforcer (+1) l’éco-système de la Région Sud, Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui compterait 1 500 start-ups.

Comment ne pas lui souhaiter bon vent ? D’autant plus, qu’il va hisser la grand-voile en 2023, et commencer à recruter. Il avance au large.   

     

Antoine Bordier

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