Eric Zemmour en meeting (Bezely Elias/ABACA)

Tribune. Un adage venu du fond des campagnes françaises dont on fait remonter l’origine au XIVème, illustre à merveille la situation qui s’expose sous nos yeux semaine après semaine : « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ». De quoi parlons-nous ? Du problème migratoire. De ce problème énorme qui saute aux yeux de tout le monde, à commencer par les touristes qui visitent notre pays : l’éclatement et l’atomisation de la société française en cultures et sous-cultures, l’éparpillement du peuple français et de son identité, auquel s’ajoute la disparition de ses racines.

En parler est un scandale, évoquer des regrets est un blasphème, risquer une nostalgie devient un juron, et proposer des solutions un délit dont il faudra bientôt rendre compte en justice.

Sautons deux siècles en arrière et lisons le beau poème d’Auguste Barbier intitulé La Cavale. Ce poème évoque la France à l’avènement de l’Empire au sortir de la Révolution :

O Corse à cheveux plats que ta France était belle
Au grand soleil de Messidor
C’était une cavale indomptable et rebelle
Sans frein d’acier et rênes d’or
!

Cette cavale magnifique, il serait question aujourd’hui, pour quelques pauvres types, d’abandonner le siège qu’elle détient grâce au général De Gaulle en tant que membre du Conseil permanent de sécurité auprès des Nations Unies ?
Sera-t-il dit que pour briguer l’honneur de la diriger et succéder ainsi aux grands hommes qui en ont garanti et restauré tous les deux le rang, il faille aux prétendants à l’élection payer le tribut du reniement et de la petitesse ?

Ce que dit cette proposition, c’est que pour certains, il devient une évidence que la France n’est plus un pays qui compte à leurs yeux et à leurs cœurs, faute de disposer d’un peuple qui le compose et le soutient. On peut déplorer une situation d’éclatement et même de pulvérisation quand l’histoire l’a imposé à l’issue d’une accumulation de catastrophes à l’enchevêtrement tragique comme c’est arrivé jadis à la Pologne ou à la Grèce, mais le souhaiter ?

Ce serait ainsi le point de passage obligatoire d’une « renaissance » sous couvert de république composite et plurielle, cette farce ! permettant enfin d’abolir mille ans d’histoire, trois monarchies et deux empires. Ah fichue renaissance qui du zéro tend vers zéro ! Ces gens là croient que la France s’est transmutée en république et que pour parachever le travail de la chrysalide en papillon il faille dorénavant abandonner également la notion de peuple français.

Quand il n’y aura plus de France, il n’y aura plus non plus de normands, de bretons , de basques, d’alsaciens, de flamands etc… mais des inconnus vociférant et vitupérant pour réclamer leurs places. Voyez Strasbourg et ses voitures qui flambent, voyez Roubaix. (Il n’est pire sourd…) Sont-ce vraiment des sourds ? Je n’entends pour ma part dans le concert et les couacs des dénégateurs du réel qui s’expriment dans la campagne que peu de voix pour dénoncer l’aveuglement sinon l’obstination délétère et coupable de qui mène la barque vers le naufrage.

Pourquoi la France devrait-elle disparaître ? Parce que pour certains, elle gêne de par son importance historique, la constitution d’un monde nouveau bâti sur les rêves hérités des délires du curé Meslier et de l‘abbé de Mably, ces fous précurseurs de Lénine pour lesquels tout ce qui a été édifié doit être déconstruit.

Il en va de même de la langue française que ces énergumènes s’acharnent à réduire en charpie, tant elle leur paraît par sa beauté révélatrice jusqu’à l’ostentation de l’ordre qu’ils honnissent. Ainsi le ratage de toute une vie cherche-t-il toujours pour celui qui l’a vécu sa rédemption imaginaire quitte à faire venir le diable. C’est la raison pour laquelle il est impératif que s’unissent les efforts des candidats représentants la droite afin de conjurer le désastre qui s’avance.

Il est honteux de tergiverser devant la réalité, et quand on a fait un diagnostic véritable il est encore plus honteux de s’excuser de l’avoir fait.
Jusqu’à ce jour, le dernier venu des candidats de la droite véritable semble incarner le fil le plus rigoureux de ce qu’il convient de dire et de proposer puisqu’on ne sait pas qui sera à même de faire entendre la voix de la raison au deuxième tour.

En ce cas, il parait évident que les deux dames qui le challengent doivent prendre la résolution de le soutenir si c’est lui qui est désigné par le suffrage. A son tour, il faudrait qu’il s’engage à l’inverse si ce n’est pas lui, à soutenir celle des deux qui serait au second tour, à moins que la fortune fasse qu’une prise de conscience générale impose un second tour avec deux des trois candidats que le bon sens augure.

Jean-François Marchi

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