Un gouvernement pour rien ?

Tribune. Il est très difficile de porter un jugement tranché sur la composition d’une équipe qui dépend à ce point des élections du mois qui suit sa composition. Tout dépend en effet de la majorité qui se dégagera aux élections législatives. La volonté, ou plutôt le désir, du monarque  d’enjamber les échéances comme s’il n’y en avait pas, achève de révéler son dédain profond du réel. On le savait déjà.

Les enfants font ainsi qui poursuivent leur rêve au mépris des avertissements que leur prodigue leur mère. Il me revient à ce propos les strophes d’une chanson que me chantait mon oncle Joseph lorsque j’étais enfant et qui me tirait des larmes :  « Ils ont pris le bateau les trois petits gars en pensant que leur mère ne les verrait pas. Petits garçons, prenez garde aux flots bleus… »

Histoire épouvantable bien sûr dont je vous garde de révéler le dénouement par bonté d’âme. Pourtant il y a une analogie avec l’annonce tonitruée de la nouvelle et chamarrée équipe. « Petits enfants  prenez garde aux flots bleus. » Une personnalité d’envergure se dégage cependant du lot, et se serait dommage de la gâcher par ce mélange de candeur et d’arrogance qui signe jusqu’à ce jour l’action publique, Madame Catherine Colonna dont le dévouement à la chose publique et la carrière exemplaire sont dignes de recevoir les plus sincères éloges.

Pour le reste on verra, comme dit le poète.

Pour l’heure, il faut déjà passer la barre de la définition d’une nouvelle majorité dont on peut espérer qu’à la mesure du désaveu des équipes précédentes exprimé par les votes, 13% des inscrits pour le sortant,13% pour Melenchon et 13% pour le pâté PS, LR, écolos et autres grumeaux, il sortira des urnes un modèle rénové, débarrassé des imposteurs et des nuisibles. J’appelle nuisibles ceux qui par exemple ont dégradé Paris et ont saccagé l’outil irremplaçable de l’indépendance énergétique sagement lancée par le President Pompidou après le choc pétrolier des  années 70.

Il faut dire aussi qu’à l’époque il y avait Michel Jobert au Quai d’Orsay. On verra justement ce que peut faire Madame Colonna à cette place cruciale, comme successeur des Talleyrand, Couve de Murville, Jobert, Dumas, Vedrine, sans compter son mentor De Villepin.

Les jours seront durs, et il faut espérer que le gouvernement réel, celui qui  dépendra des législatives à venir saura dans sa réfaction inévitable la reconduire dans ce poste.

Dans le cas contraire, et comme à l’accoutumée, tout n’aura jamais été que  jeux de rôle et effets d’annonce pour appâter le chaland. C’est tellement le genre de la maison !

En tout état de cause, le mot d’ordre devrait être pour tout votant déterminé à faire bouger les choses en évitant la catastrophe que serait d’abord une guerre, ensuite un partage de l’Europe avec une nouvelle guerre froide, d’éliminer impitoyablement  les destructeurs  de la beauté et de la paix que sont les pseudo-verts d’une part, et leurs alliés quels qu’ils soient, et les boute-feux d’autre part, toujours héroïques avec la peau des  autres.

Apres nous verrons.

L’occasion est trop belle à la faveur de ce scrutin, il ne faut surtout pas la rater, de congédier enfin tous les nuisibles.

Au delà des combinaisons, en dépit des alliances, au rebours même de ce qui a toujours été pensé, senti et conclu par le passé, aujourd’hui il faut éliminer. La bataille s’avance rude et certainement méchante. C’est une chance.

Je voudrais pour finir citer l’impeccable Gerard de Nerval, auteur des chimères, ces « diamants noirs de la poésie française » comme les avaient qualifiés Thierry Maulnier. 

Ils reviendront ces Dieux que tu pleures toujours
Le temps va ramener l’ordre des anciens jours
La terre a tressailli d’un souffle prophétique
Cependant la sibylle au visage latin
Est endormie encor sous l’arc de Constantin
Et rien n’a dérangé le sévère portique.

Jean-François Marchi

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