Tribune. Si l’on suit bien la politique gouvernementale en la créditant d’une once de sincérité, en acceptant l’idée que ceux qui nous gouvernent veulent malgré tout « bien faire », force est de constater que la population ne partage pas forcément la même analyse sur les points importants de leur réflexion.

Un exemple frappant en est la propriété du foncier, puisque en Corse par exemple l’abrogation de l’arrêté Miot conduit inexorablement à ce que les terres successorales soient mises à court terme sur le marché et c’est ce que ses habitants, toutes tendances confondues, ont toujours refusé.

Il faudra peut-être que se crée un office foncier sui generis chargé de racheter les terres mises en vente par des propriétaires rendus impécunieux par l’instauration de droits de mutation, afin qu’elles demeurent des terres nationales, exclues de la fornication spéculative qui a ruiné tant de pays dans le Monde.

Autre exemple, l’instauration de colonies de peuplement aux cultures autres, dont la présence est souhaitée à titre subsidiaire pour aider au développement, mais en aucun cas au besoin de dessiner un autre modèle que celui qu’on connaît déjà. Le gouvernement serait bien avisé de se rendre compte que les provinciaux veulent avant tout rester fidèles à leurs traditions séculaires.  Ce qui est vrai en Corse est vrai pour d’autres régions comme l’Alsace par exemple, la Catalogne ou le Pays Basque. Si l’ ambition gouvernementale  est de changer la nature et l’identité des habitants de notre pays, peut-être faut-il réfléchir à une nouvelle définition de la nationalité ?

Enfin, quel développement pour nos régions ?

Le problème se pose quand on voit les originaires de nos régions et provinces s’en aller pour réussir ailleurs, toujours aujourd’hui, parce que l’État ne leur donne pas cette autonomie indispensable à la réalisation de leurs rêves et ambitions. Cette erreur mille fois réitérée qu’on fera des provinces balnéaires un nouvel eldorado devient pénible à force de bêtise aveugle.  Il ne faut pas que cela arrive.

Par nos votes et discours disons ce que nous pensons vraiment de ces lubies, car les choix à venir, quoi qu’il en coûtera, exprimeront la vérité de notre être. À moins encore, dernière hypothèse, qu’il nous faille déjà acheter, et à nos frais, le gilet rayé de nos nouvelles fonctions.

Nous avons assez parlé du racisme dans la presse car c’est la nouvelle tarte à la crème. Tournons-nous vers d’autres préoccupations plus sérieuses. Nous ne ferons pas l’inventaire des nasardes et avanies reçues et subies pour avoir voulu rester soi-même dans cette affaire, par charité pour ceux qui nous donnent des leçons. Tournons la page, cela vaudra mieux pour eux.

Parlons investissements, projets de développement, place des régions en Europe. Et pour commencer, avons-nous un réseau hôtelier digne de la concurrence internationale ? Les conditions trébuchantes, hélas, et non sonnantes que les banques mettent à l’octroi de leur soutien pour les activités du tourisme et de l’hôtellerie, parlent d’elles-mêmes, sans compter le dessein meurtrier ourdi par les compagnies organisatrices des paiements par carte bancaire pour faire disparaître l’argent liquide en moins de cinq ans. C’est de la liberté individuelle qu’il s’agit. L’homme ne peut être suivi à la trace par ses paiements telle une limace trop facile à isoler et ensuite à écraser. Horrible perspective et vraie nature de ce que l’on appelle la traçabilité. Un seul mot pour définir cet état répugnant et honteux: l’esclavage.

La disparition de l’argent liquide c’est non seulement la fin de la liberté individuelle, mais c’est aussi le cauchemar de Big Brother qui voit tout et surveille tout qui s’installe. Tout vaut mieux que cette horreur, le troc par exemple, le paiement en services rendus, voire le recours aux pièces en métal précieux, argent et or tiré de notre passé. Ce ne sera pas le moindre des mérites de nos hardis précurseurs que d’avoir réinventé l’usage de la bourse garnie de pièces d’or pour faire ses emplettes dans le secret et la commodité.

A vos jaunets, Messeigneurs !

Jean-François Marchi

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