Migrations

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Tribune. L’abbé Debarge, professeur de philosophie, enseignait dans l’école que je fréquentais, il y a plus de cinquante ans, la manière d’ordonner l’entendement.

S’il me reste quelques vestiges d’humanités, je les lui dois, ainsi qu’au professeur de Latin, l’abbé Isaac, sosie presque parfait de Louis Jouvet, jusqu’à sa voix courte, mécanique et hachée. À l’époque on ne faisait pas encore la chasse aux curés, et l’on pouvait aller à la messe le dimanche sans se faire brocarder. Le produit intellectuel de la génération dont ces braves gens avaient la charge ne parait pas, avec le recul, si défectueux que cela. La qualité des équipes qui dirigèrent la France en ces périodes de l’immédiat après gaullisme le démontre. Cela relativise la portée des anathèmes jetés contre la formation des élites d’hier par les hurluberlus qui, non contents de détruire la ville de Paris s’acharnent à faire disparaitre la France de la scène internationale. A cela s’ajoute la destruction de son peuple et de sa langue.

Que quelqu’un s’oppose au flot continu du déversement humain sur nos pauvres contrées, et c’est le scandale absolu. Quand Giorgia Meloni, usant du droit manifeste de  protéger son peuple, refuse le débarquement d’un énième bateau rempli de malheureux, c’est le scandale des hypocrites. Mais voilà justement, ces gens là, les donneurs de leçons perpétuels, il faut le souligner, n’ont pas été formés au raisonnement ni à la clarté des idées. Nous avons appris le naufrage hideux du Titanic à l’école justement. Nos bons maîtres nous ont expliqué la panique, le nombre insuffisant de canots de sauvetage.

Ils nous ont dit l’horreur de naufragés voulant monter sur ces canots bondés et surchargés, qui recevaient sur la tête de violents coups de rame parce qu’un passager de trop eût fait à son tour chavirer le canot. Les chers petits que nous étions ont appris alors que l’instinct de survie autorisait toutes les sauvageries. Le problème demeure en son exposé initial: quelques rescapés ou pas un seul.

Voilà pourquoi il ne sert à rien de repousser indéfiniment le moment où il faudra se résoudre à faire de l’Europe un paradis fermé, sauf à vouloir généraliser l’enfer sur la terre.

Nos pères ont travaillé à l’édification de ce  paradis pour protéger leur progéniture. Pourquoi faudrait-il le brader pour satisfaire aux idées loufoques et faussement généreuses des aigris de tout poil ?

Je n’y vois pour ma part aucune raison, sinon celles tirées de l’ignorance et de la lâcheté. Les urnes évidemment remédieront rapidement à ce dilemme idiot. En attendant, il faut s’abstenir de faire chorus aux admonestations solennelles des imposteurs ; il y va de la civilisation européenne aujourd’hui en butte à la plus grave destabilisation qu’elle a connue depuis la chute de l’empire romain.

C’est un peu l’heure du choix en somme.

Il est symptomatique et heureux que le signe du réveil nous parvienne justement de Rome, ce lieu chargé de tous les symboles.

Faisons un peu de réflexion appliquée pour éclaircir.  Une des plus belles villes du monde, sinon la plus belle, est détruite méthodiquement par une équipe d’idéologues depuis plusieurs années, sans que personne ne songe à réagir. Son endettement est passé de 1 millard d’euros à 8 milliards d’euros sous la mandature des irresponsables qui s’acharnent à la faire disparaitre. La saleté y est devenue repoussante. Et l’on fait la fière, et l’on plastronne ! Il est évident que ce triste modèle sert de phare à ceux qui dirigent le pays. Il eut fallu placer Paris sous la tutelle de l’Etat avant que la catastrophe n’arrive à ce niveau. Demain la France sera comme Paris, cloaqueuse, défoncée, miséreuse !

En bref, à force de faire des leçons de morale, on a perdu de vue que le jugement n’est pas de la réflexion mais du sentiment.

Napoléon, le maître en la matière, avait ainsi résumé la hiérarchie du commandement : « Le coeur d’un homme d’état se trouve dans sa tête ».

On en est loin.

Pour résumer, il apparait de plus en plus nettement que ceux qui nous dirigent font fausse route et que les conséquences de leurs bévues sont himalayennes. Il faudra des milliards pour rebâtir Paris ! Les 8 milliards de son endettement échevelé, causé par des rêves à faire multiplier ces mouches que sont les deux roues, moderne plaie d’Égypte, sont d’après le professeur Montpethit-Dhouas ce qu’il faut pour reconstruire la ville. Et encore ! dit-il aussi… Vous connaissez les savants.

Combien faudra-t-il de milliards pour restaurer la France et l’extirper du filet dans lequel les illuminés de l’abandon l’ont enserré sous le nom de construction européenne. L’Europe c’est un lieu, c’est l’Acropole, c’est le forum, c’est Platon, donc Seneque, Aristote et Saint Thomas. Ce n’est en aucun cas la cour des miracles du monde.

Évitons de préparer à nos dépens la revanche de Poitiers.

Jean-François Marchi

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