Elisabeth Borne à l'Assemblée Nationale (Photo David Niviere/ABACAPRESS.COM)

Tribune. Tandis que se profilent les ambitions présidentielles des Lemaire , Darmanin comme Philippe, démasquant si j’ose dire leurs mobiles, l’action publique à laquelle ils se vouent rencontre son premier échec. Il est de taille. Leur coalition est minoritaire au parlement. On peut le dire comme on veut, transgresser le vocabulaire et ridiculiser la grammaire, une « majorité relative », cela ne veut rien dire d’autre que l’on est minoritaire au sein du groupe parlementaire le plus nombreux de la minorité. Le reste est du verbiage. Les paroles ineptes et les  mots creux, ça ne remplace que malaisément les suffrages qui ont  fait  défaut. Ça panse les blessures d’amour propre en tous les cas.

D’où la floraison d’idioties inconstitutionnelles, telle l’invention du singulier « parti de gouvernement » qui ne veut rien dire du tout, faute d’avoir été pensé par le constituant et inscrit dans le texte de la loi fondamentale.

A bien réfléchir au sens de cette ânerie, les « partis de gouvernement » seraient les membres appropriés d’un club ayant déjà fréquenté les palais nationaux et les autres « partis de non-gouvernement », le simple rebut des joutes électorales précédentes n’ayant pu accéder à l’exercice du pouvoir, ce qui les rend pour les premiers plus chanceux définitivement infréquentables. Le raisonnement est court et sa conséquence pratique aisément réversible, on est en train de s’en apercevoir.

Le bain de bouche tautologique auquel se livrent en public les hardis locuteurs géniteurs de l’ineptie, ne se limitent pas à cette coquecigrue logique, ils la badigeonnent en outre de moraline, cette gluance conceptuelle à l’honneur chez les perdants et les ratés depuis toujours.

Souvenons-nous de la fable de Jean de La Fontaine nommée  Le renard et les raisins , qui fait dire en conclusion de ses échecs à décrocher une grappe appétissante à l’animal dépité: « Ils sont trop verts et bons pour des goujats ».

Dépitée, la bande du pouvoir l’est,  et ça se voit de plus en plus. C’est un mauvais signe pour le pancrace qui s’annonce. Avant même de gouverner, tandis que l’on professe aux derniers venus une interdiction de s’asseoir à la table commune pour la raison dite précédemment, l’équipe minoritaire dans le pays, répétons-le à l’envi, voit se distinguer en son sein trois groupes de prétendants à la succession du monarque,  élu in fine par 39% des inscrits, soit 13% en provenance de Nupes ayant appelé à voter pour lui, 13% des LR ayant fait de même, et ses propres partisans, le troisième et dernier tiers, 13%, les siens, son véritable étiage, 13% des inscrits et non pas un fuligineux et invraisemblable 58,54%, parfait exemple du verbiage dont l’usage est déploré dans ces lignes.

Cette apothéose de la phraséologie ne prémunit pas contre le sort, on le voit. Ceux de ma génération se souviennent peut-être d’une bande dessinée représentant une héroïne âgée, dotée d’une force surhumaine nommée  Grand-mère Tartine , habile à relever tous les défis. C’est peut être là la botte secrète du Président Macron, Grand-mère Tartine, pour déjouer les complots que ses meilleurs soutiens ourdissent si manifestement que toute la presse en parle.

Là encore, il faudra plus que du verbiage pour en venir à bout. Et pendant ce temps, la ruine de notre pays, causée par le confinement forcené de la Russie poursuit son oeuvre sans remède, et le maire de la capitale dépierre pavé après pavé ce qui fut la plus belle ville du monde, pour en faire un terrain vague, comble du souhait des illuminés verts qui l’ont portée au pouvoir (Illuminati ?). Il faudra des milliards d’euros pour rendre à Paris le lustre qu’il mérite et certainement le concours de mécènes comme ce fut le cas pour Notre-Dame.

La conséquence inévitable sera la tutélisation de la ville par l’Etat, s’il y a toujours un Etat en France au train où vont les choses à la fin de l’aventure. Verbiage ?

Le regretté procureur Michel Frezouls qui fut un orateur hors pair et une gloire du Palais de Justice à l’époque où j’avais l’honneur d’être le collaborateur d’Henri Caillavet, avocat sénateur et champion des libertés publiques, avait coutume de dire quand les affaires exposées au prétoire prenaient la couleur spécifique du scandale : « Ça commence à sentir bon ».

N’est ce pas le sentiment qui se précise aujourd’hui au spectacle qui nous est donné par ceux qui nous dirigent, juchés sur le mammouth de leurs jugements, anathèmes et condamnations morales en tous genres ?

Jean-François Marchi

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