Tribune. Les élections qui viennent de se tenir illustrent jusqu’au grotesque la surdité de qui se voit démasqué dans son narcissisme irénique jusqu’à la nudité de ses résolutions.

L’eau du miroir à peine troublée, le Waterloo de « l’enfant jubilant », image chère à Jacques Lacan, révèle que le mythe est cassé. On est passé sans transition de la Vème  République à la IVème, si ce n’est à la III ème ! La composition en abîme, type image de la « Vache qui rit » qui reproduit à l’identique la même scène comme démultipliée par le jeu de deux miroirs se faisant face jusqu’à l’infini, a été pulvérisée par un vote inattendu. L’électeur a repris le pouvoir et il n’est pas près de l’abandonner.

Oubliant qu’il a été démasqué, le roi s’ingénie à faire croire qu’il commande encore. Oui mais voilà, quelle majorité pour comment ne rien faire ?

Les personnalités que cette déroute déroute s’affirment en professeurs de morale, comme tel éphémère ministre de l’éducation dont la destinée cruelle aura été d’être promu comme presque rien à la tête d’un office dont les clefs lui on été retirées avant même qu’il n’en trouve l’adresse ! Il est parfaitement cocasse d’entendre prononcer ces paroles définitives « sortez de mon bureau, nous n’avons rien à nous dire » quand on n’a plus de bureau précisément.

Comme l’eût dit « Dandini, il cameriere » dans l’opéra sublime de G. Rossini, la Cenerentola : « La chose est originale  et mérite d’être racontée ». Précision : Cameriere c’est Valet de Chambre.

La réalité est rugueuse à étreindre, a écrit très justement Arthur Rimbaud.

C’est un peu ce qui se passe sous nos yeux. Le pouvoir a fui qui le détenait hier. La Constitution est d’essence parlementaire. C’est la conjonction  du fait majoritaire voulu par le choix du scrutin,(majoritaire à deux tours) avec l’élection du President au suffrage universel,  qui a imposé la pratique quasi monarchique de la république gaullienne depuis ses débuts. De tripotages en tripotages, dits révisions constitutionnelles, la charte fondamentale a été modifiée jusqu’à devenir illisible.

Le scrutin du jour est une reprise en main par l’électeur d’un système devenu par trop confiscatoire. Il n’ y a que peu de chances qu’il revienne sur cette révolution, avec ou sans dissolution. De ne pas avoir entendu la colère gronder, voilà la faute originelle d’un pouvoir narcissique abimé dans la contemplation de son reflet. Ne pas entendre le refus qu’il exprime ainsi des fausses reformes qui n’ont pour but que de le priver de son histoire et de son être véritable, conduira le peuple a plus de sévérité encore.

C’est là le sens de cet arrêt sur image magique qui interdit toute compréhension à qui se voit désigné par le destin à cette heure. C’est le retour de l’Histoire, la Grande Histoire, que l’on n’a plus voulu enseigner, de peur qu’elle ne brise les rêves.

Regardons la se dérouler : la guerre est à nos portes, la Révolution menace, et certains n’ont pour programme  que de lasser les oreilles publiques  de leurs discours à l’eau de rose.

Avec en arrière fond le champ de  ruines qu’a fait de la capitale  celle qui  se dit son maire, tandis que l’Etat s’enfonce dans l’impéritie, il ne serait donc plus question que de débaucher dans une course à la soupe les quelques voix nécessaires a la constitution  de majorités à rustines pour sauver le pays de ce qui l’attend.

Il est bien imprudent d’être aveugle en plus que  sourd quand le vent se lève. La bêtise a ceci d’exceptionnel qu’elle résiste à l’évidence. Ce serait grand dommage que  l’alerte donnée par le vote de ces élections législatives ne soit pas compris pour ce qu’il est : une semonce. C’est ainsi que devant Troie, Hector courut se livrer à la lance d’Achille, pour s’être cru entouré d’amis. Que fera donc l’Allemagne quand l’inflation, son puissant et séculaire cauchemar, fera son retour en Europe ? Puisque l’extraordinaire et tant vantée Angela Merkel a détruit son Parc Nucléaire, avec l’assistance des fous verts qui ont été les supplétifs également du saccage de Paris, que deviendra cette amitié européenne sur la base de la disparition de l’argent liquide, ce salut des pauvres gens ratatinés d’avoir a dépendre d’une charité d’Etat megoteuse et ladre.

Que deviendra l’Europe, cette pléthore à dindons justes bons à être égorgés vifs pour dessoiffer les pillards ?

Attendons.

Il va falloir revoter très vite.

Aucune complaisance ne doit aider les incendiaires.

Jean-François Marchi

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