La déclaration de candidature de Zemmour est-elle aussi vintage que cela ?

En s’adressant au cœur des Français patriotes, elle peut, par comparaison, faire apparaître bien terne les débats politiciens classiques.

La candidature à la présidentielle de l’essayiste souverainiste, du 30 novembre (date de naissance de Winston Churchill en 1874) a le mérite de clarifier les positions. Désormais, on ne pourra plus accuser l‘auteur à succès de « La France n’a pas dit son dernier mot » de double jeu. De fait, Eric Zemmour ne supportait plus de constater impuissant son pays continuer à dériver sans essayer de faire quelque chose. « Je me suis contenté du rôle de journaliste, d’écrivain, de Cassandre, de lanceur d‘alerte. Je croyais alors qu‘un politicien allait s‘emparer du flambeau que je lui transmettais… Je suis revenu de cette illusion », n’hésite-t-il pas à déclarer pour justifier son engagement dans la bataille suprême.

Une candidature qui présente l’immense mérite de nous replacer dans un contexte historique glorieux, celui ou notre pays jouait les premiers rôles. Celui d’une France éternelle de de Gaulle, Napoléon, Marie Curie ou Jean Moulin ; celle « d’un pays léger et brillant, tellement intelligent… Un pays qui est en train de disparaître ». Ce n‘est pas si loin et il n‘est jamais mauvais de le remémorer à nos compatriotes, notamment les plus jeunes qui n’ont connu que les années de déclin ou de déclassement du pays. Et que celui-ci dispose de tous les atouts pour redevenir un pays phare dans le concert des nations. Cela dépend de nous et de nous seuls. En fixant la barre au niveau de l’excellence, historique, culturelle ou économique, sa déclaration de candidature par vidéo interposée a le mérite de remettre la présidentielle au niveau qui devrait être toujours le sien, celui de l‘exigence et de l’ambition.

À ce sujet, les débats à n‘en plus finir sur les doigts d‘honneur et le fait de commenter ou non devant le Bataclan, ont l’inconvénient de dériver du sujet et de faire oublier les problèmes de fond qui se posent à nous : désindustrialisation, fiscalisation, immigration, insécurité, pouvoir d‘achat, chômage, transition écologique, déficits publics ou endettement. Des sujets majeurs qu‘on n‘arrivera pas à esquiver comme cela avait été le cas en 2017 et que Zemmour parvient à faire remettre sur la table. Il était temps.

Certes, certains n‘ont pas tort à ne voir dans cette mise en scène élaborée qu’un doux parfum de nostalgie, voire de vintage, pour cette France d‘hier. Celle de Gabin, Belmondo ou du Concorde. Et alors, il n‘y a pas de honte à vouloir le meilleur pour son pays. C’est à dire la prospérité, la souveraineté, la concorde civile et un message de grandeur pour la nation, sa culture ou son mode de vie. Finalement, le seul tort de cette candidature est de prêter le flanc à de telles critiques. Et elles ne vont pas manquer. Et puis aussi de ne pas esquisser de moyens pour renouer avec cette grandeur perdue. Mais cela viendra, n‘en doutons pas. La France n‘a pas dit son dernier mot, mais encore faut-il qu‘elle ait envie de le faire dans une époque de désespérance où les tweets incendiaires règnent en maître.

Éric Zemmour est un formidable aiguillon pour nos compatriotes, mais il a besoin pour réussir de s‘adresser à toutes les composantes du pays, sans exclusive, et d’arriver aussi à les motiver pour les rassembler. C‘est indispensable pour pouvoir gouverner un pays aussi divers et fragmenté que le nôtre.

Sa vidéo grandiloquente risque en tous cas par comparaison de faire apparaître bien ternes les débats prosaïques des primaires LR. C’était peut-être aussi une partie de l’objectif recherchée par l’équipe de Génération Z. Une équipe qui frappe par sa jeunesse et son niveau d’études élevé comme le faisait remarquer a juste titre le cofondateur de Doctissimo, l’entrepreneur Laurent Alexandre. Chaque chose en son temps ! Comme dirait Arnaud Montebourg, l‘heure pour Eric Zemmour est pour l’instant à la Remontada !

Robert Lafont

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