En directe provenance des États-Unis, la Greentech s’est installée dans les économies mondiales pour y rester. Globalement, ce terme désigne un écosystème d’entreprises technologiques qui travaillent sur des secteurs diversifiés, mais dont l’une des caractéristiques principales est de placer l’écologie au cœur de leur stratégie.

Un terrain vaste dans lequel on retrouve pêle-mêle des domaines aussi différents que l’agriculture, le bâtiment, l’écomobilité, l’énergie, etc. Si les projecteurs sont braqués sur les startups, le mouvement ne veut pas oublier les TPE et PME qui constituent 90% du tissu économique français. Les initiatives entrepreneuriales sont soutenues par un réseau d’incubateurs et d’accélérateurs spécialisés. Les premiers sont plus particulièrement dédiés aux startups tandis que les dispositifs d’accélération sont destinés aux PME. Un élément significatif démontre que les choses commencent à bouger : le montant des financements à destination des entreprises vertes ne cesse d’augmenter, Covid ou pas Covid.

NamR, soutenue par l’État

La startup a décidé d’investir le secteur du bâtiment depuis sa création en 2017. Elle a conçu un outil d’analyse de milliards de données permettant à tout type d’entreprises de faciliter la compréhension et la mise en place de politiques visant à améliorer leur impact écologique. Elle a déjà commencé à diversifier son offre et sa clientèle, en allant sur des propositions plus marketing, avec analyse de risque, à l’attention du secteur banque-assurance, mais aussi pour des sociétés de distribution. Le 15 juin dernier, namR est entrée en bourse, précisément sur l’Euronext Growth Paris, un événement pour les 45 salariés et pour cette entreprise prometteuse, mais dont le chiffre d’affaires est encore modeste, de l’ordre de 3,6 millions d’euros.

Ce mouvement stratégique est essentiellement destiné à financer le déploiement de l’activité en Europe. La startup se trouve à un moment clé de sa existence. Son ambition ? Devenir un leader européen de la green data. Les fondateurs de l’entreprise sont Emmanuel Bacry, directeur de recherche au CNRS, et Grégory Labrousse, le président de l’entreprise. Bettina Laville, conseillère d’Etat spécialiste des enjeux internationaux du développement, participe également à l’élaboration de la stratégie de la startup depuis ses débuts.

BeFC, la géniale micro-pile du futur

Soutenu par BPI France et finaliste des prix Startup EDF Pulse 2020, BeFC fait parler d’elle et surtout de son produit, une pile écologique produite à partir de papier et d’enzymes. La startup a été fondée en 2020 et a déjà conclu sa première levée de fonds : 3 millions d’euros pour aller de l’avant. Sa pile recyclable est pour l’instant destinée à des dispositifs médicaux jetables tels que les tests de grossesse par exemple, mais aussi tous les tests rapides analysant l’eau, la sueur, le sang, l’urine ou la salive.

L’équipe travaille déjà à améliorer son dispositif grâce aux capacités de stockage d’informations et de communication via le wifi. L’internet des objets ou IoT offre des perspectives immenses pour ce développement de micro-pile qui a donné lieu à six innovations brevetées. Il convient de dire que l’équipe issue du CNRS est plutôt haut de gamme. Le Dr Jules Hammond est entouré de compétences telles celles de Rodophe Durand-Maniclas ou du Dr Jean-Francis Bloch. Si l’entreprise est jeune, il a fallu des années de recherche pour parvenir à ce lancement dont les médias vont reparler, car les usages possibles sont multiples.

Toopi Organics, de l’urine à l’engrais

Transformer l’urine humaine en engrais, il fallait y penser ! Voici une bonne nouvelle pour tous les messieurs qui urinent depuis des siècles dans leur potager. Plus sérieusement, Toopi Organics a annoncé en début d’année avoir obtenu un sérieux coup de pouce de la part de l’ADEME : 3,8 millions sur cinq ans, voici qui va bien aider cette jeune startup qui a par ailleurs été retenue pour installer des urinoirs sans eau pour les prochains Jeux Olympiques qui vont se tenir à Paris. Cette somme sera allouée sous conditions, celles de créer une filière de recyclage de l’urine, ce qui permettra de créer des emplois locaux « non délocalisables ».

Pour ce qui est du versant agricole, l’offre sera constituée par des « produits fertilisants moins chers et aussi efficaces que les engrais chimiques d’origine minérale ». Créée en 2019, l’entreprise a développé un procédé microbiologique innovant testé dans plusieurs études avec succès par rapport aux engrais de synthèse et a déjà levé 1 million d’euros. Une belle réussite pour les cofondateurs, Michael Roes, président et Pierre Huguier, responsable scientifique qui ont breveté leur procédé. Le défi est aujourd’hui de créer plusieurs centaines de stations permettant de récupérer suffisamment d’urine pour produire les biofertilisants.

Eranova, la valeur ajoutée des déchets marins

Sur les 396 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année dans le monde, quasiment un tiers se retrouve dans la nature. Il est temps que cela change, c’est l’avis d’Eranovabioplastics. D’autre part, les algues vertes prolifèrent de par le réchauffement climatique et constituent une biomasse potentiellement intéressante. La technologie brevetée de la startup permet d’utiliser les macro algues vertes échouées pour fabriquer des résines propres utilisables par les industries de plasturgie qui, à leur tour, peuvent ainsi produire des bioplastiques destinés à divers usages.

Philippe Lavoisier et Philippe Michon sont tous deux des pros du plastique et passent au stade supérieur depuis le début de l’année, avec la construction d’un pilote industriel à Port-Saint-Louis-du-Rhône, grâce aux 6 millions d’euros rassemblés via des subventions et leurs fonds propres. L’objectif est ambitieux, il s’agit de traiter 22 000 tonnes de granules dès 2022.

Biopooltech, les piscines innovantes

Les piscines n’ont pas la cote environnementale. Entre consommation d’eau et produits chlorés, cette structure si agréable n’est pas vraiment éco-friendly. Grands et petits sont pourtant bien heureux de pouvoir s’ébattre et se dépenser sans forcément vivre en bord de mer. Biopooltech pourrait contribuer à changer la donne. Préserver les belles piscines de France et de Navarre tout en utilisant une technologie simple d’utilisation, pilotable à partir d’un simple smartphone. Biopooltech propose des piscines naturelles fabriquées en France, à partir de pin Douglas 100% français, totalement biologiques.

La filtration qui équipe le bassin ne comporte aucun produit chimique, le smartphone dirige la température, l’éclairage, mais aussi l’arrosage, le robot nettoyant… Le tout permet de faire des économies importantes sur le budget global que représente une piscine. La société propose aussi un système de conversion des piscines traditionnelles, un marché très prometteur. La société d’Aix-en-Provence a été créée en 2016 par Emmanuel Berthod et Jérôme Viala. Les deux hommes ont inauguré leur première piscine publique bio en 2018 après deux années de développement et 300 000 euros investis en recherche.

Le président, Emmanuel Berthod est un professionnel de l’énergie renouvelable et de l’écologie, il a travaillé sur le système de filtration, inspiré de la nature et plus particulièrement du lagunage. L’entreprise souhaite prendre 10% du marché de la piscine et veut accélérer le développement de son réseau de franchise.

E.S.

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