Notre reconquête industrielle passe par le lancement de grandes innovations, notamment dans l’économie verte.

C’est une idée géniale comme on les aime à Entreprendre : celle du premier navire porte-conteneurs 100% électrique et sans équipage. Irréalisable ? Non pas du tout, c’est très exactement ce qu’est en train de préparer le groupe norvégien Yara International (17 000 collaborateurs, 11,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires) un groupe jusque là cantonné à la chimie (engrais azotés) et qui a fleuré le bon filon en lançant un partenariat avec Kongberg et le constructeur naval Vard. Démontrant  au passage que la capacité à innover et à muter n’est pas l’apanage des jeunes pousses.

Le Yara Birkeland, c’est son nom, transportera par voie maritime jusqu’à 130 conteneurs et sera fabriqué à Portsgrunn dans le sud du pays. Au plan de la transition écologique, l’avantage est immédiat. Avec une batterie de 7 MWh, la salle moteur équivaudra à la charge de 100 Tesla ou 200 eRenault Zoé. Les tests en mer vont durer deux ans avant qu’il ne devienne complètement autonome. Long de 85 mètres, sa vitesse de 13 noeuds devrait éviter de nombreux trajets en camion. Il est même prévu un système de chargement ou de déchargement automatisé des conteneurs. Un vrai projet de mutation majeure qui fera baisser les émissions de gaz à effet de serre.

N’attendons pas trop. Il y a encore bien des places à prendre sur ces marchés très prometteurs de l’économie verte. Nul doute que nos champions de la construction navale, les Chantiers de l’Atlantique, Naval Group voire SPBI voire Fontaine Pajot étudient avec attention ce type de segment. À moins qu’un grand de l’industrie, Airbus ou Dassault ne se décide à se lancer aussi dans la course. La transition écologique actuelle est en train d’ouvrir les vannes d’un nouveau Far West industriel.

Ce peut être une chance pour le Made in France dont tout le monde parle. On l’a vu au dernier salon du Salon du made in France, visité par de nombreux politiques (Arnaud Montebourg, Éric Zemmour, Valérie Pécresse, Yannick Jadot ou Marine Le Pen …), un salon organisé, notons-le au passage, par Fabienne Delahaye (MIF) une formidable femme entrepreneur, qui n’a pas été très aidée à ses débuts.

Répétons-le, la reconquête de notre appareil productif passe aussi par le lancement de grands projets et pas seulement par le miel Bleu Blanc Ruche, le cornichon Jardin d’Orante, la bouilloire Kippit, le Thé chic Paris, où le Chocolat des Français. Sans rien enlever à ceux-là tout au contraire. Tout le monde apporte sa pierre à l’édifice.

Robert Lafont

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

11 − 2 =