Benjamin Griveaux, piégé dans les égouts du numérique

Le jour de la Saint-Valentin, le candidat à la Mairie de Paris Benjamin Griveaux, se fait piéger dans les égouts du numérique.
S’en suit une ambiance électrique et rock en roll à Paris immédiate : Griveaux démissionne.

Tous les « pourquoi » caracolent dans la capitale même si les autres candidats ont l’élégance de ne pas faire de récupération. Tout le monde en parle.
Pourquoi démissionne- t-il ? Puis : Pourquoi cette vidéo est rendue publique ?
Par qui ?
Qui a fait quoi ? Un Russe ? Mais pourquoi ? Seul ?
Etc…

La première observation : c’est que désormais, la vie intime est instrumentalisée par les réseaux sociaux, à des fins de déstabilisation politique Et là: On franchit un cap !
Et là, c’est moche-moche.

Griveaux met en scène un plaisir solitaire : la belle affaire. Ça ne nous regarde pas. Il a le droit de le faire. C’est du registre de l’intimité.

Il tourne une vidéo et l’aurait expédié à sa stagiaire. C est non précautionneux, c’est une faute technique mais il a le droit de le faire. Ce n’est pas interdit par la loi .

S’il y avait un sondage pour savoir qui a déjà envoyé des photos à son amant, sa maîtresse, sa femme, son mari, son ami. Nous serions étonnés.
Il s’agit d’une relation d’adultes. C’est un banal adultère .
Les conséquences sont privées et sans doute destructrices pour sa famille. Il est marié avec une femme intelligente au QI impressionnant. Il l’aime et il avait posé dans Paris Match avec elle, lorsqu’ils ont eu un 3eme enfant .

Alors oui, il y a eu une forme d’incohérence du comportement, une duperie et infidélité envers son épouse mais pas des parisiens. Et, surtout, c’est du domaine privé. Il faut préserver l’intimité de la vie privée. C’est un principe. Le droit à sa vie privée, le droit à son intimité : c’est aussi dans la déclaration des droits de l’homme.
Méfions-nous de ces atmosphères moralisatrices et montreuses du doigt. Nous n’allons quand même pas épouser le puritanisme américain ? Ce règne de la transparence à tout crin , m’exaspère et m’afflige toujours.

Est ce que chacun voudrait voir sa vie étalée ? Qu’il s’agisse d’une personne à la profession publique ou privée ? Non bien sûr.
Il y a un droit à l’intimité. J’espère que nous serons beaucoup à le revendiquer.
La France est une terre de liberté , de respect de la vie privée. Jusqu’à présent. Va-t-elle le rester ?
Les réseaux sociaux vont devenir – ils des pseudo-prix de moralité ? Et surtout des censeurs ? Alors là , c’est un sale tour, eux qui veulent incarner la liberté d’expression.
Ce côté sauvage des réseaux est de plus en plus énorme. Prélude à quoi ? Répondez donc. Une prise de conscience collective est plus que nécessaire. Des mesures sont indispensables.

Le but de cette tribune n’est pas de soutenir ou non le Sieur Griveaux.
Il a été crétin, imprudent, polisson mais il n’a pas fait des choses condamnables et à caractère gravissime ? Ou autres ?
C’est juste sa vie, un coup de canif dans sa vie conjugale et un gars qui l’avait « ramené » dans les médias sur le couplet : ma famille.
Ce soir, Benjamin Griveaux est assurément dans la panade et bien seul. Le vertige doit être douloureux. Témoin de mon époque, je voudrais souligner combien tout cela est surréaliste et que nous sommes les spectateurs d’une diminution de civilité.
Cette atmosphère moralisatrice, puritaine me dérange. Je n’aime pas cette pseudo « va-t-en guerre, chère transparence », parce qu’elle ressemble à une boue odorante.
Il y a là un vrai débat qui dépasse l’affaire malheureuse du sieur Griveaux. Ça transcende tous les partis politiques parce que cette affaire touche notre démocratie.

L’épisode est terminé : Benjamin Griveaux est remplacé par Agnes Buzyn, dès le dimanche soir. Mais notre démocratie en a pris un coup et il faut quand même condamner cette sale affaire aux mœurs de voyous, réagir et agir.

Ghyslaine Pierrat
Spin Doctor
Docteur en communication politique et économique.


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