Sophie de Menthon regrette que l’administration prenne le dessus sur le politique

Ah, si tous les patrons et entrepreneurs pouvaient s’engager comme elle le fait : nous n’en serions sans doute pas là !

Elle défend bec et ongles la liberté des entrepreneurs ; et c’est moins fréquent qu’on ne le croit dans notre petit monde politico-médiatique feutré et mondain.

Très présente dans les médias, et c’est heureux, la présidente du mouvement Ethic se démultiplie. Au « Fitzgerald », table branchée du Boulevard de la Tour-Maubourg du cossu 7ème arrondissement parisien, elle ne mâche pas ses mots. C’est à cela qu’on la reconnaît. D’autant qu’elle doit rejoindre ensuite Eric Brunet, le journaliste de RTL qui prend la place de Pascal Praud, transféré sur Europe 1, pour son émission « Les auditeurs ont la parole ! »

Si l’absence des chefs d’entreprise dans le spectre médiatique français la désole toujours autant : « Regarde, excepté “Les Échos”, “Entreprendre” ou “BFM Business” qui parle de l’élection du président du Medef ? Et pourtant, il y a des choses à raconter. “Ethic” est adhérente du mouvement des patrons mais en ne comptant que pour une voix seulement. C’est Geoffroy Roux de Bezieux qui nous y a fait rentrer ! »

Pour lui succéder, si elle a du mal à cacher son faible pour son amie Dominique Carlac’h, 54 ans, athlète de haut niveau et fondatrice de la société de conseil en innovation D&Consutants : « Elle a un supplément d’âme. »

Sophie de Menthon ne se fait guère d’illusions sur le résultat final : « Dommage que l’élection ne se fasse qu’à la discrétion des présidents de région ou de fédérations et non directement auprès des adhérents, même si je reconnais que c’est difficile à organiser ! » (voir sur EntreprendreTV).

La lente montée du pouvoir de l’administration est ce qui la dérange le plus en ce moment : « Autant de règlements et de complexité, c’est propre à la France et cela ne s’arrange pas. De plus en plus, ce n’est plus nous qui gérons nos boîtes, mais c’est l’État, c’est lui qui sait à notre place et qui nous dit ce qu’il nous faut faire. Regarde, cette histoire de “testing”. Ils vont même chercher à vouloir contrôler nos modes de recrutements. » Ubuesque.

Sophie de Menthon pousse pour qu’on redonne le pouvoir au plus près du terrain. C’est son cheval de bataille : « Ce sont les entreprises et les entrepreneurs qui vont nous sauver. Il faut leur faciliter la tâche au maximum. Au contraire, on s’acharne à les corseter chaque jour un peu plus ! » « Idem sur la transition climatique, ce n’est pas Marie Tondelier ou Sandrine Rousseau qui vont trouver les solutions. Non, c’est plutôt Total Énergies ou Engie ! »

La présidente d’Ethic rencontre les politiques, Marine Le Pen compris : « Le jour où je devais déjeuner avec elle à la “Brasserie Lorraine”, cela s’est ébruité. Et tout de suite, j’ai été sommé par France Info de me justifier, un vrai tribunal médiatique ! » On ne la reprendra plus !

Celui qui lui a tapé dans l’œil, ce n’est pas Éric Ciotti qu’elle trouve sans saveur, sauf sur le dossier de l’immigration : « Le sujet de l’entreprise, en revanche, ne semble guère l’intéresser. » Au contraire de David Lisnard, le fringant maire de Cannes, en qui elle voit un bel avenir présidentiel : « Il maîtrise ses sujets. » Et Éric Zemmour ? : « Brillant, compétent, mais trop clivant : il ferait mieux de devenir influenceur. Il aurait une audience maximum et finalement plus de poids ! » Quant à Marine Le Pen : « Contrairement à ce qu’on dit, ils bossent au RN, ils savent très bien ce qu’ils feront et qui ils mettront en œuvre et à quel poste. Ils n’auront aucun problème pour trouver les candidats. On aura de belles surprises ! » (sic) On aimerait en savoir plus, ce ne sera pas pour tout de suite.

Finalement, elle est très politique, la présidente du dernier mouvement entrepreneurial indépendant (il a été créé par Yvon Gattaz) avec la FEEF ou Croissance Plus. Et quand on l’interroge sur Macron, elle qui voit Brigitte régulièrement, elle se borne à demander de se concentrer sur le régalien. Et engager au plus vite la nécessaire réforme de l’État ; avec une loi de déconcentration, de décentralisation et aussi de simplification.

« Aujourd’hui c’est le monde renversé. Les politiques ne semblent plus avoir le dernier mot face à leurs administrations. Arnaud Montebourg me l’a raconté. Lorsqu’il était à Bercy, il a exigé qu’on trouve un jour des mesures d’économies. On les lui a trouvées. Mais, simplement, il n’a pas pu les mettre en œuvre. Son Directeur de Cabinet était rattaché à Matignon… »

Idem avec l’actuel ministre de la santé, Francois Braun, qui voit certaines de ses mesures être recalées par certaines ARS, agences censées pourtant représenter le ministère en régions ! On se souvient que ce sont ces mêmes agences qui, durant l’épidémie de Covid, avaient préféré ne pas faire appel au privé pour faire soigner des malades. Il est temps de supprimer ce type d’échelons administratifs aussi coûteux qu’inutiles.

On pourrait parler des heures avec Sophie de Menthon. C’est elle qui a inventé “la Fête des Entreprises”. Rendez-vous le 19 octobre pour une nouvelle édition de “J’aime ma boîte”. Cela va sans dire, cela va mieux aussi en le disant ! Les chefs d’entreprises doivent oser sortir du bois.

Robert Lafont

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