Le débat entre Eric Zemmour et Jean-François Cope laisse entrevoir des désaccords béants. C’est une excellente nouvelle pour Emmanuel Macron ou toutes les coalitions de gauche.


Le débat organisé entre Éric Zemmour et Jean-François Copé sur CNews, le 3 décembre dernier, est idéal pour saisir à quel point la fracturation de la droite française dans toutes ses composantes semble profonde.
Après tout, ces deux politiques de talent, brillants et réactifs chacun à leur manière, avaient en l’occurrence, surtout dans le climat de tension actuel, pas mal de terrains d’entente à faire valoir, même si personne ne n’attendait pas à voir l’ancien ministre de Jacques Chirac venir adouber toutes les thèses parfois excessives du nouveau prince de l’audience du débat télévisé avec son émission « Face à l’info » animée, chaque soir, par Christine Kelly sur CNews.
Venant tout deux de la mouvance gaulliste, ils partagent.après tout, les mêmes objectifs pour notre pays : indépendance, prospérité, sécurité ou progrès.

Même si, sur le sujet sensible de l‘immigration, le maire de Meaux, ancien ministre de Jacques Chirac (à 5 reprises entre 2002 et 2012) se doit d’assumer un tant soi peu le bilan politique un peu laxiste en la matière des années Villepin ou Raffarin. En tant qu’élu d’une ville à la population composite, il ne peut pas rompre non plus vis à vis de ses habitants qui l’élisent très bien à chaque renouvellement dans un équilibre fragile où il s’est parfaitement attelé.
Ces réserves étant posées, le débat donna lieu à un affrontement d’excellente facture mais assez irréductible sur le fond.
Certes, l‘auteur à succès du « Suicide français“ n‘est pas tendre envers l‘ancien ministre, l‘accusant de tous les maux, lui adressant  par exemple cette pique sans appel : «contre le regroupement familial, vous n‘avez rien fait, donc demain, vous ne ferez rien non plus ! »
Copé, excellent bretteur, avait beau jeu de renvoyer notre polémiste à ses chères études. Le qualifiant d’idéologue, il n‘avait pas tort de lui rappeler qu‘il n‘avait pas l’expérience de terrain.

Dans la ville de Meaux, la maire est confronté à de nombreux problèmes de vie quotidienne que Copé avait beau jeu de se vanter d’avoir réglé. Zemmour répliquait en précisant que le problème était bien plus vaste et profond que local !
De surcroît sur ce sujet de l’immigration, Copé est, dans le personnel politique de l’opposition, loin d’être le plus laxiste en la matière. Peu suspect d’angélisme, il est à l‘origine de la loi de 2004 d‘interdiction de la Burka et du voile à l’école !
Face à la menace pour le pays, aggravé par celle du terrorisme islamiste, on aurait apprécié que les deux hommes puissent s’accorder sur quelques points essentiels, voire sur un minimum de mesures comme celles, mettant fin par exemple au regroupement familial, au dévoiement du droit d‘asile et d’un contrôle plus strict de l‘immigration clandestine.

Que croyez-vous qu‘il advint ! Le débat se conclut sur le constat de un profond désaccord, que Copé me confirma ensuite par un message sms « vous l’avez vu, cher Robert, il y a quand même quelques différences sérieuses entre nous. » (sic)
Cette incapacité à trouver des points d’accord n’est-elle pas révélatrice de notre impuissance nationale à trouver un minimum de consensus sur des sujets d’intérêt national, l’immigration en est un, mais il n’est pas le seul !.On n‘est pas obligé d’être d‘accord sur tout, mais on pourrait commencer à le faire sur quelques grandes mesures qui engagent l’avenir du pays. Après tout, n‘est ce pas ce qu’avait fait le Général de Gaulle, en mars 1944, avec les Communistes et le CNR et son programme de reconstruction ?
Certes, nous ne sortons pas de la guerre, mais il faudrait éviter d’avoir à y rentrer…

Au plan politique, la droite « la plus bête du monde  » a décidément du mal à faire démentir la formule. À l‘instar de ce que dit le sociologue Jérôme Fourquet, le candidat de droite, pour pouvoir l’emporter, devrait parvenir à concilier à la fois les électorats de Fillon, Dupont-Aignan voire Le Pen… On n‘est pas rendu. La gauche et les macronistes peuvent décidément continuer à engranger…

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