Jean-Luc Melenchon (Photo Christophe Michel / ABACAPRESS.COM)

C’est vrai en sport, dans les familles, les entreprises mais aussi et surtout au niveau des nations. C’est tout le mérite de l’historien Michel Winock que de nous aider à revisiter l’action de nos dirigeants politiques à l’aune de l’histoire de France.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et je crois avoir enfin compris, grâce à l’historien Michel Winock, d’où provenait cette propension qui semble nous être propre dans le monde à nous diviser et à nous désunir face aux grands enjeux du monde et du pays.

Pour l’auteur de Gouverner la France (Gallimard), la fracture tricolore remonte à loin, au temps de la monarchie : « Jusqu’ à ce que la radicalité de l’absolutisme soit renversée par la Révolution, qui, par sa recherche d’unanimité, a engendré des divisions extrêmes dont on ne sort pas». Winock remarque qu’ au contraire :  » en Angleterre, la monarchie a évolué progressivement vers la démocratie libérale. » Une vraie différence selon lui qui nous marque encore profondément.

Au delà du « Combat des chefs » pour reprendre le titre d’ un album célèbre d’Asterix, reconnaissons que cette façon de toujours insister sur ce qui divise ou déchire est devenue une spécialité nationale. D’autant que notre pays, avec sa tradition politique ancienne, reste sans doute l’un des plus enclins à la discussion.

À titre d’anecdote, un grand entrepreneur allemand, récemment installé dans l’hexagone, le patron du Stade Français Paris, Hans-Peter Wild, pour ne pas le citer, milliardaire fondateur des boissons Capri-Sun, racontait que ce qu’il l’avait le plus surpris dans la culture managériale de notre pays, c’est de voir que des décisions arrêtées par les dirigeants continuaient d’être discutées ensuite par la hiérarchie. Ce qui n’existe pas selon lui outre-Rhin, Malgré ces atermoiements, et c’est le paradoxe, nous n’avons jamais eu autant besoin de nous rassembler autour des grands enjeux de notre pays.

Et si beaucoup sont devenus des spécialistes de l’affrontement et du déchirement national, n’est-ce pas Jean-Luc Mélenchon, Edwy Plenel, Philippe Martínez, ou Sandrine Rousseau, sans évoquer certains médias tant il est plus facile de souffler sur les braises et d’instiller de la défiance que l’inverse. Être d’accord reste toujours un peu suspect. A ce sujet, la politique du « en même temps » d’Emmanuel Macron n’a pas que fait que du bien non plus.

Un vrai jeu de dupes car à force de louvoyer et de promettre tout et son contraire, le président n’a pas contribué à clarifier les enjeux. Son progressisme indéfini n’est guère rassurant dans une époque de grand bouleversement où le pays aurait d’avantage besoin de conservatisme et de stabilité.

N’est-ce pas le Général de Gaulle qui, le 15/12/1965, avait cette phrase, « La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français, C’est pas la gauche la France. C’est pas la droite la France… Je ne suis pas d’un côté, je ne suis pas de l’autre, je suis pour la France. »

Le dirigeant idéal pour le pays est celui qui arrive à transcender les clivages au service d’une politique juste, claire et de long terme. Le problème avec l’actuel président, c’est qu’il ne réussit pas sur les grands sujets (endettement, réforme de l’Etat, décentralisation, immigration, insécurité, justice, réconciliation nationale…). Vous allez me dire que le pays n’est pas facile à gouverner. Raison de plus pour être clair et viser long terme. Il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir.

Robert Lafont

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