Par Nadia Gabriel, CEO de Trustt

Tribune. Les mesures prises par le gouvernement pour faire face à l’épidémie de Covid-19 ont contraint de nombreux commerçants à fermer boutique. Le deuxième confinement fut d’autant plus catastrophique pour les commerces indépendants jugés “non-essentiels” qui se sont vus obligés de baisser le rideau de fer en pleine période de fêtes de fin d’années.

Pour subsister, ceux qui le pouvaient se sont tournés vers le digital en s’efforçant d’accroître leur présence sur le net et les réseaux sociaux. Mais au-delà d’un simple enjeu de communication, comment proposer de nouveaux services via le numérique, sans connaissance dans le domaine ?

Face à la détresse des commerçants de proximité, de nombreux étudiants n’ont pas hésité à apporter leur aide pour accompagner au mieux de nombreuses boutiques dans leur transition digitale. Entre mise en pratique de leurs compétences académiques et élans de solidarité, les motivations de ces jeunes ont permis à des dizaines de commerces de limiter les répercussions négatives de la pandémie.

Une situation alarmante pour la plupart des commerces

Permettant de limiter un maximum les déplacements en boutique et les contacts humains, le digital est le grand gagnant de ces deux confinements. Concrètement, les commerçants ont tout intérêt à réaliser une transition vers le numérique. Mais dans les faits, moins d’un tiers des commerçants sont parvenus à se digitaliser, faute de moyens techniques, financiers, d’expertise ou juste de temps. En passant par une agence spécialisée, le tarif minimum moyen pour la création d’un site e-commerce avoisine les 4000€, mais peut facilement s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros si la complexité du projet l’exige. L’aide de 500€ offerte par le gouvernement pour aider commerçants et artisans à déployer une stratégie digitale est donc loin d’être suffisante. Un grand nombre de détaillants ont ainsi affirmé se sentir perdus et ne pas savoir par où commencer le développement de leur commerce en ligne.
Pour garder le contact avec une clientèle fidèle et renforcer son image de marque, miser sur une stratégie social media peut être un bon début. Intuitive et peu onéreuse, elle permet à tout professionnel d’apporter de la valeur à distance en partageant du contenu à son audience ou de recréer une “vitrine” en mettant en avant des produits ou des prestations sur Instagram par exemple. Toutefois, la création d’une communauté, l’automatisation des publications, ou encore la mise en place d’un planning et d’une ligne éditoriale n’est pas à la portée de tous les novices. Bon nombre de commerçants débutants éprouvent le besoin d’être accompagnés sur ce nouveau point de contact.
De plus, une stratégie social media n’est souvent pas suffisante en cette période où les déplacements en boutique sont plus que limités : vendre ses produits via une plateforme e-commerce est la meilleure manière de continuer à exercer son activité. Cependant, la création d’un site marchand, tout comme la mise en place d’un système de click-and-collect, sont loin d’être évidentes pour des commerçants non formés à la vente en ligne.

Liff, la cigogne qui vole au secours des commerces strasbourgeois

Face à ce constat inquiétant, de nombreux jeunes de tous horizons se sont mobilisés pour venir en aide aux commerçants de quartier. À Strasbourg notamment, un groupe de jeunes étudiants fait parler d’eux : grâce à leur familiarité avec le domaine du digital et de la communication, Julie Baal, Baptiste Heraud, Loïc Mastio, Antoine Ménissez et Jules Bozouklian donnent naissance à ​Liff​, une marketplace locale permettant aux commerçants, associations et artisans d’étendre leur activité via un système de click and collect.

Forts de leurs formations en informatique, en communication et en commerce, ces cinq étudiants, désireux de faciliter l’expérience consommateur et de venir en aide aux commerces locaux en danger, ont eu l’idée de rassembler commerçants, artisans et associations sur une même plateforme. Ces derniers sont ainsi accompagnés dans leur transition vers le click-and-collect, tandis que le consommateur, de son côté, bénéficie d’une visibilité rapide sur les commerces locaux proposant ce nouveau service.

“On propose aux consommateurs d’opter pour les commerçants près de chez eux, tout en respectant les réglementations sanitaires dues à la Covid”​ , explique Julie, en charge de la communication. ​“Filer un coup de pouce aux commerçants pour leurs ventes et participer à ce retour de la vie en centre-ville, ainsi que de pouvoir retrouver autant des commerces dans l’alimentaire que dans l’art ou l’artisanat, étaient les enjeux du projet” ​ poursuit-elle.

Le groupe d’amis a en effet bien cerné les problématiques majeures que peuvent rencontrer les petits commerces de détail : ​“On souhaitait réunir les commerçants indépendants, franchisés, les artisans, les créateurs, qui n’ont pas tous les moyens financiers, techniques, ou juste le temps de se créer un site Internet ou de développer un service click&collect. Des commerçants qui, pour beaucoup, ont vu leur chiffre d’affaires baisser en 2020, COVID oblige. Certains ayant dû carrément fermer leurs portes… Avec Liff, nous souhaitons proposer autre chose que les géants du web, quelque chose de plus indépendant qui correspondrait probablement plus aux besoins des commerçants ainsi qu’à la volonté des consommateurs de retourner vers le local et une consommation plus responsable.”

Non content d’aider les commerces, la plateforme à la cigogne prend également sous son aile les artisans et même les associations. Les artisans peuvent faire apparaître sur Liff leurs informations générales et même créer un formulaire de devis. “Nous souhaitons soutenir un maximum d’acteurs et sommes en capacité de s’adapter à tous, quitte à développer des solutions, produits et services qu’ils pourraient mettre en place”,​ renchérit Julie.

Cette volonté d’aider un maximum de professions en difficulté porte ses fruits : le groupe d’étudiants obtient rapidement un partenariat avec le SDIS du 67, et fait en sorte que les utilisateurs de l’application puissent commander des calendriers des pompiers et les récupérer dans des commerces partenaires, faute de pouvoir les recevoir à domicile comme à l’accoutumée.

Côté stratégie, ici aussi, les jeunes entrepreneurs ont tenu à être socialement irréprochables : ​“Pas d’abonnement, pas d’engagement, pas de frais d’entrée. L’idée est de définir avec les commerçants une commission sur les ventes réalisées grâce à Liff. Nous ne toucherons pas d’argent si nous n’en faisons pas générer à nos partenaires. Tout dans l’optique gagnant-gagnant.”

Cette équipe de jeunes de 20 à 26 ans défend donc avec ferveur des valeurs de solidarité tout en mettant en pratique leurs compétences acquises durant leur parcours académique. De nombreux partenaires strasbourgeois leur ont déjà fait confiance : le magasin “Naturalia”, le tatoueur-perceur “L’aiguille percée”, et la “Pharmacie des 4 saisons” proposent de servir de relai aux calendriers du SDIS 67, tandis “La Comtesse du Barry” ainsi que la Parfumerie d’Auteurs “le 7” adoptent Liff pour développer leur visibilité et leur présence e-commerce. Tout sur Liff et Liff pour tous !

Faire de la crise du Covid-19 un voyage d’apprentissage

Aussi handicapante soit-elle, la pandémie de coronavirus est l’occasion pour les entreprises de se réinventer, d’innover, d’oser. Transiter vers le digital est crucial en cette période de confinements successifs, mais le sera toujours autant une fois la crise derrière nous : le numérique est une révolution, pas une tendance. Développer sa présence sur le web via un site e-commerce ou une stratégie social media, comme l’ont fait des petits commerces via Liff, n’est que la première étape d’un véritable périple. Pour se démarquer, développer son e-réputation et gagner en notoriété, avoir recours à d’autres leviers est judicieux.

Une solution complémentaire peut venir enrichir un site e-commerce, comme le logiciel ​Trustt​, qui permet aux marques d’accroître leur visibilité en ligne, de collecter de la data consommateur en temps réel et des avis pour enrichir leurs fiches produits.
Ce genre de solution permet aux marques et aux commerçants de mieux connaître leur cible et de redonner confiance aux consommateurs en l’achat en ligne. C’est encore une relation gagnante-gagnante, qui guide marques et commerçants vers un autre futur, plus connecté et plus serein.

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