Il faut prêter attention, dans le désordre actuel des esprits, à tout ce que dit le géographe Christophe Guilluy. Ce dernier nous avait déjà bien ouvert les yeux avec la notion de « France périphérique » lorsqu’il décrivait cette classe populaire de travailleurs, ouvriers, salariés (du privé ou du public) qui se sentait déclassée par la mondialisation à outrance.

Un mouvement qui s’est traduit, en France, par les « Gilets jaunes » à leur début ou les « Brexiters » en Grande-Bretagne. À l’en croire, cette contestation concerne « des gens d’origine très diverses qui ont compris que la caste des experts ne les représentaient pas et qu‘il y a nécessité impérieuse de faire revenir de l’emploi sur les territoires désindustrialisés et paupérisés ».

Le constat est sans appel ! Pour Guilly, qui publie « Le Temps des gens ordinaires » (chez Albin Michel), cette nouvelle classe forme un bloc autonome, puissant et sûr de son diagnostic. Un socle solide né de l‘implosion de la classe moyenne…

Le temps des « gens ordinaires » est arrivé et il est urgent de gouverner aussi pour eux !

Sur un sujet comme l‘immigration, cet esprit libre est sans appel, comme il le rappelle dans les colonnes de nos confrères du Figaro Magazine (23/10/2020), voire dans celles de L’Événement Magazine : « Considérée comme polémique par les élites, la question apparaît extrêmement consensuelle en milieu populaire. Les chômeurs de Hénin-Beaumont ou de La Courneuve souhaitent de la sécurité dans leur quartier et si possible moins d’immigration dans leur environnement. Il y a une aspiration à une vie paisible. Ce n’est ni racial, ni religieux, même s‘il faut interdire les mosquées salafistes et expulser les prédicateurs islamistes. »

Le constat est, on ne peut plus clair, et il tranche avec le discours ambiant médiatique ou politique. Guilluy termine en montrant que certains pays en Europe l’ont déjà bien compris. À l‘image du Danemark qui est passé d’une politique d’accueil très généreuse à une politique très restrictive avec des demandes d’asile qui ont chuté de 75 % à Copenhague !

Serons-nous les derniers à nous en apercevoir ? C’est l’une des nombreuses questions importantes posée par ce géographe à l’esprit libre qui conclut par cette révélation assez stupéfiante : « Black Lives Matter est un mouvement subversif en réalité soutenu par les multinationales du monde entier… »

Le monde n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Et les hommes de bon sens tardent à se faire entendre…

Robert Lafont

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