L’appel au gouvernement du patron d’Entreprendre, Robert Lafont, pour une réouverture graduée de nos magasins.

La fermeture des commerces « non essentiels » va-t-elle entraîner la ruine de nos industries ? Ce scénario catastrophe, malgré les aides et PGE en tous genres, pourrait s’avérer plausible dès lors qu’on ne peut plus acheter de cafetières ou de chaussures dans les magasins. Malgré l’essor du commerce digital, il ne faut pas s’étonner que nos entreprises, à l’instar de SEB ou Mephisto, enregistrent après cela des baisses de commandes assez spectaculaires. Et ne nous y trompons, la plupart des grands secteurs d’activité sont concernés : textile, cosmétiques, jouets, électroménager, ameublement, sans parler bien entendu de l’industrie clé du pays, celle de l’automobile.

Nous venons d’apprendre, et ce n’est pas une surprise, que les concessions automobiles, depuis qu’elles sont fermées, enregistrent une baisse de commandes de 70 % par rapport à 2019. Un véritable séisme qui, s’il était amené à perdurer, risque d’avoir un effet d’entraînement dévastateur sur l’ensemble de notre tissus économique. L’ancien ministre Luc Châtel, devenu président de la filière automobile, à la tête de la PLA (Plateforme Auto), ne s’y est pas trompé et a réagi pour défendre, auprès de Bercy, l’ensemble de la filière, brandissant même le spectre de « fermetures de sites qui pourront avoir lieu d’ici la fin de l’année », sur un marché qui pourrait baisser de 25 % sur l’année en cas de non réouverture.

Que veut-on au juste ? Arriver à ruiner ce qu’il nous reste encore d’industries ? Avec à peine plus de 12 % du PIB, nous avons un des plus faibles taux industriels d’Europe. Malgré des savoir-faire remarquables, notre appareil de production a beaucoup délocalisé ou s’est largement rétréci, restant encore largement handicapé par des prélèvements records. Le gouvernement de Jean Castex en a pris conscience avec la baisse bienvenue de 10 milliards d’euros par an sur les impôts de production, telles qu’annoncées par Bruno Le Maire. Mais il y a encore du chemin à faire : il reste un écart de 80 milliards avec nos amis allemands. Une surcharge considérable, qui n’a pas empêché un ancien président de la République, Francois Hollande, pour ne pas le citer, oser rappeler récemment sur France Info que « cette baisse des impôts de production n’étaient pas la priorité » (sic). Et qu’il valait mieux sans doute continuer à traiter des effets de la désindustrialisation plutôt que de ses causes…

La situation est grave ! Surtout quand on entend encore parler de la sorte desdits « hommes d’Etat » censés être là pour nous défendre ! Ne nous y trompons pas. On aimerait entendre d’avantage sur ce sujet l’opposition, le Medef ou la CGPME ! La fermeture prolongée des commerces pourrait avoir très vite des conséquences délétères et un effet domino sur l’ensemble de notre tissu productif. Espérons qu’Emmanuel Macron en soit bien conscient !

Le président devrait rapidement exiger de son gouvernement qu’il procède à la réouverture des commerces de France et de Navarre, en la plaçant sous l’autorité des maires, et dans des conditions propres à garantir la sécurité sanitaire de nos compatriotes (ouverture un jour sur deux, respect des protocoles…). Nos voisins allemands l’ont compris et se sont bien gardés de tout confinement de leurs commerces. Le pays dont l’industrie pèse 28 % du PIB, contre à peine 12 % chez nous, semble mieux savoir que nos énarques que l’économie reste un tout ! Et que lorsqu’on interdit le commerce, on finit par achever le reste…

Rappelons que l’argent distribué à foison par l’Europe actuellement devra être bien remboursé un jour. Et que si ce n’est pas par nous, ce le sera par les générations suivantes. Est-ce bien cela que nous voulons laisser à nos enfants ? Un pays surendetté et soumis aux caprices de ses créanciers est-il encore souverain, même avec la bombe atomique ?

Robert Lafont

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