Bernard de La Villardière : le gentleman du PAF

De notre envoyé spécial Antoine Bordier

Hergé aurait certainement pu le choisir comme modèle, pour incarner Tintin. Certes, Bernard de La Villardière n’a pas le même âge, ni la même coupe de cheveux. Mais, combien de pays traversés ? Une cinquantaine. Combien de tours du monde ? Trois ou quatre. Combien de reportages, de visages rencontrés, de personnes interviewées ? Des milliers.

Le temps du week-end dernier, Bernard de La Villardière est venu faire la conclusion de son reportage sur l’Arménie pour Enquête exclusive, diffusé dimanche 19 septembre. Eclairage sur « le gentleman » du PAF.

A l’aéroport Charles-de-Gaulle, il est là. Il attend patiemment d’embarquer. Il reçoit de temps en temps des appels sur son smartphone, et, en passe aussi. « Oui, oui, tout va bien. Mon équipe est là. Nous embarquons dans 5 petites minutes. » Il est fidèle à lui-même. Il salue poliment les personnes qui s’approchent de lui, et, qui l’ont reconnu. Aucune demande de selfie. La relation est courtoise et curieuse. Il faut dire qu’il est reconnaissable à une centaine de mètres à la ronde. Grand, fin, avec ses cheveux blancs, coiffés parfois en arrière, avec sa mèche actuelle, son visage est serein. Il inspire confiance, sa voix est claire et suave. Il est habillé dans un style moderne, assez cool, avec sa veste bleue et son jean. Il porte un petit sac-à-dos de cabine. Il est 17h05. Le bip et l’appel du responsable de l’embarquement sont diffusés au micro. Près de 5 heures plus tard, l’avion, qui a décollé à 17h40, atterrira à 00h25 à l’aéroport Zvartnots d’Erevan. Il y a deux heures de décalage avec notre fuseau horaire. Dans l’avion, Bernard de La Villardière s’est installé. Il est en classe affaires. A l’arrivée, à Zvartnots, il retrouve son équipe. Nous échangeons les coordonnées, et, il me glisse : « Si vous voulez nous pouvons nous retrouvons demain, à dîner. »

Le lendemain, dimanche soir, il sort de son hôtel avec sa petite équipe de trois personnes, Grégoire, Tommaso et Stepan. Direction un des restaurants branchés de la capitale, qui se situe à quelques minutes de la célèbre place de la République, là où ont eu lieu toutes les manifestations politiques depuis l’Indépendance de 1991, et, depuis la « révolution de velours ». C’était en 2018.

Un aventurier des temps modernes

Physiquement, il ne ressemble pas du tout à Joseph Kessel, mais ils auraient pu être amis. Ils ont pour autant des points communs, à commencer par l’Argentine. Joseph Kessel y est né le 10 février 1898. Bernard de La Villardière est né en région parisienne le 25 mars 1958. De son vrai nom Berger de La Villardière, il a vécu en Argentine. Il y possède une propriété familiale. L’une de ses filles y a, même, effectué ses études. Et, puis, il est passionné par le sport national, le polo, qu’il pratique.

« C’est mon sport favori », explique-t-il. Comme Joseph, Bernard a une enfance ballotée entre différents pays. Pour Joseph : l’Argentine, la Russie et la France. Pour Bernard : la France, l’Argentine et le Liban. Les deux ont la même passion : le journalisme. Le premier est un pionnier, un aventurier, un grand reporter, le second un disciple, un globe-trotter des années 80.

60 années toutes rondes les séparent. Ces années où l’on passe de la plume et du papier, à la radio et à la télévision. A la révolution numérique. La comparaison s’arrêterait-là, si ces deux personnages n’avaient pas fait le tour du monde plusieurs fois. Ils ont, enfin, pour point commun les pays où ils ont réalisé leurs chefs d’oeuvre. En Afghanistan, Joseph y trouve son inspiration pour son chef-d’œuvre romanesque, Les Cavaliers, paru en 1967. Et, Bernard s’y rend plusieurs fois, pour réaliser son meilleur film documentaire. « Je m’y suis rendu une dizaine de fois. Mais, c’est peut-être le Pakistan que je préfère. »

Dans le restaurant branché d’Erevan, Bernard est détendu. Le stress n’apparaît pas sur son visage. Son équipe est à l’identique. Ensemble ils viennent de boucler le prochain magazine de son émission Enquête exclusive.

« Arménie, la perle menacée du Caucase »

C’est le titre de son prochain reportage qui sera diffusé ce dimanche 19 septembre. « Ce pays me touche beaucoup, car je suis de culture catholique, raconte Bernard. Cette petite nation du Caucase, coincée entre la Turquie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Iran a une histoire très riche. C’est le premier pays chrétien. Sa population qui a vécu le génocide de 1915, est en mode survie. En 2020, elle a perdu une guerre contre l’Azerbaïdjan, dans le Haut-Karabakh. Depuis, aux abords de la nouvelle frontière, les Arméniens vivent des incursions ennemies. Dans le village de Kornidzor, par exemple, les habitants se relaient nuit et jour pour monter la garde. Quant à la Russie, elle joue un rôle d’apaisement et de gardien indéniable. »

Il ne le dira pas, mais, il est quasiment, aussi, tombé amoureux de ce petit pays qu’il appelle « perle », et, que j’appelle « confetti ». Il repart bien vite du Caucase, en raison d’un agenda surchargé.

Comme Joseph Kessel, Bernard de La Villardière n’est pas près de s’arrêter-là. Son prochain reportage est prévu en Mauritanie. En même temps, il doit s’occuper de son nouveau bébé un média 100% numérique, qui se veut révolutionnaire parce que positif, local et de proximité. Il cartonne et affole les compteurs des millions de vues. Il s’appelle NEO. A dimanche soir prochain, sur M6 !

Reportage réalisée par Antoine BORDIER, Consultant et Journaliste

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