Pour pouvoir créer la surprise et l’emporter, Arnaud Montebourg, homme libre s’il en est, soutenu officiellement par aucun appareil, (cela devient un avantage sauf pour la logistique) doit pouvoir faire turbuler le système dans son ensemble.

En le rencontrant ce matin dans une brasserie de l’École Militaire à Paris, le héraut du made in France affiche sa mine des meilleurs jours. Loin des sondages qui lui confèrent un petit 5 %, Arnaud croit en son étoile : « Ne vous inquiétez pas, je vais dans un premier temps remonter sur Hidalgo, et ensuite vous allez voir que mes soutiens vont être nombreux et inattendus… »

Que nous prépare exactement le chevalier de Saône-et-Loire ? Difficile d’anticiper tant cet avocat de 58 ans a démontré tout au long de son parcours qu’il n’était dénué ni de talent ni de tempérament. Une chose est sûre, son moral de vainqueur semble au rendez- vous. Et Montebourg de me détailler avec une spectaculaire précision les programmes d’engagement économique qu’il veut assurer à nos activités industrielles pour engager la fameuse Remontada de la France qu’il appelle de ses vœux. Remontada, le mot est lâché, oui ce terme emprunté au monde du football et qu’il veut appliquer à la situation du pays dans son ensemble.

Pourquoi pas, même si j’aurais préféré « redressement français ». Ce n’est pas grave.

Quand on y réfléchit, ils ne sont pas si nombreux sur l’échiquier politique les hommes d’expérience. Il a 58 ans et des convictions affirmées ; comme il l’a démontré sur des sujets essentiels comme l’affaire Alstom. Une indépendance d’esprit et la capacité à transcender les clivages.

« Le problème, cher Robert, n’est plus un problème de gauche ou de droite, mais d’arriver à régler les problèmes. Les Français ont bien des talents mais c’est le haut de la pyramide qui coince. Il faut changer de mode de management étatique. Être ferme sur le régalien et libérer les citoyens sur le terrain. Ce n’est pas à l’Administration de commander mais au politique. Un seul exemple, quand j’étais ministre du redressement productif, j’avais fait préparer un plan de 500 mesures de simplifications administratives. Eh bien, vous n’allez pas me croire : on a refusé que j’assiste aux réunions interministérielles, Hollande ne voulait pas, pourtant, j’étais ministre. Au lieu de 500 mesures, les hauts fonctionnaires présents en ont conservé 3 …. Depuis, je suis entrepreneur, et je mesure, comme chaque citoyen sur le terrain, de nombreuses tracasseries. Nous avons actuellement un projet de 12 millions d’euros pour les amandes pour implanter une usine près de Gemenos (13) ; vous n’imaginez pas les retards et formalités. Le préfet et le sous-préfet se renvoient la balle. On perd du temps et je n’ai toujours pas les autorisations. Un maelström. Il va vraiment falloir simplifier. Ce n’est plus tenable. On en crève ! »


« Je suis prêt à travailler avec tous les gens de bonne volonté qui veulent relancer le pays ! ».

Même Eric Zemmour ?  « Je suis prêt à débattre avec lui… »
Arnaud Montebourg semble vraiment sûr de sa bonne étoile. Rien que cela est déjà une Information en soi. Ce qui est intéressant avec lui c’est qu’il est l’un des rares à pouvoir rassembler sur l’ensemble de l’échiquier. En le quittant, me vient à l’esprit le cas de Denis Payre, l’autre entrepreneur à vouloir se présenter. Sa réponse ne se fait pas attendre :
« Je suis prêt aussi à travailler avec lui…»


On n’est décidément pas à l’abri de surprises dans cette campagne bien plus ouverte qu’on ne le croit ! Et dans lequel les clivages classiques risquent de vite exploser. Tant mieux.

Robert Lafont

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