Raoult Covid 19 Coronavirus

Le Professeur Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection, estime que « toutes les mesures que nous avons prises jusqu’à présent sont totalement inefficaces. »

Que comprenons-nous aujourd’hui de l’épidémie et de ses moyens de contrôle ? 

On ne comprend pas grand-chose… Je vous invite par ailleurs à regarder sur notre site de l’IHU la merveilleuse conférence qu’a fait la semaine dernière Yohan Idis, qui est l’homme le plus connu au monde, le plus cité et le meilleur scientifique, sur le domaine de l’épidémiologie, des essais thérapeutiques. C’est un homme qui a une intelligence absolument exceptionnelle et des données extraordinaires. 

Ces données montrent deux choses, d’une part la très belle démonstration de la vanité des prédictions en montrant qu’il a regardé état par état les prédictions pour voir ce qui se passait et ça n’est jamais prédictif, ça ne marche jamais. 

Deuxièmement il a fait une réanalyse comme j’ai eu l’occasion de le dire de toutes les mesures sociales qui sont prises pour contrôler l’épidémie et qui montre que en comparant de pays à pays y compris parmi les extrêmes :  la Suède et la France qui montrent que rien n’est supérieur à rien et donc il n’y a pas de mesure de contrainte sociale qui a fait la preuve de son efficacité. 

Je vais vous le montrer par un autre élément qui me paraît très important, qui est un élément issu de notre institut. Sur ce premier schéma nous voyons qu’à partir du moment où l’épidémie de la Covid arrive, quasiment toutes les épidémies respiratoires sauf le rhinovirus, toutes ces infections respiratoires qui sont saisonnières ont quasiment disparu pendant la Covid-19. 

Donc, deux questions se posent. La première, c’est qu’il y a peut-être des phénomènes d’interférence entre les virus qui ont toujours fait que c’était difficile à prévoir.  Par exemple, les gens qui prédisent les épidémies de grippe ne pourront pas prédire qu’il n’y aura pas de grippe pendant l’hiver cette année. C’est imprévisible, il y a des phénomènes extérieurs, sociaux et viraux qui font que c’est totalement imprévisible. D’une année sur l’autre il n’est pas possible de prévoir cela. 

La deuxième chose, c’est que les mesures de distanciation ou de lavage des mains où de nettoyage à l’alcool que nous avons pris, ont probablement eu un rôle bénéfique sur la disparition des infections respiratoires et digestives mais pas du tout sur la Covid. Cela signifie, que toutes les mesures que nous avons prises jusqu’à présent sont totalement inefficaces. 

Ce qui soulève une question, qui est la nature de mon interrogation scientifique et qui est la raison pour laquelle je parais si hostile aux modélisations ou aux prédictions. Premièrement, vous voyez pour la grippe qui est une maladie que l’on connaît depuis très longtemps, nous ne pouvons rien prédire du tout, mais alors, pour une maladie qu’on connaît pas c’est encore plus compliqué. 

Il y a une chose tout à fait extraordinaire qui a été publiée en 2014, il y a 6 ans. Il y a des gens en Chine, à Hong-Kong, qui ont ré analysé tous les cas de la première épidémie du virus qui est le plus proche de la Covid, c’est le Sars, appelé maintenant, le Sars 1.  Ces gens, ont fait un travail de fourmi pour essayer de détecter tous les cas qui avait été positif autour de cet hôtel de Hong Kong dont on pensait que c’était l’épicentre et donc, ils ont regardé le nombre de cas positifs et le nombre de cas contacts. Sur cette publication qui est accessible, l’on voit en réalité et contrairement à ce qu’on pensait, que le Sarce n’était pas transmis majoritairement par l’environnement, ni par les contacts directs, mais qu’il y a eu des gens qui ont été contaminés jusqu’à 200 mètres des personnes affectées. 

Cela peut expliquer pourquoi nous n’avons jamais démontré ça pour les autres virus respiratoires, cette distance incroyable qui peut y avoir entre les cas infectés et les cas qui vont être infecté peut expliquer pourquoi nos mesures sont toutes, en réalité veines,  parce que nous n’avons pas les moyens d’empêcher que des gens à 200 mètres de là puissent être infecté, puisque aucun moyen nous permettrait de faire cela,  sauf si nous mettions tout le monde en prison et encore même si nous mettions les gens dans des prisons individuel vous voyez ce qu’il s’est passé avec les visions, à la fin tout le monde est infecté. 

Donc, ceci montre un échec de l’efficacité des mesures que nous avons prises pour lutter contre la Covid-19 et c’est très certainement par un manque de connaissance. Il faut donc essayer de comprendre comment se transmet ce virus que pour l’instant nous ne connaissons pas. C’est un premier problème de fond, sur lequel il faudra bien essayer d’avancer. 

Et qu’en est-il des variants ?

Pour les variants, les choses ne sont pas plus compréhensibles que pour le reste. Donc, si nous regardons les données qui sont disponibles sur le site de dépôt international des séquences, nous voyons qu’il y en a un, le plus fréquent, qui semble être né en France.

Les premiers cas décrit ce sont nous et les gens d’Occitanie. Il y a également, celui-ci, qui est assez fréquent et qui est né en Espagne. Et il y en a un autre, celui qu’on appelle le variant anglais. En fonction des pays, si l’on regarde des cartes, vous voyez que le tableau de répartition des variants est complètement différent d’un pays à l’autre. Nous ne savons pas très bien pourquoi les variants se distribuent d’une manière tellement différente d’un pays à l’autre. 

L’intégralité de cet entretien est à retrouver sur la chaine Youtube de l’IHU Méditerranée-Infection

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

dix-neuf − dix-huit =