Daniel Harari, 67 ans, président de Lectra.

N’est-ce pas le moment, en période de basculement et de capitaux abondants, de lâcher la bride aux ambitions ?

Face à la crise ou aux problèmes, il y a deux attitudes : faire le dos rond ou au contraire profiter de l’état de sidération pour contre-attaquer et mener l’offensive. C’est précisément ce qu’a tenté et réussi l’entrepreneur bordelais Daniel Harari, 67 ans, président de Lectra (236 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020) à Cestas (Gironde), qui met à profit la période de pandémie pour racheter son principal concurrent (165 millions d’euros de revenus annuels).

Une magnifique opération pour le numéro un mondial de la découpe de tissus qui met la main sur l’américain Gerber Technology.
« Nous aurions pu nous recroqueviller sur nous-même, déclare aux Echos le patron de Lectra. Mais lorsque je me suis posé la question de savoir comment mettre la crise à profit pour nous renforcer, la réponse à été évidente.“ La reprise de son principal concurrent depuis 32 ans pour quelques 300 millions d’euros donne naissance à un géant de l’industrie 4.0 qui devrait réaliser 482 millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2022 avec 1700 collaborateurs dans 34 pays.

Lazard et Goldmann Sachs opèrent en coulisse pour les deux parties. Un beau deal pour Daniel Harari, le patron, HEC de 67 ans, qui reste premier actionnaire de Lectra avec 14,6 % du capital devant le fonds américain API American Industrial Partner (13,3 %), d’une PMI française leader mondiale et cotée en bourse sur Euronext Paris. Il n’y a pas de crise, il n’y a que des opportunités !

Robert Lafont

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