La France a été dilapidée par les mondialistes, les européistes et la finance internationale

Stephane Lemouton/Pool/ABACAPRESS.COM

Tribune. Robert Lafont a écrit : « L’avenir est au souverainisme libéral : Etat fort sur le régalien et des acteurs de la société civile libérés et prospères pour une nation qui marche sur deux jambes. »

Je ne sais s’il s’agit de souverainisme libéral, mais je suis sûr qu’il s’agit de Gaullisme. Ajoutons un Plan à la Française, c’est à dire un Plan incitatif, puis la volonté de mener le seul combat qui vaille : celui de l’homme, et nous énonçons le remède qu’il faut administrer à la France, celui apporté par le Général de Gaulle, avec le plan Rueff / Pinay et des hommes qui l’entouraient et qui étaient de qualité.

Bien sur que ce souverainisme libéral a sous Napoléon III fait démarrer l’économie française, mais l’époque n’était pas la même, le transport moins rapide, l’information réduite à sa plus simple expression et l’Etat ne possédait pas les moyens de recherche qu’il possède aujourd’hui : INSEE, par exemple. Pompidou a eu l’excellente idée de continuer l’œuvre mise en place par le Général. Malheureusement, il est parti trop tôt, j’en ai parlé souvent avec Madame Marie-France Garaud à la radio. Elle répondait oui bien sûr, mais sa préoccupation n’était pas là. Pour ce qui est de Giscard, les premiers mois passés avec un Chirac à Matignon furent une catastrophe. Raymond Barre a dû remettre les affaires en ordre, pas facile de juger. Un ancien conseiller de Mitterrand (propos tenus la semaine dernière) me dit qu’il fut une catastrophe pour la France.

Seulement, tous ces gens étaient « des bons » chacun dans son domaine. Aujourd’hui, notre classe politique se traine lamentablement au fond de la classe, prés du radiateur, où parait-il, c’est là qu’ils s’épanouissent. L’économiste américain cité par Robert Lafont a raison – « Etat mauvais entrepreneur, alors laissons faire l’entreprise ». Sauf que : l’Etat est le seul à pouvoir dessiner l’intérêt général. C’est une fois le cadre donné que la société civile peut faire son métier.

L’entrepreneur, le plus savant soit-il, ne possède pas les moyens, ni ne reçoit les données nécessaires pour avoir obtenir une vision complète de la situation : y a t-il trop de ceci ou pas assez de cela ? Seuls nos organismes spécialisés, mis à la disposition de l’Etat, qui le transmet aux entreprises, peut apporter cette information nécessaire pour éviter les crises. Mais là aussi, la situation s’est assombrie, l’Etat s’est séparé d’une énorme partie de ses pouvoirs et des cabinets spécialisés qui l’informaient. C’est désormais le cabinet américain de service qui donne son diagnostic et qui avance ses solutions.

Depuis juillet 1944, nous avons laissé le dollar monnaie nationale diriger le monde malgré le 15 août 1971. Ensuite, en 1973, nous nous sommes défroqués devant une idéologie en supprimant le système des taux de change fixes, puis mis à nu en libéralisant tout et n’importe quoi. Puis, vinrent la monnaie unique, la BCE, l’abandon de nos politiques monétaire et budgétaire. L’Etat est nu. Ses oripeaux ont été distribués aux mondialistes, aux européistes béats, à la finance internationale.

Il suffit de regarder l’inflation qui revient au galop. Entre 0 et 1 % pendant des décennies, puis à 8 et bientôt les deux chiffres. Seulement et c’est assez logique, la monnaie unique étant de valeur différente pour les Etats, nous rencontrons des taux d’inflation différents. Que ferait le docteur de famille ? Il administrerait à chacun de ses patients la thérapie adaptée à son cas. Que fait la BCE ? Elle impose le même remède: soit à l’Allemagne qui emprunte encore à taux négatifs, puis aux autres Etats membres qui empruntent à 4 %, voir plus. Mais nous sommes tombés sur la tête – souveraineté revient, ils sont tombés sur la tête !

Le Général de Gaulle arrive au pouvoir et lance une dévaluation de 17,5 %. Le coût de nos productions redevient compétitif. Puis, aussitôt après, il lance un un programme adapté à la maladie française. De quoi la France a t-elle besoin ? D’un PIB plus important, seule façon d’obtenir des recettes sans pomper dans les livrets des Français. Je reprends souvent les calculs de Monsieur Maurice Allais : si nous avions continué la bonne politique menée de 58 à 69, notre PIB serait au moins le double de ce qu’il est. Priorité des priorités : l’investissement et les Français peuvent investir. Seulement voilà, si tous les emprunts émis par le Général ont été largement couverts, c’est parce que les Français avaient confiance dans le monde politique d’alors.

C’est aux hommes de bonne volonté, ceux qui possèdent encore une certaine vision de la France, de bâtir un projet qui parle aux Français, qui dessine un avenir meilleur, qui nous fasse reprendre notre place en haut du podium. Oui, la France a besoin de plus d’Etat, d’un marché alimenté par des entreprises libérées du joug, mais surtout il faut rétablir la confiance.

Henri Fouquereau

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