Le nouveau président de la CGPME, encore peu connu du grand public, est un vrai patron de PME qui a su rester fidèle à son ancrage territorial tout en créant une filiale aux Etats-Unis.. 
 

Candidat unique, élu avec 97% des suffrages, le nouveau président de la CGPME est peu connu du grand public. Ses premières prises de position, sans langue de bois, laissent augurer une personnalité plus complexe qu’à première vue.

Le poids de l’histoire

La confédération patronale reste fortement marquée par celui qui l’a incarnée pendant 12 ans. S’il a rendu un vibrant hommage à Jean-François Roubaud lors de sa prise de fonction, le nouvel homme fort entend bien jouer sa propre partition.

Son profil correspond à celui de ses adhérents, ce qu’il revendique : «Je suis convaincu que seul un homme de terrain peut faire entendre la voix des petites entreprises». Et il peut s’appuyer sur 20 ans d’engagement, à la CGPME mais aussi à la Fédération française du bâtiment, dont il assure la vice-présidence depuis 2008.

Ancrage régional

Longtemps président de la CGPME Poitou-Charentes, François Asselin est un farouche partisan du maillage entrepreneurial du territoire. La société familiale n’a jamais quitté Thouars, une petite ville de moins de 10.000 habitants dans les Deux-Sèvres.

Une implantation provinciale qui ne limite pas les ambitions, puisque le dirigeant a créé une filiale aux États-Unis, à Atlanta (Géorgie) qui possède déjà plus d’une trentaine de références sur le marché américain.

Un vrai patron de PME

François Asselin a pris en 1991 la tête de l’entreprise fondée par son père, Gérard. Mais avant de rejoindre la PME familiale, à 29 ans, il a pris en charge le développement marketing d’une entreprise allemande.

Asselin Entreprise, qui réalise plus de 15 M€ de CA avec 140 salariés, est positionnée depuis les années 70 sur un marché de niche : la restauration des monuments historiques, avec une maîtrise de savoir-faire traditionnels en menuiserie, ébénisterie et ferronnerie.

Un job à temps plein

Pour assurer son rôle à la présidence de la CGPME, François Asselin ne peut plus consacrer qu’une journée par semaine à son entreprise. À ce nouveau poste, il perçoit «une rémunération plafonnée à trois fois le plafond de la Sécu, soit 7.000 € net environ». Loin des salaires des patrons du CAC 40 !

Des réalisations prestigieuses

Depuis les années 80, Asselin multiplie les références impressionnantes, comme le palais Garnier, la Villa Médicis, le château de Versailles (remplacement de 288 fenêtres) ou le château d’Eu (réfection des planchers, des boiseries et du plafond suite à un incendie).

L’entreprise a également reconstruit à l’identique l’Hermione, la frégate de plus de 65 m au bord de laquelle La Fayette a rejoint l’Amérique en 1780, mise à l’eau en 2014. Un chantier de 17 ans, qui a accueilli plus de 2 millions de visiteurs à Rochefort-sur-Mer.

Face au Medef

Depuis 1999, les patrons de PME ont adopté un discours plus offensif, qui devrait être conservé par son nouveau représentant, qui souhaite «encourager la prise de risques, en proposant moins de sécurité et plus de liberté dans le domaine économique».

Un discours qui rappelle celui du Medef, face auquel la CGPME a toujours eu un peu de mal à exister. Même si Pierre Gattaz a déclaré que «la CGPME n’a pas le monopole de la représentation des TPE-PME», François Asselin n’entend pas s’opposer frontalement au grand frère : «Si le Medef a les mêmes idées, on ne sera pas trop de deux pour se faire entendre…». Il est vrai que l’enjeu n’est pas dans la confrontation, puisque moins de 15% des entreprises françaises sont syndiquées.

Valeurs chrétiennes

On sait peu de choses sur la vie privée de ce père de 4 enfants, passionné d’histoire du XVIIIème, mais qui ne cache pas son engagement de patron chrétien : «Ma foi, c’est ma joie», explique le quinquagénaire qui se lève chaque matin une demi-heure plus tôt pour «un temps d’oraison».

D’ailleurs, la CFTC est le seul syndicat présent dans son entreprise, où le dialogue social «se passe d’homme à homme». Une position revendiquée par la CGPME, hostile aux obligations de représentations syndicales dans les entreprises de moins de 10 salariés.

Hors-la-loi !

«Je suis un hors-la-loi», affirme François Asselin, expliquant qu’il ne peut satisfaire à l’ensemble des formations obligatoires en termes de sécurité au travail et de prévention (69 dans le secteur du bâtiment).

«Si je voulais rendre quelqu’un employable, il faudrait grosso modo que je lui fasse d’abord faire 20 jours de formation», a même précisé le patron des petits patrons. Un discours concret qui parle à tous les dirigeants d’entreprise.

Références littéraires

Dans son premier discours, François Asselin a cité Montherlant («Mourir pour une cause ne suffit pas à la rendre juste» à propos des attentats de début janvier) et Balzac («Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites»). Aussi bien que La Princesse de Clèves !

Des revendications concrètes

Parmi les premiers dossiers portés par le nouveau président de la CGPME, la simplification administrative, un taux réduit d’impôt sur les sociétés pour les PME qui réinvestissent leur bénéfice et surtout la remise en cause des effets de seuil : «Quand vous passez de 49 à 50 salariés, vous avez 35 obligations administratives supplémentaires qui tombent sur les épaules du chef d’entreprise».

Un discours que le gouvernement semble aujourd’hui plus disposer à entendre.

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