(17h52) Coronavirus : plus d’un quart des Français opposé à un vaccin

Alors que les scientifiques du monde entier se livrent à une course contre la montre pour trouver un vaccin contre le coronavirus, les Français, eux, ne semblent pas pressés de se faire vacciner. D’après une étude* parue dans la revue médicale britannique The Lancet, plus d’un quart d’entre eux refuserait de se faire vacciner en cas de découverte d’un vaccin, qui ne sera pas disponible avant «mi-2021» a prévenu Edouard Philippe.

L’étude indique que 26% des personnes interrogées déclarent que si un vaccin contre le Covid-19 était disponible, ils ne l’utiliseraient pas. Le sentiment anti-vaccin serait particulièrement présent chez les individus à faible revenu (37%), qui sont, pourtant «généralement plus exposées aux maladies infectieuses», note l’étude.

Le rejet s’observe également chez les jeunes femmes entre 18 et 35 ans, pour qui 36% refuseraient de se faire vacciner, et ce, alors «qu’elles jouent un rôle crucial dans la vaccination des enfants». Enfin, 22% des personnes de plus de 75 ans n’iraient pas non plus se faire vacciner, alors même qu’elles sont en première ligne, face au coronavirus, en raison de leur âge. 

Les auteurs de l’étude montrent, par ailleurs, que l’opinion politique joue un rôle dans l’acceptation du vaccin. Ainsi, ceux qui ont voté pour les candidats «d’extrême gauche» en 2017, comme Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou, sont 32% à décliner un vaccin. Un pourcentage qui passe à 35% pour les personnes interrogées qui se sont abstenues ou ont voté blanc aux dernières élections.

A travers cette enquête, les chercheurs posent une question qu’ils jugent «cruciale» aux autorités françaises: «Que faire si les gens ne veulent pas le vaccin?» Selon eux : «Il est urgent de communiquer de manière transparente sur les processus de recherche en cours sur les vaccins afin d’éviter que ces derniers « ne deviennent partie intégrante des débats politiques».

*L’enquête a été réalisée, par internet, auprès d’un échantillon représentatif de la population française, âgée de 18 ans et plus, du 27 au 29 mars.

(16h45) Déconfinement : mobilisation pour « sauver » la filière livre

Un collectif de plus de 600 éditeurs, auteurs et libraires a publié, ce samedi, dans Le Monde, une tribune adressée au chef de l’État, Emmanuel Macron, afin qu’il agisse pour «sauver» la filière du livre mise en danger par l’épidémie de Covid-19, alors que le gouvernement dit travailler à un «plan de soutien».

«L’État se doit d’empêcher l’effondrement de cette filière vitale pour toute notre société. De nombreuses librairies et maisons d’édition, connues et reconnues, et les auteurs, illustrateurs, traducteurs, comme tous les créateurs du livre, ne se relèveront pas si toute la filière ne bénéficie pas d’un plan de relance rapide et ambitieux» plaident les signataires, dont le prix Nobel, Patrick Modiano, l’éditeur Antoine Gallimard ou encore le romancier Guillaume Musso.

La fermeture complète des librairies a entraîné, pour celles-ci, une perte de la quasi-totalité de leur chiffre d’affaires et de plus de 80% pour les maisons d’édition, rappellent les signataires de la tribune publiée par Le Monde. «Distributeurs, diffuseurs et imprimeurs ont de ce fait été lourdement affectés. Les auteurs, privés de ventes de livres et de rencontres rémunérées, connaissent une perte de revenus sans précédent », soulignent-ils. «Il y a désormais une urgence absolue à intervenir avant l’été» insistent les signataires qui souhaitent «une aide de plusieurs centaines de millions d’euros» pour la filière livre.

«Si un plan de relance ambitieux en faveur du livre et de la lecture n’est pas enclenché, de nombreux acteurs vont disparaître, d’autres vont devoir lutter pour seulement survivre» ont indiqué par ailleurs le Syndicat national de l’édition (SNE), le Syndicat de la librairie française (SLF) et le Conseil permanent des écrivains (CPE) dans un communiqué commun adressé à l’AFP. «Le livre fait figure de grand oublié» regrettent le SNE, le SLF et le CPE qui estiment que «le montant prévu de cinq millions d’euros apporté par le Centre national du livre est tout à fait insuffisant » pour sauver la filière.»

Le ministre de la Culture, Franck Riester a annoncé, ce vendredi, sur son compte Twitter, qu’il travaillait avec le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, «à un plan de soutien de la chaîne du livre, en concertation avec l’ensemble des professionnels de la filière». Il a promis des mesures «à la fin de la semaine prochaine».

(15h18) Gabriel Attal : « Les milliardaires ne donnent pas assez »

Pendant le confinement, le secrétaire d’Etat Gabriel Attal, en charge de la Jeunesse, s’était fixé comme objectif d’inciter les Français à devenir des combattants bénévoles. Avec son site Jeveuxaider.gouv.fr, lancé le 23 mars, ce chantre du «community service» a réussi à lever une armée de 30.000 volontaires pour distribuer des colis et des repas aux plus démunis, garder des enfants de soignants, porter des courses aux personnes âgées, faire à distance du soutien scolaire ou coudre des masques…

Il en est sorti émerveillé de l’élan de générosité extraordinaire soulevé par la crise. Pour beaucoup, c’était leur premier engagement et une révélation! «Les dons de particuliers aussi ont afflué» salue-t-il, mentionnant l’alliance «Tous unis contre le virus» créée par la Fondation de France, les Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Institut Pasteur, qui a récolté 27 millions d’euros en moins d’un mois.

A l’heure du déconfinement, Gabriel Attal relève un autre défi: convaincre les très grandes fortunes de montrer le même élan philanthropique face à l’urgence sociale. Car, alors que les hôpitaux se désengorgent, les dégâts économiques se révèlent, qui frappent durement les plus modestes. Moins d’intérim, fin des petits boulots, absence de cantine scolaire et certains peinent à payer leur loyer et à manger à leur faim.

Le Secours populaire, les Restos du cœur, l’Armée du Salut, la Croix-Rouge, voient les demandes d’aide exploser de 30 %. Et là, le fringant apôtre d’une philanthropie à la française se satisfait moins du silence d’une certaine catégorie de Français. «Face à cette crise qui creuse les inégalités et met en jeu la cohésion sociale, j’attends des gestes forts de la part des plus fortunés afin d’afficher leur solidarité.»

Les ultra-riches ont certes mené des actions d’aide mais sous la bannière de leur entreprise… LVMH, contrôlé par Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, a fait fabriquer du gel hydroalcoolique et offert 40 millions de masques aux hôpitaux. L’Oréal (Françoise Bettencourt-Meyers) et les groupes de Martin Bouygues et Vincent Bolloré en ont aussi fait livrer. Hermès (contrôlé par une centaine de descendants de Thierry Hermès) a versé 20 millions d’euros à l’AP-HP, et Chanel (frères Wertheimer), 1,2 million. Kering, aux mains de la famille Pinault, a donné 2 millions aux hôpitaux italiens et aidé l’AP-HP pour l’achat de 60 imprimantes 3D. On reste loin de la générosité des magnats américains qui dorent leur image en déboursant, sur leurs propres deniers, 100 millions de dollars comme Bill Gates, Jeff Bezos ou Michael Dell, voire 1 milliard comme le cofondateur de Twitter, Jack Dorsey, soit le tiers de sa fortune!

Une donation financière personnelle, l’expression publique d’une solidarité envers les éprouvés, voilà ce que le jeune ministre veut encourager. Mais Arnault, Pinault et consorts n’ont-ils pas des raisons d’être refroidis après les critiques sur leurs assauts de générosité pour réparer Notre-Dame incendiée? «Justement, il leur a été reproché de donner pour le patrimoine plutôt que pour faire reculer la pauvreté, je plaide pour un Notre-Dame du social!»

Et, dans cette France championne des impôts, les riches ne sont-ils pas en droit de penser que c’est à l’Etat-providence de prendre en charge les plus fragiles? «L’Etat donne énormément dans cette crise. Outre le chômage partiel, nous avons débloqué des aides ciblées, un milliard pour les plus pauvres, 150 millions pour les étudiants et jeunes précaires, 55 millions pour les associations d’aide alimentaire et aux sans-abri.» C’est encore trop peu, dixit les organisations humanitaires. «Mais l’Etat ne peut pas tout. Tous les citoyens se doivent de contribuer à l’effort… à hauteur de leurs moyens.»

Enfin, cet appel n’est-il pas qu’un contre-feu face aux revendications qui fusent de rétablir l’ISF? L’ex-militant socialiste assume: «Nous avons donné des marges de manœuvre aux plus fortunés pour investir dans l’économie productive et tirer le pays.» Mais il admet que, en matière de philanthropie, le compte n’y est pas. La fin de la défiscalisation ISF a même fait baisser les dons. «En France, les milliardaires ne donnent pas assez et, en plus, ne le font pas savoir, regrette-t-il. C’est le moment de montrer leur engagement.»

(14h24) Outre-Mer : 186 personnalités et associations se mobilisent…

Dans une lettre ouverte au Président de la République, Patrick Karam, ancien délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-Mer, ainsi que 52 personnalités et 133 associations dénoncent le manque de moyens dédiés au système de santé des territoires d’outre-mer et s’inquiètent des conséquences économiques et sociales de l’épidémie de Covid-19 pour les habitants ultramarins. Ils demandent un plan d’investissements massifs et dévoilent des propositions. Extraits…

«Monsieur le Président de la République, nous souhaitons vous alerter sur les conséquences de la crise sanitaire qui pourraient être dramatiques pour nos territoires d’outre-mer, qui sont sous la menace d’une crise économique, sociale, morale et politique sans précédents.»

«Certes, nous nous félicitons que la catastrophe annoncée sur ces territoires n’ait pas eu lieu. Dans une note du 8 avril, le conseil scientifique Covid-19, prédisant le pire, annonçait que l’épidémie pourrait exploser avec trois ou quatre semaines de décalage par rapport à l’hexagone et soulignait les facteurs de risques liés à la prévalence plus forte du diabète, de l’hypertension et de l’obésité. Certes, la jeunesse de la population joue en faveur de certains territoires mais la saturation habituelle des hôpitaux, la vétusté et les carences en infrastructures de santé risquaient d’entrainer la paralysie rapide du système de santé.»

«D’autres facteurs de fragilité rentrent également en compte. Il y a d’abord la pauvreté beaucoup plus importante qui donne d’autres priorités, celle de survivre tous les jours car le confinement pénalise les plus vulnérables. A Mayotte, où 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, des violences opposent déjà jeunes qui refusent le confinement et forces de l’ordre. Comme en Guyane, les spécialistes y craignent les émeutes de la faim. De plus, l’habitat parfois insalubre rend le confinement impossible. Rappelons qu’à Mayotte 30% de la population n’a pas accès à l’eau courante. On peut également évoquer les coupures d’eau tournantes et longues, très répandues, notamment en Guadeloupe et en Martinique, à rebours des injonctions gouvernementales.»

«Alors que le pire était à craindre, le nombre de cas de Covid-19 déclarés est resté relativement limité, environ 2.200 cas pour 2,6 millions de Français ultramarins. En dehors de Mayotte, qui restera le seul territoire français où le confinement sera prolongé après le 11 mai en raison de la circulation active du virus, le nombre de nouveaux cas a nettement diminué en Outre-mer et plusieurs territoires ont connu des contaminations marginales. Cela semble s’expliquer par les mesures strictes prises très rapidement par rapport au développement de la pandémie par les préfets ou les Hauts-Commissaires des différents territoires : confinement généralisé, couvre-feu et quatorzaine préventive notamment.»

«Mais il faut prendre conscience que les territoires d’outre-mer sont passés tout près d’une hécatombe à laquelle nous aurions assisté impuissants, même si tout danger n’est pas écarté, comme le montre, hélas, la situation à Mayotte. Cette crise a joué le rôle d’un révélateur des carences structurelles et de la paupérisation dramatique de nos territoires d’outre-mer, dénoncées année après année dans différents rapports et encore récemment par le Conseil Economique, Social, Environnemental, en janvier 2020. Elle doit être une opportunité pour revoir les relations entre les territoires d’outre-mer et la République.»

«Déjà largement touchés par la pauvreté, le chômage, les retards économiques et des carences criantes des systèmes de santé et d’éducation, les territoires d’outre-mer seront, à quelques exceptions près, très durement frappés par les répercussions de cette crise sanitaire, et le choc sera plus violent pour les territoires dépendant des échanges extérieurs et du tourisme, notamment international, comme la Polynésie.»

«Cette crise met en lumière le profond malaise des sociétés ultramarines. Les Français d’outre-mer ne veulent plus être marginalisés dans la République et ils posent la question de la présence et de l’efficience de l’Etat. Ils revendiquent aussi l’égalité. Ils sont Français mais la France les considère-t-elle comme tels?»

«Il est grand temps que la République assume ses responsabilités. Il faut considérer la légitimité des demandes de remise à plat du système car depuis plus de sept décennies, malgré les progrès, on est loin du compte. Les Outre-mer souffrent de chômage, de vie chère, de pauvreté, de carences en équipements mais aussi d’injustice. Il faut une vraie ambition. Celle-ci répondrait enfin aux aspirations de générations d’ultramarins désireux d’atteindre une égalité par rapport à la moyenne hexagonale dans tous les indicateurs en moins d’une génération.»

«Il faut désormais que l’Etat se réengage et dégage les moyens d’un plan d’investissements massifs sur toutes les infrastructures qui porteraient sur les hôpitaux, l’accès à l’eau, au traitement des déchets, à l’électricité, à l’économie numérique, verte et bleue, mais aussi des moyens pour l’éducation, la santé, la lutte contre la pauvreté et l’illettrisme.»

«Les pistes de travail pour les entreprises sont connues: à terme, la mise en place de zones franches globales portant une exonération totale des cotisations sociales et fiscales sur l’ensemble du territoire et des activités (hors grande distribution, assurance, poste et banque), y compris sur les revenus de cadres spécialisés, jusqu’à 5 SMIC. Et sur le court et moyen terme, pour aider les structures dans les secteurs agricoles, de la pêche, de l’industrie, du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration, du petit commerce, de l’économie sociale et solidaire mais aussi les associations culturelles et sportives, à surmonter cette crise. L’abandon des créances d’Etat et de l’Urssaf est un préalable ainsi que la prise en charge, dans sa totalité, de la garantie d’Etat pour les TPE et PME, avec un moratoire de remboursement sur 5 ans, de façon à permettre la reconstitution de la trésorerie, si durement éprouvée. Pour les autres secteurs, non concernés par cette liste, procéder à des reports longs de charges et d’impôts, dès lors que leur survie en dépend, avec une appréciation au cas par cas.»

«En l’absence de telles mesures, l’outre-mer risque de se transformer en une véritable poudrière. Les conséquences sociales, économiques et politiques d’une déflagration généralisée seraient terribles: montée du chômage, de la pauvreté, de la précarité et même de l’insécurité alimentaire. Tout cela pourrait favoriser le développement de mouvements sociaux extrêmement durs et créer une défiance irréversible avec la République.»

«Monsieur le Président, nous vous sollicitons avec espoir et confiance. Le président Sarkozy avait compris, après la crise de 2009, que le véritable ministre des Outre-mer est le président de la République lui-même, directement, au-delà du titulaire du poste ministériel. Jacques Chirac comme François Hollande en avaient sans doute la même conscience. Car c’est bien le chef de l’Etat qui est en première ligne dans les crises et toute déflagration l’interpelle, l’expose personnellement.»

(13h52) Coronavirus : Hertz en faillite aux USA et au Canada

Le loueur de voitures américain Hertz, plus que centenaire et connu dans le monde entier, s’est placé vendredi sous le régime américain des faillites, décimé par la pandémie de Covid-19. Pour l’heure, cette procédure ne concerne que ses opérations aux Etats-Unis et au Canada, a précisé le groupe emblématique dans un communiqué.

Elle épargne ainsi ses principales régions opérationnelles notamment l’Europe, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. «L’impact du Covid-19 sur la demande de voyages a été soudain et dramatique, entraînant une baisse brutale des revenus de la société et des réservations futures» a expliqué le groupe.

Hertz indique avoir pris des «mesures immédiates» donnant la priorité à la santé et la sécurité des employés ainsi que de ses clients. Il a en outre éliminé «toutes les dépenses non essentielles». «Cependant, l’incertitude demeure quant au retour des revenus et à la réouverture complète du marché (…) ce qui a nécessité l’action d’aujourd’hui» ajoute-t-il.

Le 21 avril, Hertz avait déjà annoncé supprimer 10.000 emplois en Amérique du Nord, soit 26,3% de ses effectifs mondiaux, pour faire des économies face aux incertitudes provoquées par les mesures pour endiguer la pandémie. Ce vendredi, le groupe a précisé que ce sont même 20.000 personnes au total qui ont été licenciées, soit environ la moitié de ses effectifs mondiaux.

Aux Etats-Unis, le recours au chapitre 11 est un dispositif qui permet à une entreprise n’arrivant plus à rembourser sa dette de se restructurer à l’abri des créanciers. Hertz n’a pas évoqué le montant de sa dette, mais le Wall Street Journal faisait état, ce vendredi, d’une dette d’environ 19 milliards de dollars et près de 700.000 véhicules en grande partie inutilisés à cause du coronavirus.

«La réorganisation financière fournira à Hertz une voie vers une structure financière plus robuste qui positionnera au mieux la société à l’avenir» a estimé Hertz. Le PDG du groupe cité, dans le communiqué, Paul Stone, a déclaré: «Hertz a plus d’un siècle de leadership dans l’industrie et nous sommes entrés en 2020 avec une forte dynamique de revenus et de bénéfices» a déclaré

Mais la pandémie a mis un coup d’arrêt à l’activité et la direction du groupe redoute que la reprise ne tarde à se concrétiser. En outre, la question reste entière sur la capacité du groupe à retrouver sa clientèle d’affaires alors que la pandémie a généralisé le télétravail. La société basée à Estero, en Floride, employait 38.000 personnes fin décembre, dont 29.000 aux Etats-Unis.

Depuis quelques années, Hertz était certes aux prises avec la concurrence dont Avis Budget et les services de covoiturage tels que Uber. La société avait ainsi essuyé une quatrième perte nette annuelle consécutive en 2019. Mais 2020 avait bien démarré avec une hausse du chiffre d’affaires de 6% en janvier et de 8% en février comparé aux mêmes mois de l’an passé. Cette faillite illustre l’ampleur de la crise que les Etats-Unis traversent actuellement, conséquence de la paralysie de pans entiers de l’économie notamment les transports et le tourisme, dans un effort pour contenir la propagation du virus.

(13h02) Football professionnel : lancement de la saison les 22 et 23 août

Le conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP), qui s’est réuni, ce mercredi, a mis en ligne un procès verbal, consulté, ce samedi, par l’AFP. La LFP précise qu’il ne s’agit que d’un calendrier provisoire, dans l’attente des annonces que doit faire l’UEFA sur ses compétitions européennes, lors du prochain comité exécutif le 17 juin. Il est écrit, aussi: «Néanmoins, au-delà des dates définitives des journées de compétitions, après consultations des diffuseurs Médiapro, Canal+ et beIN Sports, les dates de début de saison peuvent être fixées le 22 août pour la Ligue 2 et le 23 août pour la Ligue 1» est-il écrit.

Le 30 avril, après avoir acté l’arrêt définitif de l’exercice 2019-2020, le directeur exécutif général Dider Quillot avait indiqué que la Ligue souhaitait démarrer la saison suivante au plus tard les 22 et 23 août. Parmi les grands championnats en Europe, la France est le seul pays où la fin de saison a été actée définitivement, sur injonction du gouvernement. La Bundesliga a repris le week-end dernier et la Liga devrait redémarrer dans la semaine du 8 juin. Les discussions se poursuivent en Italie et en Angleterre.

Le sort des finales de Coupe de la Ligue (PSG/Lyon) et de Coupe de France (PSG/Saint-Etienne) reste incertain. Selon le procès verbal de la LFP, «la programmation des finales de Coupe de la Ligue et de Coupe de France est toujours en attente d’informations plus précises du Gouvernement pour envisager les conditions de leurs organisations».

(12h02) Coronavirus : le point sur l’épidémie en France

Ce vendredi soir, plus de deux mois et demi après le début de l’épidémie de coronavirus, la Direction générale de la santé a confirmé dans son point quotidien que le nombre de cas graves continuait de reculer. En effet, selon la DGS, 17.383 personnes sont hospitalisées, pour une infection au Covid-19, contre 17.583 hier (et 19.861 il y a une semaine), annonce la Direction Générale de la santé. 1.701 malades atteints d’une forme sévère de Covid-19 sont hospitalisés en réanimation, contre 1.745 hier.

Aussi, 263 nouvelles admissions ont été enregistrées en 24 heures (contre 438 il y a une semaine). Le solde reste négatif en réanimation, avec 44 malades de COVID-19, en moins, par rapport à hier. C’est 4 régions (Ile de France, Grand-Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France) qui regroupent 71% des patients hospitalisés en réanimation.

En Outre-Mer (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Mayotte), on relève 103 hospitalisations, dont 17 en réanimation. Ne sont toutefois pas précisées les données relatives à la mortalité. La DGS indique que ces données seront actualisées lundi 25 mai. Depuis le début de l’épidémie, 100.038 personnes ont été hospitalisées, dont 17.671 en réanimation et 64 209 personnes sont rentrées à domicile. 

(11h43) Coronavirus : le professeur Raoult dit-il vrai ?

C’est évident, il ne partira pas exercer en Chine, car il est trop bien à Marseille. Et il entend bien continuer à peser dans le débat en France. Après avoir vu Donald Trump adopter le fameux traitement à l’hydroxychloroquine dont il vante les mérites, le professeur Didier Raoult continue d’occuper l’espace médiatique. Dans un bulletin vidéo d’information, diffusé mardi 19 mai, le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) en maladies infectieuses de Marseille compare les courbes de l’évolution de l’épidémie de coronavirus à Paris et à Marseille

Dans cet extrait, l’infectiologue déclare : «La mortalité de Paris est plus de cinq fois supérieure à celle de Marseille, c’est-à-dire que quand une personne mourait à Marseille, il en mourait un peu plus de cinq à Paris.» Didier Raoult poursuit: «Et l’on voit que ce n’est pas parce que les gens étaient plus âgés, parce qu’il y a des jeunes qui sont morts, en Ile-de-France. Donc il y a une grande différence dans la prise en charge, ce qui doit amener à se poser des questions très sérieuses sur la gestion de l’épidémie dans cette partie de la France.» Des affirmations que France Info a voulu vérifier…

Premier point important pour juger de la véracité des propos du professeur Raoult: les données utilisées. Celles relatives à la mortalité, accessibles sur Santé publique France, ne sont pas lisibles par commune mais uniquement par département. Si on a donc connaissance du nombre de morts par million d’habitants pour Paris (759), qui est également un département, ce n’est pas le cas pour Marseille (Didier Raoult évalue ce chiffre «aux alentours de 140», expliquant avoir croisé les chiffres des hôpitaux avec ceux de l’ARS). Il n’est donc pas possible de comparer des données précises entre les deux villes, mais uniquement entre la capitale et les Bouches-du-Rhône, dont Marseille est la préfecture.

Les données départementales accessibles sont cependant claires: il y a bien eu trois à neuf fois plus de décès associés au Covid-19 dans les hôpitaux parisiens que dans ceux du département du Sud-Est, sur l’essentiel de la période allant de mi-mars à mi-mai. Et au total, il y a eu 3,3 fois plus de morts du Covid-19 dans la capitale que dans les Bouches-du-Rhône.

Autre indicateur à avoir en tête: les données d’âge, uniquement disponibles par région sur Santé publique France. Là encore, impossible de comparer précisément entre les deux grandes villes. Le nombre de patients décédés en dessous de 60 ans, est cependant bien plus élevé en Ile-de-France qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les constats chiffrés avancés par le professeur Didier Raoult sont donc justes, mais ils concernent la région, difficile de conclure pour la seule ville de Marseille.

Concernant «la prise en charge» des patients, que Didier Raoult estime moins efficace à Paris, c’est une conclusion que l’épidémiologiste Catherine Hill juge hâtive. Cette médecin qui exerce au centre Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) estime que «la dynamique de l’épidémie n’a pas été la même dans toutes les régions de France. Elle est arrivée plus tardivement à Marseille» poursuit la chercheuse. «Cette comparaison n’a pas de sens, assène Catherine Hill. On ne peut pas comparer des régions de France où le virus a beaucoup circulé et d’autres où le virus a peu circulé.» Selon la chercheuse, la mise en place du confinement a ainsi permis de juguler à temps l’épidémie en Paca (Provence Alpes Côte-d’Azur ndlr). 

Autre paramètre, non négligeable: les lieux d’hospitalisation et de résidence des patients. Les hôpitaux parisiens n’ont, par exemple, pas uniquement accueilli des habitants de la capitale. «Beaucoup de Franciliens se rendent dans les hôpitaux parisiens. La mortalité à Paris n’est pas forcément celle des gens qui habitent Paris» explique l’épidémiologiste. En reportant les décès au niveau régional, on obtient toutefois un taux de décès qui reste plus important en Ile-de-France: 56 décès pour 100.000 habitants, contre 17 pour 100.000 en Paca.

Pour Emmanuel Rusch, président de la Société française de santé publique (SFSP): «La chronologie de l’épidémie a également entraîné une saturation différenciée des services de réanimation particulièrement importante en Ile-de-France et dans le Grand-Est, des régions que l’on peut comparer, ou en tout cas mettre en parallèle. J’aurais tendance à dire que la situation de l’Ile-de-France est très particulière.» L’épidémiologiste pointe notamment du doigt «la forte densité de population de la capitale»: 20.781 habitants au km², soit près de six fois plus qu’à Marseille (3.583 hab/km²), selon les données de l’Insee. De quoi accroître, en théorie, la circulation du virus. «C’est aussi un lieu de transit» renchérit l’épidémiologiste.

Quant aux jeunes patients décédés en plus grand nombre dans les hôpitaux parisiens des suites du Covid-19, signe d’une moins bonne qualité de prise en charge selon Didier Raoult, Emmanuel Rusch se montre plus nuancé: «On est sur des petits effectifs, je ne suis pas sûr qu’on puisse en tirer des analyses statistiques très robustes. Il faudrait voir aussi les comorbidités qui touchent ces jeunes, ajoute l’épidémiologiste, il n’y a pas que l’âge qui intervient dans le critère de fragilité. Il est trop tôt pour avoir l’ensemble des éléments d’explication qui permettent de discuter les raisons de ces différences de mortalité.

L’épidémiologiste alerte sur le fait qu’il est impossible de pouvoir réussir à distinguer une seule raison, la prise en charge des patients, selon le Dr Didier Raoult, qui expliquerait les écarts de mortalité: «C’est se tromper. C’est une conjonction d’éléments que nous n’avons pas à ce jour.»

(11h29) Coronavirus : « La France est dans une bonne trajectoire »

Christian Bréchot, virologue, président du Global Virus Network et ancien directeur de l’Inserm et de l’Institut Pasteur, s’exprimait, ce vendredi, sur France Info. Extraits…

Sur le virus, en voie de disparition en France

«Je pense qu’il faut vraiment être prudent. On est dans une évolution qui est favorable et d’ailleurs cette évolution très favorable, on la voit dans de très nombreux pays et sur différents continents, c’est évidemment très positif. Mais enfin, il faut vraiment quand même être encore prudent parce que d’une part, vous avez d’autres pays où les chiffres continuent à augmenter, par exemple aux États-Unis. Alors, il ne faut pas qu’on raisonne uniquement en franco-français, parce que ce qui se passe autour de nous va évidemment avoir un impact sur le risque de seconde vague. Par ailleurs, au niveau français, on dépend d’événements qu’on ne maîtrise pas toujours. Le grand facteur qui pourrait malheureusement faire revenir une deuxième vague, ce seraient des grands rassemblements, des personnes qui ne respecteraient pas les mesures de distance ou les lavages de mains, des mesures simples, mais qui doivent être mises en place. Et ça, c’est difficile à prédire. Donc, je dirais que on est vraiment dans une bonne trajectoire, mais que ce serait irresponsable, à mon avis, de crier victoire dès maintenant.»

Sur la deuxième vague prévue

«Personnellement, je préfère me tromper en essayant d’aider à ce qui il y ait une préparation pour qu’on puisse répondre à des difficultés éventuelles que l’inverse. Je trouve qu’on a suffisamment pâti, dans cette pandémie, du fait que l’on n’était pas assez bien préparé. Maintenant, on est en train d’en sortir, on a une évolution favorable. Si la première chose que l’on fait c’est de déclarer, parce qu’on a eu quinze jours bons, que c’est fini et que ce n’est plus la peine de faire attention, on prend un risque. Il faut avoir encore une fois une très grande humilité par rapport à un virus qu’on connaît encore mal et des études qui sont relativement récentes.»

Sur des deuxième vague dans d’autres pays

«Dans le nord de la Chine, actuellement, vous avez une recrudescence qui n’est pas énorme, mais elle existe. Singapour a eu une deuxième vague qui a frappé, parce qu’il y avait des dortoirs avec des immigrants et qu’il y a eu un effet de masse, ça a relancé l’épidémie alors que les résultats étaient bons. Encore une fois, je pense que l’évolution est vraiment favorable actuellement. La seule chose que l’on puisse dire c’est que les deux mesures qui ont marché de façon certaine, c’est dans des pays comme la Corée du Sud, Taïwan ou Singapour et dans une certaine mesure l’Allemagne, qui ont très tôt diagnostiqué, tracé et isolé. Et la seconde chose, c’est le confinement, parce que l’on peut dire ce que l’on veut, le confinement ça a marché après, même si ça ne résout pas le problème sur le long terme.»

(11h04) Déconfinement : l’accès aux lieux de culte de nouveau autorisé

Quatre jours après une décision du Conseil d’Etat demandant au gouvernement de lever l’interdiction des cérémonies religieuses, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19, le gouvernement va les autoriser à nouveau. Ce sera fait rapidement à partir de la publication d’un décret détaillant les conditions, a annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué ce vendredi soir. 

Le décret, à paraître, qui entrera immédiatement en vigueur, prévoit que: «Les lieux de culte seront tenus, comme tous les autres établissements recevant du public, de respecter les gestes barrières ainsi que les mesures de distanciation physique» fait savoir le ministère de l’Intérieur, également en charge des cultes. «Les organisateurs s’assureront du respect de la règle de la distanciation physique d’au moins un mètre entre deux personnes, en déterminant ce faisant le seuil maximal de fréquentation. Dans les lieux de culte, le port du masque sera obligatoire.» détaille la Place Beauvau.

Lundi, le Conseil d’Etat, saisi en référé par plusieurs associations et requérants individuels, avait estimé dans une ordonnance que cette interdiction portait «une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de culte» et avait enjoint le gouvernement de la lever « dans un délai de huit jours».

(10h38) Parcs et jardins à Paris : « Une question de santé publique »

Le gouvernement reste toujours opposé à la réouverture au public des parcs et jardins, à Paris, que réclame la maire socialiste, Anne Hidalgo, selon un courrier du Premier ministre Édouard Philippe que l’Agence France-Presse a pu consulter, ce vendredi. «L’Île-de-France étant, dans son ensemble, toujours classée dans la catégorie rouge, il n’est pas envisageable, à ce stade, d’y autoriser l’ouverture des parcs et jardins» écrit le chef du gouvernement, dans cette lettre datée de mercredi.

Édouard Philippe cite ensuite trois conditions qui pourraient amener un changement: «une évolution favorable de la situation sanitaire, la mise en place d’un cahier des charges précis et, enfin, une application homogène des règles du déconfinement à toute l’Île-de-France.» Il invite enfin Anne Hidalgo, comme les autres maires franciliens, à engager «une concertation», à la fois entre élus et avec les préfectures de police et de la région.

Anne Hidalgo plaide depuis le déconfinement pour la réouverture des parcs et jardins, à Paris, y voyant «une question de santé publique». «Si vous n’ouvrez pas les parcs et jardins à la promenade, pour y faire du sport, pour marcher, pas pour y faire des pique-niques, les Parisiens seront renvoyés à des trottoirs ou à des espaces comme les berges, le canal Saint-Martin», plaidait-elle, le 13 mai, en avançant également des pistes pour faire respecter la distance physique entre les promeneurs.

(09h57) Coronavirus : le secteur de l’automobile en souffrance

Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation, Luc Chatel est, aussi, président de la Plateforme automobile (PFA) qui regroupe 4.000 entreprises du secteur. Il s’expliquait, sur France Info. Extraits…

Sur un plan de relance de l’automobile

«Au cumul des quatre premiers mois de l’année, nous sommes à moins 50%. Des concessions ont été fermées pendant presque deux mois et depuis la fin du confinement, on constate une reprise très molle puisque nous sommes à 25, 30% d’activité, si on compare à une semaine de mois de mai classique. Le risque donc, c’est que nous ayons une succession de défaillances d’entreprises. Quand vous êtes à 25 ou 30% d’activité, vous ne pouvez pas tenir très longtemps. Je rappelle que, dans l’industrie automobile, les marges sont extrêmement faibles.»

Sur des chaînes de production en France

«Pour apporter une précision, ce sont les usines d’assemblage qui sont à l’étranger, là où on regroupe les 30.000 pièces qui constituent une voiture à la fin de la chaîne automobile. Mais les moteurs par exemple, de différents véhicules sont fabriqués en France. La France est un des grands spécialistes de la fabrication de petits moteurs de véhicules de catégorie A et B. Toute la sous traitance dans la mécanique, les PME sont en France. Le sujet, c’est comment tient la filière automobile en France? Le deuxième sujet, c’est comment on est «dans le coup», en France, pour le véhicule du futur? Soit, les projets d’avenir, l’électrique, la batterie, l’hydrogène, l’électronique de puissance, le véhicule connecté. C’est sur cela que nous travaillons avec le gouvernement. C’est : comment on est capable d’attirer et de localiser en France, les investissements du futur et la voiture du futur? Sur des mécanismes d’incitation à l’investissement dans l’innovation, dans la recherche. C’est tout cela qui est sur la table aujourd’hui.»

Sur la relocalisation de la production

«La voiture coûtera plus cher de l’ordre d’un millier d’euros sur un véhicule qui coûte une quinzaine de milliers d’euros environ, il y a donc un écart qui est de l’ordre de presque 10%. Les marges sont très faibles dans l’automobile donc, c’est un sujet important. Prenons le sujet par le bon bout. C’est l’enjeu des discussions que nous avons avec le gouvernement. C’est comment, par exemple, nous sommes capables d’attirer en France les grandes usines de batteries? On veut passer à l’électrique, très bien, mais aujourd’hui, toutes les batteries sont fabriquées en Asie, en Corée, au Japon, en Chine. Comment on fait pour avoir en France de grandes usines capables de construire des batteries? Alors, il y a un projet européen, le gouvernement s’est mobilisé avec les Allemands et avec les industriels français comme Total et PSA. Mais comment faire pour en avoir d’autres? Comment on fait pour attirer les grands projets sur l’hydrogène? Comment on fait pour être les champions du véhicule connecté? C’est tout ça que nous mettons sur la table, c’est localiser en France la voiture du futur.»

Sur une nouvelle prime à la casse

«Il faut bien expliquer que 51% des Français, selon un sondage que nous vous avons fait, la semaine dernière, sont prêts à reporter l’achat du véhicule qu’ils avaient prévu en 2020. Ce report est de l’ordre de 11 mois. Si ces chiffres sont confirmés, ce niveau d’activité va entraîner une succession de défaillances dans toute la sous-traitance. Nous n’échapperons donc pas à un mécanisme de stimulation de la demande, comme une prime à la casse par exemple. Mais il faut que ce mécanisme de stimulation permette de nettoyer le parc actuel en quelque sorte. C’est-à-dire, à la fois le verdir, soit encourager les gens à acheter des véhicules électriques. Mais aussi sortir du parc, qui a dix ans de moyenne d’âge, des véhicules plus polluants qui sont aux anciennes normes, pour les remplacer par des véhicules aux nouvelles normes, c’est à dire qui émettent moins de 95 grammes de CO2.»

(09h14) Confinement : un restaurateur gagne face à Axa…

Le tribunal de commerce de Paris a ordonné, à l’assureur Axa, d’indemniser un restaurateur parisien à hauteur de deux mois de perte de son chiffre d’affaires du fait du confinement. Le groupe avait initialement refusé d’indemniser les pertes d’exploitation d’un de ses établissements, fermé dans le cadre de la crise sanitaire.

Stéphane Manigold, à la tête du groupe Eclore, estimait que l’assureur se soustrayait à ses obligations contractuelles concernant son établissement «Le Bistrot d’à côté Flaubert», situé dans le 17e arrondissement de Paris, un des quatre restaurants qu’il dirige avec La Maison Rostang, Substance et Contraste.

Axa avait affirmé que ses contrats ne prévoyaient pas de prendre en charge une «perte d’exploitation lors de décisions par arrêtés ministériels consistant à interdire de façon généralisée l’accès au public à certains établissements pour lutter contre la propagation d’un virus ». Le restaurateur dénonçait pour sa part « l’explosive allégation d’Axa France qui soutient» que l’arrêté gouvernemental du 14 mars annonçant que les établissements comme les restaurants ne pouvaient plus accueillir du public «ne constitue pas une décision de ‘fermeture administrative».

Lors de cette décision en référé, le tribunal a finalement tranché en faveur du restaurateur. «Le tribunal nous a donné deux mois et demi sur notre marge brute. Si le jugement est définitif, mais Axa va sans doute faire appel, je veux rembourser l’Etat» a réagi Stéphane Manigold. «Aujourd’hui, c’est un grand moment pour tous les petits et les grands patrons qui souffrent, qui m’ont donné l’énergie de me battre. Axa a mis des moyens démesurés pour nous anéantir. Nous avons affronté une multinationale, et nous avons gagné.»

En effet, le porte-parole d’Axa a annoncé à France Info que le groupe allait faire appel de cette décision. Quoi qu’il en soit, l’issue de ce référé était très attendue par les secteurs de la restauration et de l’assurance. Un bras de fer oppose depuis des semaines hôteliers-restaurateurs et assureurs, ces derniers opposant majoritairement une fin de non-recevoir aux demandes de couverture des pertes d’exploitation.

«Certains restaurateurs ont fait des actions individuelles et ce référé est plutôt encourageant pour la profession» explique à France Info, Frank Delvau, coprésident de l’Union des métiers de l’hôtellerie et de la restauration (Umih). Mais ce dernier rappelle également que les discussions se poursuivent au niveau national avec l’Etat et la fédération des assurances pour mettre en place un fonds de solidarité globale, abondé par les assureurs, afin de compenser des pertes d’exploitation estimées à 7 milliards d’euros. Reste à savoir dans quel sens ce référé pourra faire évoluer les discussions.

Quelque 55.000 établissements du secteur, cafés, hôtels, restaurants, discothèques, sur un total de 94 000 entreprises touristiques, ont déjà obtenu un prêt garanti par l’Etat. Une soixantaine de chefs, dont plusieurs étoilés comme Gérald Passédat, Marc Veyrat, Michel Saran et Gilles Goujon, mettent en avant plusieurs revendications, dont une «demandant que les assurances prennent impérativement en charge la perte d’exploitation pour tous à hauteur de 15 à 25% et lancent un fonds de garantie ‘catastrophe sanitaire.»

(08h32) Coronavirus : des milliardaires se sont enrichis…

Le secteur des achats en ligne et des réseaux sociaux a logiquement bénéficié des mesures de confinement liées à l’épidémie de Covid-19. De quoi faire bondir en Bourse les titres des sociétés concernées et grossir la fortune de leurs dirigeants.

Les milliardaires américains continuent de s’enrichir pendant que la pandémie de Covid-19 détruit des dizaines de millions d’emplois aux Etats-Unis, selon des données compilées par deux centres de réflexion. Entre le 18 mars et le 19 mai, les 600 ultra-riches américains ont ainsi vu leur fortune augmenter de 434 milliards de dollars (398 milliards d’euros), soit une hausse de près de 15%, en deux mois, selon ces données publiées par le magazine Forbes , ce jeudi.

Les mesures de confinement de la population, la fermeture des restaurants et des magasins ont fait bondir les achats en ligne et le besoin de rester connecté via les réseaux sociaux. La valeur de plusieurs titres a flambé en Bourse, depuis le 16 mars, notamment ceux d’Amazon (45%), de Facebook (près de 60%), de Netflix (46%) ou d’Apple (31%). Et cela ne semble pas s’arrêter puisque les titres Amazon et Facebook ont atteint cette semaine leur plus haut cours historique.

Entre mars et mai, la fortune de Jeff Bezos (Amazon) a par exemple augmenté de plus de 30% et atteint désormais 147,6 milliards de dollars (135 milliards d’euros). Celle de Mark Zuckerberg, patron de Facebook, a bondi de plus de 46% et atteint 80 milliards de dollars (73,5 milliards d’euros), selon le rapport d’Americans for Tax Fairness et de l’Institute for Policy Studies Program for Inequality, qui ont compilé les données de Forbes

A l’inverse, les milliardaires du secteur des voyages, de l’hôtellerie ou de la vente au détail ont vu leur fortune fondre au cours de cette même période, ces secteurs étant directement affectés par les mesures drastiques pour endiguer le coronavirus.

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