Michel Barnier était très attendu, on en faisait une sorte de nouveau challenger devenu favori, voire un Joe Biden à la Française. De fait, on eut droit à une sorte de Chirac grisonnant, la cordialité en moins. On attendait un homme au-dessus de la mêlée apte à rassembler la famille Républicaine disloquée.

On n’eut droit qu’à un discours théorique et lointain. Partie remise. Valérie Pécresse, elle, a enfin commencé à dégainer. On n’avait pas reconnu la présidente de la région capitale lors du premier débat. Éteinte, au teint blafard, mal maquillées, on l’a retrouvée plus pimpante et à son aise pour ce deuxième débat. L ‘ancienne ministre a enfin pu exprimer son dynamisme et toute sa capacité à réformer.Il était temps. Son courage à faire front face à l‘islamisme radical et au Burkini dans les piscines force le respect. Au passage. on aimerait que la Défenseure des droits, Claire Hédon, ex présidente du mouvement ADT Quart monde, nommée par le gouvernement, suive le même chemin.

Sera-ce suffisant pour rattraper le retard dans les sondages ? Personne ne peut le dire et sûrement pas Phillippe Juvin. Celui- ci a beau être responsable des urgences à l’hôpital Pompidou à Paris, il lui en manquera du temps sans doute pour rattraper ne serait que son retard de notoriété auprès des militants LR. Le maire de la Garenne-Colombes se sera quand même montré à son avantage au cours de ces deux premiers débats des primaires LR, organisés sur LCI puis sur BFM. Il s‘est hissé à la hauteur. Lire à ce sujet son interview au magazine Entreprendre où il développe toutes ses propositions. Une belle argumentation qui manque parfois un peu d’envolée eu égard à l’enjeu présidentiel.

Le niçois Eric Ciotti lui n‘aura pas manqué ses rendez-vous. Au ton posé et réfléchi, le député des Alpes- maritimes aura faire ses détracteurs et sut marquer des points par sa maîtrise des sujets et le courage de ses propositions. Il est resté fidèle à sa ligne de fermeté sur les sujets si sensibles de l’immigration et de l’insécurité. Sa fidélité à un certain Eric Zemmour peut aussi lui attirer des voix d‘autant qu‘il est à la tête de la plus forte fédération des LR. Il peut faire un score surprise même si c‘est Xavier Bertrand qui devrait en final remporter la mise. Sur tous les plans, tonalité, clarté, efficacité, le président de la région Hauts-de-France aura su montrer qu‘il était au-dessus du lot.

Et même si beaucoup lui reprochent à juste titre le caractère un peu court de ses réparties, Bertrand apparaît pour l’instant comme le gagnant de ces deux premiers débats. Sa proximité apparente avec les citoyens, sa capacité à se faire comprendre au plus grand nombre les enjeux essentiels pour la France en font pour l‘instant le rival le plus redoutable pour Emmanuel Macron. Face au Chef de l’État, sa facilité à parler simple peut faire mouche. Fidèle en cela à la ligne tracée par son mentor, un certain Nicolas Sarkozy, même si les deux hommes sont en froid depuis plusieurs années, son irruption sur le devant de la scène semble inéluctable même s‘il ne suscite pas encore grand enthousiasme. D‘autant que Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau ont préféré passer leur tour…

Mais après tout, les Français douchés par tant de fausses promesses vont peut-être vouloir se satisfaire d‘un candidat plus fruste, qui certes ne fait plus rêver mais, qui agit. Reste à connaitre aussi l’évolution dans les semaines qui viennent du candidat Zemmour. Celui-ci après avoir fait irruption de manière stupéfiante sur la scène politique française, du jamais vu, va devoir se transmuter en candidat plus rassembleur pour l’ensemble de nos compatriotes sans perdre le fil de ses propositions. A cet égard, le match est loin d’être plié d‘autant que certains caciques des LR, l’ex numéro deux, comme le député Guillaume Peltier commencent déjà à esquisser un rapprochement avec lui. Quand à Emmanuel Macron, il a sans doute tort de ne pas s’intéresser plus aux sujets de l’insécurité et de l‘immigration qui risquent fort d’être les deux sujets de prédilection avec le pouvoir d’achat de cette élection présidentielle finalement pleine d’incertitudes. À suivre

Robert LAFONT

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