Olivier Bertrand remet en cause la reprise de Courtepaille par Buffalo Grill

Le principal restaurateur français met en garde le gouvernement contre des mesures trop restrictives.

La reprise de la plus importante chaîne française de restauration à thème, Courtepaille (300 établissements, 3500 salariés et 260 millions d’euros de chiffre d’affaires) par le fonds britannique TDR Capital, déjà propriétaire sur le territoire français de Buffalo Grill (360 établissements, 8100 salariés et 600 millions d’euros de chiffre d’affaires) pose plusieurs questions. Et on peut comprendre que la décision du tribunal de commerce d’Evry (91) puisse susciter le courroux voire l’agacement de l’autre principal candidat à la reprise, Olivier Bertrand, entrepreneur d’exception à la tête d’un véritable empire de 1 000 établissements (Hippopotamus, Léon, Flo, Au Bureau, Lipp, Burger King…), repris et constitué à la force du poignet par un homme de marketing et de management hors pair.

Pour le premier restaurateur français, qui a démarré à partir d’une simple pizzeria à Paris, cette reprise est « scandaleuse car, Buffalo Grill, placé en mandat ad hoc, n’a pu racheter Courtepaille que grâce à l’obtention d’un PGE de 65 millions d’euros en juillet ». On peut difficilement ne pas donner raison à Olivier Bertrand, autodidacte de 51 ans, dans la mesure où ces PGE accordés par Bercy l’ont été pour permettre aux entreprises d’assurer la continuité de leur activité bien plus que pour accroître le périmètre de celles-ci.

Olivier Bertrand ne s’explique pas comment le tribunal de commerce a pu donner la préférence à « un groupe qui va mal et qui risque d’aller encore plus mal en mettant la main sur un concurrent qui va encore plus mal ». Du coup, notre petit prince du bistrot vient de solliciter le procureur pour qu’il fasse appel de la décision du tribunal d’Evry. De son côté, le fonds britannique a essayé de rassurer en s’engageant à maintenir 90 % des emplois et à investir 80 millions d’euros.

La petite chaîne grill a la française, créée en 1961 par un petit restaurateur bourguignon au bord de la Nationale 6 conserve un potentiel de développement insoupçonné notamment en Europe où elle n’était guère implantée. Et où de nombreux clients seraient heureux de renouer avec des plats du terroir français autour d’une nappe à carreaux, un feu de cheminée et un toit de chaume. Cela change de McDo !

Affaire à suivre dans un secteur aussi important que celui de la restauration, qui compte 220 000 entreprises et plus d’un million de salariés et qui ne survit actuellement qu’avec l’appui de l’Etat (chômage partiel, PGE, exonération de charges…). Olivier Bertrand, patron discret s’il en est, estime la situation suffisamment grave pour devoir sortir de sa coutumière réserve. Dans Le Figaro, le patron d’Hippotamus prévient : « On est en train d’achever un secteur, au lieu de sanctionner ceux qui ne jouent pas le jeu. C’est surréaliste. Les risques de contamination sont partout, pourquoi les stigmatiser dans la restauration, d’autant que 90 % des établissements respectent un protocole sanitaire strict, celui défini par le gouvernement ? »

Le jour où l’on écoutera davantage nos entrepreneurs, ce jour-là, notre pays ira beaucoup mieux !

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