Reprise d’InBev France, de 400 restaurants Quick, des brasseries des Frères Blanc, de 5% du capital d’Elior, et cette année de « Léon de Bruxelles » et de la totalité du groupe Flo, dont Hippopotamus et Bistrot Romain… On peut légitimement se demander où s’arrêtera Olivier Bertrand ?

Les Français connaissent peu le Groupe Bertrand, même si un grand nombre a déjà déjeuné ou dîné dans l’un de ses restaurants. Cette discrétion correspond à la philosophie du N°2 de la restauration commerciale, juste après McDo.

Boulimie commerciale

Avec son groupe Bertrand, fondé en 1997, Olivier Bertrand est déjà l’heureux propriétaire de plusieurs chaînes, comme « Au Bureau », « Café Leffe », « Burger King », de nombreux restaurants, dont les brasseries parisiennes les plus connues, des concessions dans des hauts lieux parisiens. A cela s’ajoutent des hôtels de luxe comme le Saint James et Le Relais Christine à Paris, sans oublier un réseau de distribution de boissons pour les cafés, hôtels, restaurants.

Un numéro deux qui grandit plus vite que le leader

Second derrière McDonald’s en France dans le secteur de la restauration commerciale (mais premier groupe indépendant), les dernières acquisitions du groupe le font avancer de plus en plus rapidement. La multinationale américaine et le Groupe Bertrand – qui est l’affaire d’un seul homme -, n’ont pas grand chose en commun dans leur philosophie comme dans leur mode de management, si ce n’est l’obsession de l’efficacité et de la rentabilité.

Quand Bertrand s’offre Léon & Flo

C’est cet été, en juillet 2019, que le groupe Bertrand a finalisé un accord avec Eurazéo, actionnaire majoritaire jusqu’alors de l’enseigne « Léon de Bruxelles » qui réalise 117 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 1500 salariés. Une belle affaire qui avait connu un creux il y a dix ans, avant de se relancer avec un dynamisme et une rentabilité retrouvés, en misant sur le frais et la qualité pour redonner une belle image aux moules-frites, l’un des plats favoris des Français, sans oublier un projet de fast-food de la mer.

Mais cela ne suffit pas à cet ogre de la restauration qui, déjà en possession de 77,2% des parts, désire finaliser le rachat de 100% des parts du groupe Flo, si l’accord de l’Autorité de la Concurrence vient adouber ce mouvement qui porte sur 270 établissements et pèse 250 millions d’euros. Ce sera un beau cadeau d’anniversaire pour Olivier Bertrand qui fêtera ses 50 ans le 3 décembre prochain.

Un mantra idéal pour celui qui a préféré se lancer directement dans la vie professionnelle plutôt que de poursuivre une scolarité qui ne le passionnait pas vraiment. Sa première véritable affaire, Olivier Bertrand la crée à Paris, avec le restaurant «La Botte d’Italie » en 1991, à 22 ans. Cette première expérience d’entrepreneur lui permet de se faire les crocs. Il ferme cet établissement pour mieux rebondir avec un autre, autour d’un concept plus innovant, car il a des idées que n’ont pas les autres. Ainsi, son nouveau restaurant « Le Chesterfield Café » dispose d’horaires d’ouverture très larges, lance les « happy hours » et devient partenaire de radios comme MCM ou Radio Latina, des partenariats gagnant-gagnant qui amènent la clientèle en nombre.

Toujours seul maître à bord

Olivier Bertrand ne s’épanche pas dans les médias, pas d’interviews, ni de confidences sur ses projets. Il a su collaborer avec certains fonds lorsque cela s’avérait utile financièrement, mais il a racheté les parts afin de rester seul au gouvernail. Il est incontestablement un homme d’affaires doué, mais le secteur de la restauration est lié à la culture française et à l’humain. Or, on peut voir qu’Olivier Bertrand a réussi à racheter et gérer des enseignes aussi différentes que King Burger ou de très grands brasseries parisiennes, sans qu’il n’y ait amalgame, ni perte d’image, un véritable tour de force. Il fait preuve à la fois d’habileté et de respect pour les identités des différentes enseignes et sait y placer des équipes efficaces et dévouées, ce qui n’est pas la moindre de ses qualités.

E.S.

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