PhotoPatrick Batard / ABACAPRESS.com

Par Jean-Pierre Marguaritte, Ostéopathe DO

SANTÉ et PROSPÉRITÉ, ces vœux du Nouvel An que l’on souhaite à celles et à ceux que l’on aime seront-ils exaucés ces cinq prochaines années ? Les programmes respectifs à l’élection présidentielle en matière de santé installent un doute. Il ressort cependant de leur analyse un tronc commun : la prévention santé, l’accès au soins et la lutte contre les déserts médicaux.

LES PROPOSITIONS

La candidate annonce vouloir développer la télé médecine, améliorer la coordination des parcours de soins et rendre obligatoire les visites médicales scolaires.

Le candidat s’intéresse aux médicaments par un investissement massif dans le développement de la recherche et la re-localisation de leur production, se soucie de la santé des femmes et de celle des enfants en augmentant le nombre d’heures de sport à l’école. 

PEUT MIEUX FAIRE

Toutes ces idées ne sont pas nouvelles. La révolution de la prévention santé faisait déjà partie intégrante du programme du président sortant en 2017 sans que rien d’innovant n’ait été fait. La révolution de le prévention santé promise n’a pas eu lieu. 

Lutter contre les déserts médicaux par le développement de la télé consultation est certainement un moyen d’identifier les patients à risques et de les orienter vers les services d’urgence mais la grande majorité des personnes qui consultent un médecin généraliste n’est pas malade au sens médical du terme. Ces personnes présentent des troubles fonctionnels essentiellement liées aux modes de vie qui nuisent à leur bien-être quotidien. Proposer à cette population une nouvelle offre de service santé mieux adaptée à ses besoins permettrait de décharger les médecins généralistes.

Concernant les visites médicales et l’activité physique, ne serait-il pas plus efficace, plutôt que de constater l’existence d’un trouble lors de visites médicales scolaires ou d’augmenter les heures de sports, d’intégrer dans les écoles des cours obligatoires d’éducation à la santé sur le mode de fonctionnement du corps humain avec les conséquences d’une mauvaise alimentation et de la sédentarité. Le surpoids entraîne un état de fatigue qui rend encore plus difficile la pratique de l’activité physique. Certains troubles digestifs influent sur le comportement et diminuent la concentration intellectuelle. Une incitation fiscale aux inscriptions dans les clubs sportifs, les centres qui dispensent la pratique de disciplines visant la détente et l’équilibre du corps tel que yoga ou le shiatsu par exemple, donnerait plus de poids à cette mesure.

LA PREVENTION PRIMAIRE PRÉVIENT LA MALADIE

Il existe trois niveaux de prévention santé, l’une d’entre elle manque à l’appel : la prévention santé primaire vise à apporter des recommandations afin de prévenir l’évolution vers la maladie. Elle  concerne les personnes en bonne santé mais aussi celles, beaucoup plus nombreuses, dont l’état se situe entre la santé et la maladie. La prévention secondaire mène des actions de dépistage dont l’efficacité dépend du taux de participation et la prévention tertiaire cible les personnes malades dont il est nécessaire de réduire l’intensité de la pathologie voir d’éviter la rechute.

UN RETOUR SUR INVESTISSEMENT RAPIDE 

Le Président sortant souhaite investir 30 milliards d’euros dans la recherche pour le développement de bio-médicaments notamment contre les cancers. Dans le même temps, il souhaite re-localiser en France leur production. La chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, parviennent parfois, heureusement, à détruire les cellules cancéreuses, mais aucun médecin ne dispose d’un traitement efficace pour éviter une récidive. La raison est simple. L’oxydation, l’acidose et l’hypoxie qui sont à l’origine de tous les cancers sont des troubles essentiellement liés aux modes de vie. L’affectation d’une partie de ces milliards d’euros dans la prévention santé primaire sous toutes ses formes, serait profitable à la fois sur le plan économique et sanitaire car l’usage de nombreux médicaments que les Françaises et les Français payent à travers les charges sociales, pourrait être évitée et la progression du cancer certainement freinée.

UN AXE PRIORITAIRE POUR LES FEMMES

Un tiers des femmes ont recours à une IVG du fait du coût des soins prénatals et des services d’accouchement qui peuvent dissuader les femmes enceintes de consulter un médecin. Aucune mesure d’ordre financière n’apparaît dans le programme pour faciliter l’accès à ces soins et services. 

L’autisme, l’hyper-activité résultent de carences chez la femme et aussi parfois de l’homme pendant la conception. C’est d’une information simple et intelligible sur ces carences associée à une approche globale et systémique visant à ré-activer les glandes sécrétrices dont les parents ont aussi besoin, pas seulement de visites de détection précoce et de stimulations hormonales. La prévalence de l’endométriose en cas de colopathies fonctionnelles, notamment chez les îliens consommateurs d’épices fortes, ne soulève t-elle pas encore le rôle de l’alimentation ? Devons-nous interpréter cette proposition orientée comme une subtile manoeuvre pour récupérer l’électorat féminin plus enclin à suivre une femme présidente ?

LA TÉLÉMÉDECINE

Les télé-consultations sont certainement un moyen d’identifier les patients à risques et de les orienter vers un spécialiste ou un service d’urgence. La télésurveillance du taux de glycémie pris comme exemple par le président sortant reste cependant insuffisante pour mener une véritable politique de prévention. En effet, l’hyperglycémie, directement liée au mode d’alimentation, est la conséquence métabolique d’un trouble fonctionnel dont la douleur articulaire chronique est un des premiers signes. Ainsi, favoriser l’intégration d’une médecine préventive complémentaire dont l’approche globale et systémique permet d’établir les liens existant entre la structure (l’anatomie), les fonctions des organes (la physiologie) et le métabolisme (l’ensemble des réactions chimiques produites dans l’organisme pour apporter l’énergie puisée notamment dans l’alimentation), permettrait un dépistage précoce de troubles fonctionnels parfois à bas bruit et d’éviter leur évolution vers un trouble métabolique tel que le diabète.

LES DÉSERTS MÉDICAUX

Plus de 24 000 ostéopathes exclusifs ont acquis les compétences suffisantes pour traiter avec efficacité les troubles fonctionnels et répondre ainsi au décalage existant entre les besoins de la population et le service effectif de santé rendu. SI ces professionnels disposaient d’un cadre juridique et réglementaire officiel sécurisant, un nouveau volet du système de santé basé sur la prévention santé primaire permettrait de mener une politique de santé mieux adaptée à la population et d’installer le climat de confiance nécessaire pour établir une meilleure trans  disciplinarité. La situation actuelle peut en effet poser un problème sécuritaire pour les patients car les médecins et ces professionnels non médecins ne se comprennent pas toujours alors que derniers pourraient servir de « filtre de santé » et participer au recul des déserts médicaux.

UN NOUVEAU VOLET DU SYSTÈME DE SANTÉ  

En 2012, le Professeur Bernard DEBRÉ avait déposé un projet de proposition de Loi, à l’élaboration duquel j’ai collaboré, afin de règlementer cette nouvelle profession. Ce projet n’a pas à l’époque trouvé d’écho favorable. Le contexte a changé en dix ans, plus de 80% des patients consultent un ostéopathe en première intention pour des douleurs lombaires. Depuis sa reconnaissance en 2002, si les modules de formation et les actes ont été légalement définis, la profession ne s’est pas encore construite autour d’un code de déontologie opposable lui permettant de mieux s’intégrer dans le système de santé.

Cela fait donc plus de 20 ans que l’ostéopathie, parfaitement adaptée à la prévention primaire et aux troubles fonctionnels chroniques, pourrait être officiellement recommandée pour compléter d’autres disciplines de santé, notamment en relayant la prise en charge médicale du patient après la phase aigüe dans le cas d’une douleur articulaire, en facilitant la rééducation pratiquée par le kinésithérapeute après un traumatisme ou une intervention chirurgicale orthopédique.

QUELLE CRÉDIBILITÉ APPORTER A CETTE PROFESSION ?

Une récente étude publiée le 13 avril 2022 au British Medical Journal Open (BMJ Open) révèle l’efficacité de cette profession dans le cas de douleurs articulaires et musculaires sans que le mode d’alimentation soit intégré dans la prise en charge, ouvrant ainsi la possibilité d’une meilleure efficacité et l’étendue à d’autres indications dont les données sont apparues peu probantes, tel que par exemple la migraine ou le syndrome du colon irritable.

L’ACCÈS A LA SANTÉ POUR TOUS

Cette nouvelle profession fait l’objet d’un engouement croissant et constant de la population. Le remboursement des consultations est devenu la première demande des assurés. Les  complémentaires santé ont ainsi progressivement été conduites à inclure une prise en charge partielle des consultations dans leurs garanties, mais insuffisante pour que toute la population puisse en bénéficier.

Pour répondre à un marché concurrentiel, ces organismes payeurs privés sont à la recherche de solutions pour réduire leurs dépenses de santé et plus particulièrement celles de prévoyance liées aux arrêts de travail. Les employeurs sont pénalisés par la perte d’activité due à l’absentéisme. La logique économique voudrait que les consultations soient financés de façon solidaire par ces organismes et les employeurs qui seraient autorisés à émettre un titre pré-payé à l’instar du ticket restaurant.

Votre bien-être dépend de votre santé, il reste maintenant à espérer que la politique qui sera menée ces cinq prochaines années saura concilier les besoins des Français et les intérêts de la France, et que les prochaines législatives salueront l’arrivée de parlementaires soucieux des besoins humains.

Je vous invite maintenant à découvrir via le lien ci-dessous ce que l’ostéopathe peut apporter au système de santé et à écouter ce que votre corps vous dit avant de voter : https://www.lequotidiendesseniors.fr/jean-pierre-marguaritte-la-medecine-du-futur-etait-au-commencement/

Jean-Pierre Marguaritte
Ostéopathe DO

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

neuf + 15 =