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Et si Vincent Bolloré était candidat aux élections présidentielles de 2027 ?

2027... Est-ce si loin ? On pourrait le croire, et pourtant tout s'accélère. Au point de voir en François Hollande un pur produit du divertissement télévisuel, en Nicolas Sarkozy un possible candidat malheureusement marqué par toutes ses affaires, et en Emmanuel Macron un Président dont l'ex-majorité s'effrite de plus en plus au gré des saisons.

Vincent Bollore (Photo by Daniel Derajinski / ABACAPRESS.COM)

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Alors que reste-t-il pour symboliser la France, la vraie France, et lui apporter un peu de réconfort ? Peut-être un homme, un vrai, qui après 40 ans de vie active très réussie n’a pas fini d’étonner son monde. Je veux parler de Vincent Bolloré, qui contre vents et marées relève la tête. Mais où veut-il aller ?

Vincent Bolloré : un parcours sans faute

En 40 ans, le magnat breton a apporté énormément à l’économie française. En premier lieu, un empire africain. Après 30 ans de présence plus que soutenue de Vincent Bolloré, fin 2022 a sonné comme une échéance incontournable. En concluant la vente de ses terminaux portuaires et lignes ferroviaires en Afrique à 5,7 milliards d’euros à l’armateur Italo-Suisse, Mediterranean Shipping Company, Vincent Bolloré pouvait désormais se concentrer sur une stratégie Médias.

Cerise sur le gâteau, le nom de Bolloré disparaît du secteur des ports et de la logistique car Bolloré Logistics a été racheté par l’armateur français CMA-CGM (qui fait l’honneur de Marseille) pour 5 milliards d’euros ! L’amitié entre deux grands capitalistes nous plonge dans l’interrogation.

Mais le retour, six mois après l’avoir quitté dans l’indice phare de la Bourse de Paris, est une belle victoire personnelle pour l’entrepreneur breton. D’autant plus que l’information est concomitante à la disparition de ses déboires judiciaires avec l’Afrique.

Avec une capitalisation boursière de 9 milliards d’euros, Vincent Bolloré a les moyens de voir venir, car il possède Vivendi qui comprend Lagardère, Canal+, Europe1, le JDD, la Chaîne C News, Prisma, les quelque 200 marques pour l’édition, 4800 points de vente dans les gares et aéroports de 40 pays… Yannick Bolloré, l’un de ses trois fils que j’avais bien connu au tout début de sa nomination comme Président d’Havas pour une interview dans mon magazine Tentation, préside désormais le conseil de surveillance de Vivendi. Mais que reste-t-il à faire à Vincent Bolloré pour mener sa politique ?

Une stratégie de vrai chef

Sa grande qualité est incontestablement son sens de la fidélité. Ce ne sont ni Philippe de Villiers, ni Maxime Saada, ni Gerald Brice Viret, ni Michel Sibony, ni Patrick Lespinay… et tant d’autres qui peuvent me contredire. Ils ont envie de croire en l’homme Bolloré, qui en vrai chef continue son parcours et sera vigilant à tout ce qui touche à son empire.
Pour preuve, la volonté de l’Arcom de vouloir remettre à terme en cause C News, lors du renouvellement de l’attribution de fréquence prévue en août, peut être un véritable défi. D’abord pour la ministre de la Culture, Mme Rima Abdul-Malak, qui a intérêt à masquer son jeu. Ensuite pour Vincent Bolloré, qui ne peut laisser passer sous silence un éventuel camouflet.

De toute façon, Vincent Bolloré a changé la donne. Pour la première fois, la droite est totalement décomplexée. L’immigration, l’insécurité et le déclin de l’autorité sont les fers de lance d’une future campagne électorale. Le monde dans son entité intégrale est une source d’inquiétude, et on ne vit plus à l’heure des bisounours. Seul un homme ou une femme forte peut assurer le devenir de nos enfants. Tout va très vite et paradoxalé… on vit beaucoup plus longtemps que dans les années 70. David Lisnard, le maire de Cannes, peut très bien être un peu utile dans la démarche de conquête de l’Élysée.

Mais Vincent Bolloré accepterait-il de quitter la villa Montmorency ou le siège de Vivendi à l’Étoile pour entrer dans le vif du sujet ? À 71 ans, il peut encore bouger notre vieille France et lui redonner ses valeurs. L’avenir le dira, mais quoiqu’il en soit, il aura totalement fait éclater les frontières de la politique. N’est-ce pas ce qu’il souhaitait ?

Roland ESCAIG


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