Beaucoup trop de nos managers négligent les informations en direct…

Malgré les difficultés, il n’y a jamais eu autant d’opportunités à saisir en ce moment. Le créateur de litige.fr, Yoni Ohana m’explique avoir lancé son site de solutions aux problèmes concrets de la vie quotidienne pour éviter d’avoir à en passer par les tribunaux et les procès interminables. Bien trouvé, vous avez un problème de voisinage, sa plateforme peut vous aider à trouver un arrangement à l’amiable…
À l’heure de la reprise d’après confinement, n’oublions pas que plus que les chiffres globaux de l’économie, ce sont les situations particulières et l’aptitude à répondre à un besoin du terrain qui fait qu’une entreprise marche ou ne marche pas.

Un ancien Directeur marketing de Renault, reconverti dans un groupe juridique, me relate le gouffre existant souvent dans les grandes structures entre services, en l’occurrence entre celui de la production (les ingénieurs) et les services commerciaux. Chez Renault, c’est assez criant. Certains dirigeants ne se rendent jamais physiquement dans les concessions automobiles pour se rendre compte et prendre le pouls du marché et de l’accueil des modèles. Une aberration ; Bernard Arnault ne tombe dans le panneau. Chaque semaine, le fondateur de LVMH prend le temps de visiter personnellement une boutique, au Bon Marché, chez Berluti ou Dior. Il a le choix. Idem pour le couple Zouari qui a repris les magasins Picard et Bio c’est bon. C’est dans leur ADN, tout part et tout arrive du terrain. C’est là que se font les succès ou les échecs, et le fait de sentir et d’anticiper, devient un facteur décisif pour prendre les bonnes décisions. En tant que patron de presse, je ne perds pas une occasion de rendre visite à un kiosque ou un marchand de journaux. Alain Ayache le faisait aussi, Axel Ganz également, je doute qu’il en soit encore ainsi pour beaucoup des managers de la presse digitale. À vérifier !


À l’image de ce que fait aussi Zara, le géant espagnol de la distribution textile, qui fait du réassortiment immédiat et de l’adaptation permanente de ses rayons un ingrédient essentiel de son formidable succès. Marc Foujols, le fondateur des agences immobilières du même nom (5 millions d’euros de chiffre d’affaires, 45 collaborateurs) me confirme ne pas pouvoir conçevoir son métier sans être lui-même le premier vendeur de ses hôtels particuliers ou appartements de prestige parisiens. Plus qu’un choix, une vocation !


Pour revenir à Renault, il y a dans les cartons de la firme au losange un ambitieux projet de relance d’une berline haut-de-gamme à l’instar des belles limousines françaises d’avant guerre. Elle se serait appelée « Louis « et aurait été conçue en partenariat avec le prestigieux maroquinier Hermès. Cela aurait eu de la « gueule » pour rivaliser avec les gosses allemandes. Bizarrement, la technostructure de l’entreprise a préféré enterrer gentiment le projet. Il ne fallait pas chercher à renouer avec le passé, Renault était-il condamné à se confiner au seul segment populaire ? Au siège, on a même enlevé la photo de Louis Renault, le génial créateur de la firme de tous les murs. Il n’existe plus. Pourtant, sans lui, il n’y aurait pas d’entreprise. Comment en arriver à gommer autant l’ADN d’une firme ? C’est vrai pour une entreprise, comme pour tout être vivant voire même pour un pays. Le terrain, les racines, le ressenti des hommes : c’est tout cela qui fonde les succès…

Robert Lafont

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