Vite, une conférence internationale sur l’Ukraine ?

Une solution pourrait être , pour sortir du conflit , de garantir à l’Ukraine une neutralité perpétuelle comme on l’a fait en 1815 pour la Suisse. Avec le succès que l’on sait.

Combien de morts , de dégâts économiques ou matériels , de drames humains faudra-t’il endurer pour que la communauté internationale (c’est le rôle de l’ONU) se décide à imposer aux belligérants au minimum de s’asseoir autour d’une table. Dans une guerre , il n’y a que des perdants. Et s’il y a un vainqueur un jour au plan militaire , gageons qu’ il reperdra la partie sur d’autres plans quelques années plus tard. Se souvenir de la France vainqueur au sortir de 14-18 , imposant un Traité de Versailles qui nous est revenu en boomerang en alimentant le désir de revanche allemand.

Avec l’Ukraine , « la Troisième Guerre mondiale a déjà commencé  » , au moins au plan économique , comme l’annonce sans gloire l’essayiste Emmanuel Todd dans son dernier ouvrage. Une chose est sûre , plus on attend, plus on durcit les positions de chacun , Une solution pour sortir du conflit serait d’imposer à Kiev d’accepter de faire de son pays une zone démilitarisée et neutre à l’instar de la Suisse. Rappelons que la neutralité perpétuelle de la confédération helvétique résulte d’une déclaration des puissances européennes (le 20 mars 1815 au Congrès de Vienne avec un maestro côté français aux manettes , un certain Charles- Maurice de Talleyrand pour orchestrer la diplomatie française ).

Un modèle de neutralité perpétuelle qui a toujours fonctionné depuis. Après tout , ce modèle helvétique a de quoi convaincre de nombreux Ukrainiens , y compris en matière de prospérité ou de démocratie directe. Sauf peut être à mettre à mal un certain orgueil national dans un premier temps.
Dans ce conflit , observons bien aussi que , paradoxe , deux tiers de la planète sont encore derrière Poutine. Sans parler des motivations économiques ou géopolitiques qui l’alimentent en sous-mains. qui le font durer , et qui sont loin d’être aussi pures qu’il n’y parait.


Plus que jamais , il est temps de souhaiter l’avènement d’une Ukraine libre , démilitarisée et démocratique et placée sous garantie de protection de l’ensemble de la communauté internationale (Américains et Russes compris). C’est l’intérêt de l’humanité. Et cela devrait occuper toutes les chancelleries …

Robert Lafont

2 Commentaires

  1. Ça va plus loin.
    En 1815, on a aussi organisé une zone-tampon entre les empires (en fait, un cordon sanitaire autour de la dangereuse France révolutionnaire.
    C’est le B A BA de la structure géographique qui permet d’éviter que des empires ne se touchent.
    En fait, les États-Unis (donc l’OTAN?) ont détricoté les principes de 1815, en se collant volontairement à la frontière de la Russie.
    {Tout ce qu’a dit Poutine, au moment du déclenchement des 3 invasions initiales (hormis une digression sur les mœurs) est exact.}
    Oui:3, dont
    – celle qui visait à faire cesser un crime contre l’Humanité, selon la définition de l’ONU (blocage de l’adduction d’eau potable de toute une population);
    – le Droit d’ingérence (un Droit très cher à la France), pour protéger la population russophone victime d’agressions de toutes natures et d’ethnocide (pas que contre les russophones, d’ailleurs);
    – la tentative (qui a fait chou blanc) de renverser le Régime (sans entrer dans la circonscription de Kiev).
    La réaction qui demandait l’annihilation pure et simple des Russes et leur Culture ont ensuite justifié une guerre contre une menace existentielle. Il ne faut pas perdre de vue que les Slaves russiens étaient pourchassés pour être mis en esclavage.
    Partant de là, on peut effectivement se dire que la paix consiste à fixer des positions et établir une zone tampon permanente, comme Charlemagne ou les Puissances de 1815 l’ont fait.
    Dans cette situation, il faut commencer par arrêter le plan qui a induit la confrontation armée et créer une situation qui empêche une confrontation future.

  2. Mais telle n’est pas la situation. Malheureusement.
    On commence à connaitre la vérité. Elle sort petit-à-petit, de plus en plus vite.
    Ça n’arrête pas: la réalité est pire que ce que le pire complotiste pouvait imaginer jusqu’ici.
    Une guerre nucléaire a systématiquement et froidement été organisée par les États-Unis (OTAN?), en prévoyant d’employer l’arme nucléaire en 1er, afin de démembrer la Russie et s’approprier ses ressources.
    Les références ne manquent pas (entre autres: Rand Corp; interview de GW Bush; H.Clinton (déjà avant l’investiture d’Obama); aveux de A.Merkel; etc).
    Or ce plan n’est pas terminé: Poutine a simplement modifié le calendrier au dernier moment où il pouvait encore le modifier.
    Tant qu’existera le plan à la base de la guerre, la guerre continuera.
    Le préalable est donc de rendre impossible le plan étasunien, sachant que l’avancée territoriale de la Russie n’est nécessaire que parce que ce plan est appliqué.
    Tout est écrit et publié, comme il y a 1 siècle.

    Résumé traduit en français
    https://www-rand-org.translate.goog/pubs/research_reports/RR3063.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=wapp
    In extenso en pdf:
    https://www.rand.org/content/dam/rand/pubs/research_reports/RR3000/RR3063/RAND_RR3063.pdf

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

quatorze + 5 =