Le démantèlement de l’ex Alcatel-Lucent met en péril l’ensemble de la filière française au moment où on installe la 5G. Bruno le Maire doit soutenir un projet de reprise de l’activité à Lannion et dans l’Essonne.

On a beaucoup parlé d’Alstom, cédé aux américains de GE, mais trop tard, après que l’affaire fut faite même si certains alertèrent à temps a l’instar de Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et dans la presse, seuls L’Usine Nouvelle et Entreprendre. Le MEDEF de l’époque, n’en parlons pas ! Le souverainisme économique, ils ne semblent pas vraiment connaître. Cela fait peu de bataillons quand il s’agit de défendre notre industrie dans l’hexagone !

Et voilà qu’aujourd’hui se profile, dans la quasi indifférence générale également, le démantèlement d’une de nos plus belles filières, celle des télécommunications, l’une des plus porteuses. Alcatel-Lucent absorbé dans des conditions incroyables, souvenez-vous de la campagne de déstabilisation orchestrée à l’encontre du valeureux et compétent Président de l’époque Pierre Suard. Il ne s’en est jamais remis. L’entreprise non plus. Et son successeur, l’ineffable Serge Tchuruk a pu appliquer dans les années 2000 sans coup férir sa doctrine mortifère d’une

« France sans usines ». Un contre- sens historique qui a mené droit au désastre économique. Nos voisins allemands se sont bien gardés d’appliquer une recommandation si funeste. Mieux, ils ont pratiqué l’inverse : muscler leur appareil productif en s’appuyant sur un tissus dense et actif d’entreprises familiales (pas de droits de succession) et spécialisées. Sachant que la mondialisation allait nécessiter toujours plus d’équipements industriels et de machine outils par exemples : des filières pointues et assez exclusives, sans trop de concurrence et où l’industrie germanique peut continuer à vendre dans le monde et assez cher.

Bien vu, ce n’était pourtant pas très compliqué à anticiper. Dans l’hexagone, on a fait le contraire : misant par exemple sur les services, mais oubliant qu’une économie est d’autant plus prospère qu’elle repose sur un tissus industriel diversifié.

Certes, à la faveur de la crise, on y revient ! Mieux vaut tard que jamais. Le gouvernement japonais, via le MITI, va consacrer plus de 10 milliards d’euros à la relocalisation d’industries japonaises délocalisées. C’est une voie à suivre.

En commençant par s’occuper du dossier Nokia, le géant finlandais qu’on a laissé reprendre en toute facilité, en 2016, les activités de Alcatel-Lucent avec l’engagement de ne pas faire de licenciements. Que croyez-vous qu’il fit : 3 plans sociaux depuis lors, un total de 1300 postes supprimés en 3 ans, la belle affaire ! Et ce n’est pas fini, on apprend que Nokia veut licencier 986 emplois, principalement en recherche et développement. Une véritable hémorragie, sur les sites de Lannion (Côtes-d’Armor) et de Nozay (Essonne ),

D’autant plus dommageable qu’elle concerne des savoir-faire d’avenir dont la France pouvait s’enorgueillir et qui de plus sont essentiels avec l’évolution des Télécoms et la mise en place des réseaux 5 G. L’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, toujours en pôle pour défendre notre industrie, n’a pas tardé à réagir. Signant un vibrant appel dans le JDD avec le sénateur Gerard Lahellec et le député LR Marc Le Fur appelant à « ne pas laisser démanteler Nokia », prenant soin de rappeler : « que la mise en place de la 5G est au cœur d’enjeux géopolitiques et que les États-Unis rêvent de mettre la main sur Nokia pour disposer d’un acteur en mesure de faire barrage à Huawei. On ne peut pas vouloir installer la 5G et en même temps laisser disparaître les compétences pour la développer et la déployer. »

La mise en garde est claire et salutaire. Et on attend toujours la réaction de Bruno Le Maire voire de sa collègue Agnès Pannier-Runacher. On aimerait aussi sur un tel sujet de la désindustrialisation voir Geoffroy Roux de Bezieux monter en première ligne, avant qu’il ne soit trop tard. Le MEDEF n’est pas seulement là pour défendre les entreprises, il est aussi payé pour s’inquiéter du devenir industriel du pays. Ou alors, c’est à n’y rien comprendre…

Il serait totalement contreproductif qu’un fonds industriel français soutenu par Bpifrance, OVH ou Orange ne soit pas constitué afin de proposer une offre de reprise des activités de Nokia en France. Au-delà de la casse sociale, c’est une hémorragie technologique et intellectuelle de premier poids qui serait interrompue. Rappelons que Nokia qui a bénéficié allègrement du Crédit Impôts Recherche

(270 millions d’euros déjà versés) a habilement pris soin de rapatrier à Helsinki la multitude de brevets détenus par l’ancien géant français de l’électronique et des réseaux télécoms. Arrêtons le dépeçage, j’allais dire dépucelage !!! Il n’est jamais trop tard !

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