Tom Benoît, l’entrepreneur philosophe qui veut réenchanter nos cadres de vie

Il n’a pas 30 ans et, pourtant, on a l’impression qu’il a vécu les trente glorieuses. Il parle des films de Claude Sautet et du Grand Échiquier comme si cela faisait partie de son existence. Tom Benoît n’est pas comme les autres. C’est un philosophe, entrepreneur, essayiste et urbaniste. J’en oublie, il est aussi professeur, et fondamentalement un passionné intarissable pour que son pays et ses concitoyens vivent mieux. L’objectif est louable et la recette assez magique ; elle passe, selon lui, par un retour de la beauté dans tous les domaines, paysages, comportements, idéaux : « Observez l‘allure des bâtiments du XIX eme siècle, rien à voir avec les barres édifiées actuellement dans nos cités contemporaines La bourgeoisie de province à l’époque jouait son rôle, elle a disparu. C‘est elle qui s’occupait de l’esthétique de nos territoires. La mondialisation a tout égalisé. On vit partout pareil. Les villes et les quartiers se ressemblent. On a gommé l’identité et la créativité. Il faut vite redonner le pouvoir aux régions, au terrain, aux territoires. Le libéralisme n‘est possible qu’à cette courte échelle. On a fait l’inverse. On a ouvert les frontières au niveau national et on a enserré nos concitoyens sous une chape fiscale, administrative, réglementaire. Le contresens est avéré. Réhabilitons l‘acte, le faire, les métiers concrets. Les médias ne jouent plus leurs rôles. Au lieu d’élever le peuple, ils se mettent à son niveau et finalement l’abaissent C‘est contre-productif. Il faut redonner des parcours exemplaires ou méritants un peu comme vous le faites avec votre magazine »(sic)

Vous l‘avez compris. Le discours de Tom Benoit n‘est pas feint ou calculé, il est méta-politique (voir son interview sur EntreprendreTV ).

Sous couvert d’urbanisme et de philosophie, cet essayiste brillant développe une vision globale de la société. Et c’est cela qui intéresse. Après deux heures passées avec lui à échanger comme j‘ai eu plaisir à le faire ce jour « aux Princes » porte de Saint- Cloud à Paris, forcément, vous vous sentez plus intelligents. Un état d’esprit constructif et sans arrière-pensées qui font plaisir à voir. Oui, on peut changer les choses. Une réponse à Michel Sardou lui qui déclame dans Paris Match à Bruno Jeudy « qu’il ne croyait plus à un changement ou amélioration générale»  Cela promet.


Qu’il rencontre Tom Benoit qui, un jour à l’âge de 15 ans, décida de changer le cours de sa vie après avoir lu un livre de Schopenhauer, le philosophe préféré de Michel Houellebecq. On devrait entendre parler de cet esprit fin et cultivé, originaire d‘Aix-en-Provence, et capable de citer Paul Ricard, l’entrepreneur du pastis : « Le bon sens est la forme suprême de l’intelligence. » Celui qui a rencontré Bernard Tapie sur le tard, reste sous le charme ; « Rien de plus régénérant qu‘un café avec lui ! ».

On le croit sur parole. Entreprendre est le premier magazine à l’avoir mis en couverture, c’était même lors de notre premier numéro en octobre 1984. Cela ne nous rajeunit pas. Ce n‘est pas grave. Place à la nouvelle génération méritante. Vous le retrouverez bientôt dans nos magazines (Entreprendre et Architecture & Décoration) parler d’urbanisme et d’aménagement avec les plus grands architectes d‘aujourd‘hui à commencer par Jean Nouvel. Autre rendez-vous programmé ; celui du métaverse (le numérique en version augmentée) sur lequel Benoit a également de grands projets avec le journaliste, notre ami Cyril Viguier (TV 5 Monde). À suivre, et  surtout vivement demain ….

Robert Lafont

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