Jean Michel Blanquer

C’est sans doute la meilleure et la pire des choses. Tout dépend de la manière dont les entreprises et leurs collaborateurs arrivent à se saisir de cette nouvelle approche d’organisation du travail, révélé spectaculairement par la pandémie. Une chose est sûre, l’essor impressionnant du travail à distance ne disparaîtra pas avec l’arrêt, s’il se confirme, des restrictions liées au confinement.

D’abord, parce que beaucoup y prennent goût. Gérer son temps à sa guise, ne plus être astreint à des horaires contraignants, pouvoir travailler dans des cadres plus agréables, se prendre en main, tout cela redonne de l’autonomie aux collaborateurs et c’est toujours gratifiant. Dans certaines organisations pesantes, c’est une respiration qui n’a pas de prix. Bien entendu, le travail à distance ne s’organise bien que parce qu’il a lieu avec des équipes qui se connaissent déjà. Pas question donc de briser complètement le lien physique existant entre collaborateurs, mais l’idée de reprendre la main sur son mode de vie et de travail a du sens. Pas pour tous les jobs bien entendu, difficile d’être serveur ou caissier en télétravail !

L’excellente philosophe Julia de Funès n’a pas tort de rappeler de son côté, dans un entretien au Figaro (15/06/2021), que : « plébiscité par 70 % des salariés, avec des avantages évidents comme le gain de temps de transports, il permet aussi une grande libération psychologique pour les individus. Au bureau, beaucoup sont plus ou moins consciemment en représentation permanente. Quand on travaille chez soi, il y a moins de place pour la comédie humaine qui se joue quand on est en présentiel. »

Un aspect non négligeable du point de vue de l’équilibre personnel et qui peut faire beaucoup de bien à nombre d’entre nous. Moins prisonniers de la course contre le temps, certains découvrent avec entrain de nouvelles aspirations pour changer de vie ou évoluer vers de nouveaux objectifs : créer leur propre affaire, travailler à mi-temps, diversifier leurs revenus ou activités…

L’autre grand avantage est qu’il repose aussi sur la notion de confiance qui reste, rappelons-le, l’axe essentiel sur lequel doit reposer toute relation entre entreprises et collaborateurs.
Finalement, le principal risque que fait peser le télétravail sur les salariés est qu’il oblige les entreprises à identifier de près les tâches et fonctions de chacun. Dans certaines grosses structures, certains dirigeants ont même découvert avec effroi que certains de leurs collaborateurs n’avait aucune fonction identifiée. Pis, dans la fonction publique, Amélie de Montchalin, la jeune ministre de la fonction publique, Hec de 35 ans, vient même avec une certaine franchise, avouons-le, reconnaître publiquement que près d’un millier environ d’agents publics n’avait de fait aucune affectation précise identifiée.

On nage en plein Kafka ! Il doit donc y en avoir bien d’avantage. On savait jusque-là, qu’à France Télévision notamment, certains journalistes étaient juste placardisés pour ne pas avoir à déplaire au nouveau pouvoir fraîchement élu. Personne n’ignore non plus que dans le « service public» de l’Éducation nationale, un nombre incalculable de professeurs est détaché et payé par celle-ci pour exercer des tâches syndicales. Est-ce normal ? Que dit à ce sujet le dynamique Jean-Michel Blanquer ? Pas grand-chose pour l’instant. Et on s’étonne de la dérive de nos finances publiques. Ce n’est pas grave, ce sont les contribuables qui payent, le fameux « quoiqu’il en coûte ! » qui va finir par nous coûter effectivement très cher ! Nous y sommes.


Les avantages liés au télétravail sont multiples mais à partir du moment où on ouvre une brèche avec ce type d’aménagement, cela permet aussi aux entreprises de mesurer qu’elle peuvent délocaliser certaines fonctions en télétravail sur le territoire maus à l’étranger tout aussi bien. Là où certains salaires et charges sont moindres d’où des risques évidents pour l’emploi salarié en France. Un seul exemple, avec la banque Natixis qui annonçait récemment vouloir délocaliser plusieurs centaines d’emplois bancaires au Portugal. On n’a pas fini de reparler du télétravail. Et pas seulement à la télé ou au travail d’ailleurs !

Robert Lafont

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