Teleperformance Daniel Julien

Un véritable oasis : nous avons en France, et cela ne se sait pas assez, un nombre impressionnant de leaders mondiaux dans le domaine des services : Sodexo, Cap Gemini, Club Med, Orange, OuiCare, Atos, Edenred, Havas,Axa, Publicis ou Téléperformance devenu en 42 ans le leader mondial du centre d’appel et de la relation client. Crée par un jeune gaillard ébouriffé à la tête d’étudiant attardé, Daniel Julien qui après un parcours universitaire somme toute classique, lance en 1978, parce qu’il faut bien faire quelque chose, une petite affaire de vente par téléphone dans son appartement parisien rempli de combinés et d’amis étudiants venus là pour arrondir leurs fins de mois. Nous sommes dans les années Giscard, et les télécoms restent  l’outil de communication privilégié, internet n’est pas encore arrivé, nous sommes dans l’ère du minitel qu’il soit rose ou pas, et des renseignements téléphoniques tout azimuts. « j ai toujours eu l’esprit marketing » reconnaît modestement Daniel Julien pour expliquer son fantastique parcours d’entrepreneur qui a fait de Teleperformance le numéro un mondial de la relation client et qui, reconnaissance suprême, vient prendre place dans le CAC 40, l’indice vedette d’Euronext où on dénombre très peu d’entreprises créées ex-nihilo, c’est à noter à l’instar de Free-Iliad de Xavier Niel, autre talent hors-normes de la French Tech !

Daniel Julien que j’ai croisé à ses débuts dans les années 80, m’avait proposé de participer à une conférence débat avec des patrons de PME. Payé à prix d’or pour un jeune entrepreneur de presse, je n’avais pas pu refuser malgré un emploi du temps bien  pourvu. Cela me permit de le connaître. Julien ne payait pas de mine, mais il calculait bien et savait parfaitement déjà où il voulait aller. Le choix de son créneau s’annoncait prometteur. Il n’est pas le seul entrepreneur français à avoir fait florès dans cette activité des centres d’appel. Comment ne pas citer aussi l’autre pépite tricolore du secteur, Webhelp fondée en 2000 par le duo Olivier Duha et Frédéric Jousset et qui sont et restent de sacrés battants !

Si Daniel Julien à fait les bons choix, il a su opter pour les bonnes alliances, notamment avec Jacques Berrebi en 1989, le talentueux et exigeant patron de la Rochefortaise, un sacré stratège qu’il ne faut pas oublier non plus dans cette incroyable épopée même s’il n’est plus présent dans le capital. De fait Téléperformance a réussi ce que peu d’acteurs hexagonaux arrivent à faire : à savoir grandir bien plus vite que leur marché à coup de nombreuses opérations de croissance externe. Aujourd’hui, avec 5,4 milliards d’euros de ventes, la France ne représente qu’à peine 5% du chiffre d’affaires, 2% des effectifs. La majorité étant réalisée aux États-Unis,  » il faut aller chercher les clients là ou ils sont  » avoue sans complexe l’entrepreneur de 67 ans, sans doute le salarié le mieux payé de France, et qui détient malgré la course à la taille encore 2 % du capital d’une entreprise estimée à 12 milliards d’euros. On ne s’inquiète pas pour lui. C’est largement mérité avec son modèle de croissance exponentielle, devenue presque une marque de fabrique. Beaucoup de patrons tricolores pourraient chercher à s’en inspirer. Big is beautiful ! Même en France !

Robert Lafont

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