Sophie de Menthon

Par Sophie de Menthon, présidente d’Ethic, ex-membre du CESE

En France, vouloir aider les Français, c’est créer de la complexité sous prétexte de justice sociale. 

On ne peut pas reprocher au gouvernement de vouloir aider ceux qui souffrent. Sachant que le manque à gagner c’est la différence de la somme que débourse l’employeur et la somme que le salarié reçoit sur sa feuille de paie ; ce qui est encore différent du pouvoir d’achat trop faible. 

Des mesures, certes, mais comment s’y retrouver ? Jugez un peu :

– Bouclier sur gaz et électricité jusqu’en décembre prochain.

– Indemnité carburant pour les travailleurs s’ils font plus de 30 kilomètres en voiture pour raison professionnelle. Une savante perspective d’embrouilles : administration pléthorique nouvelle pour les contrôles ? Incitation à la fraude (que fait-on à 25 km de trajet ?), incidences inconnues sur le télétravail ? Injustice pour ceux qui n’ont pas de voitures ? Et les covoiturages ? Et pourquoi pas la baisse du Passe Navigo, et en province ? Est-ce l’entreprise qui devra justifier et faire les déclarations ?

– Hausse des loyers plafonnés à 3,5% MAIS les APL qui augmentent de 3,5% : une mesure que personne ne comprend. Ce n’est pas ça qui va encourager la construction…

– L’aide alimentation de rentrée, à quoi est destinée cette aide ? Jusqu’à quels revenus ? Et les parent divorcés ? Dissuasive pour se faire augmenter dans l’entreprise ! Nous avons semble-t-il échappé au chèque alimentaire BIO !! (avec magasins agrées? Choix des légumes ?) 

– Prime Macron : 3 000 euros défiscalisés mais 6 000 euros si dispositif d’intéressement (avec des « si » on met l’entreprise en bouteille !).

– Baisse des charges pour les indépendants qui ont un revenu net proche du SMIC (que veut dire « proche du SMIC » ?). Une incitation à la non-déclaration des revenus ou à travailler moins ?

– Discrimination entre ceux qui soi-disant gagnent bien leurs vies et ceux qui ne gagnent pas assez. 

Ce ne sont que quelques aspects du catalogue à la Prévert qui inquiètent le mouvement patronal ETHIC, car l’entreprise est directement ou indirectement concernée par tout ce qui est annoncé. Par ailleurs, le mouvement ETHIC n’attend pas les injonctions du gouvernement pour travailler sur le partage de la valeur…

Sophie de Menthon déclare : « Nous avons cru que la promesse de simplification commencerait dès les futures mesures. C’est raté ! C’était pourtant un message clair des électeurs lors des législatives ! ».

ETHIC propose simplement :

– De baisser la taxe sur l’essence et de passer la TVA de 20 à 5%, ce qui est non-discriminant. 

– Comment expliquer aux consommateurs que l’essence est le principal facteur de Co2 et en même temps baisser les prix ? Ce qui est une incitation à rouler.  

– Pour les particuliers (salariés ou pas) qui ont des revenus jugés insuffisants, un chèque exceptionnel global qu’ils dépenseraient selon leurs besoins, semble simple et respectueux de la responsabilité individuelle de chacun.

« Mais quels esprits administratifs compliqués peuvent bien créer ce type de mesures d’assistanat kafkaïennes ? » s’interrogent les avocats de la Commission juridique du mouvement ETHIC. 

On ne peut, par ailleurs, que s’inquiéter de la hausse accélérée des dépenses publiques que les entreprises finiront par payer. Les autres pays ont certes pris des mesures adaptées à leur propre conjoncture, mais aucun pays n’a été aussi directif et complexe dans les aides. 

Alerte rouge sur les comptes publics !

Nota : Le pétrole, l’euro et les matières premières sont en baisse… Ces mesures ne sont-elles pas déjà obsolètes ? 

Sophie de Menthon

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

2 × un =