Sophie de Menthon

Tribune. Encore une fois, personne ne prononce ne serait-ce que le terme d’entrepreneur. Sur les plateaux de télé on s’invective, on balance des menaces sur les retraites, on annonce des augmentations de salaire, on menace de mesures dites écologiques, on parle de la hausse du SMIC… Mais d’entreprises, que nenni !

Et quand nous disons « entreprise » nous pensons salariés bien sûr ! Comment diable pourrions-nous les augmenter avec les charges qui sont les nôtres, les carnets de commandes incertains, les approvisionnements de plus en plus difficiles et surtout une Assemblée nationale qui ressemble à une AG de copropriétaires arc-boutés sur leurs propres intérêts ? Les résultats des élections législatives suscitent les plus vives inquiétudes chez les 3 millions d’entrepreneurs qui voient leur avenir menacé par des promesses démagogiques dont ils seront les premières victimes : chèques en blanc, augmentation imposée des salaires, flou total sur les retraites et absence de pédagogie économique. Ce sont les grands perdants de cette recomposition politique.

Le nombre élevé de députés de la NUPES en particulier, va rendre le pays difficilement gouvernable. Les entrepreneurs sont plongés dans une incertitude absolue, incompatible avec le bon fonctionnement de l’économie française.

Le mouvement ETHIC s’inquiète de ce monde politique qui devient l’ennemi de l’entreprise. Les nouveaux élus se croient dans une cour de récréation ou dans « La Guerre des boutons » ; c’est à celui qui ne tendra pas la main aux partis d’opposition. Un spectacle affligeant de mépris de l’intérêt général. Quelques personnalités politiques éparses comme Jean-François Copé ou Rachida Dati, ou encore quelques députés qui essaient de faire savoir et comprendre qu’il faut des pactes sur les sujets fondamentaux. Ne pas faire passer son orgueil avant le pays semble un défi qui n’est pas près d’être gagné. Alors ? Après avoir créé un absurde front républicain il va bien falloir gouverner avec ceux que l’on fustigeait. Le RN semble prêt à s’allier raisonnablement sur des points d’accord. La gauche « normale » aussi mais si minoritaire également. Les écolos censés pourront-ils lutter contre la nouvelle passionaria risible de l’Assemblée, Sandrine Rousseau ? Il va falloir dédiaboliser le RN pour dialoguer. On ne peut pas être en guérilla permanente !

Aussi, ETHIC lance un grand appel aux âmes de bonne volonté et s’apprête à inaugurer des déjeuners mixtes politico-économiques entre parlementaires et chefs d’entreprise pour échanger sur les vraies problématiques de terrain. Par ailleurs, pour les cinq années qui viennent, il faut un patronat de combat pour l’entreprise et l’économie de marché, sur des sujets vitaux comme la concurrence, le poids des normes et les règlements administratifs.

Sophie de Menthon

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