Un homme accuse la célèbre émission de la chanson et de la musique d’avoir volé son concept il y a près de 40 ans. Il réclame des millions d’euros et se dit aussi victime d’une véritable machination judiciaire avec le concours d’avocats qui ne l’auraient pas aidé, bien au contraire. Cet homme s’appelle Jean Nadot.

Depuis 1985, Jean Nadot, ancien agent des Eaux et Forêts et inventeur des « Clés d’Or », demande la paternité des « Victoires de la Musique ». Selon lui, on lui a volé son idée et il réclame justice. Au début des années 1980, ce passionné de musique francophone crée « Les Clés d’Or de la chanson française » avec son association ANACEM. Avec un grand radio-crochet dans l’Hexagone qui permettrait au vainqueur d’enregistrer et de distribuer son œuvre. Mais quelques temps plus tard, il se rendra compte, dans l’hebdomadaire Télé 7 Jours partenaire de l’opération, que son concept lui a été dérobé par « Les Victoires de la Musique », diffusées à l’époque sur Antenne 2. Avec une récompense : « La Clé d’Or ». Cela va le choquer d’autant plus que ce terme appartient à Jean Nadot, étant donné qu’il l’avait déposé à l’ Institut National de la Propriété Industrielle (INPI). Il saisit immédiatement le tribunal en référé et obtient raison.

Le 18 novembre 1985, la justice interdit toute utilisation de ce terme sous peine d’une astreinte de 1000 francs de l’époque par effraction constatée. Néanmoins et deux semaines après cette décision, Télé 7 Jours, dont le patron était encore Étienne Mougeotte qui deviendra en 1987 le puissant et influent n°2 de TF1 rachetée par Fran- cis Bouygues, cite à nouveau « Les Clés d’Or ». L’astreinte financière grimpe alors à un niveau incroyable. « Chaque semaine, il tirait à quelques 2 millions d’exemplaires et chaque exemplaire est motif à l’astreinte, soit une amende au final de plusieurs milliards de francs pour l’époque », raconta Jean Nadot à notre confrère France Soir en 1998. Mais pour que la sentence soit effective et pour que Télé 7 Jours soit obligé de la respecter, Maître Crevon, alors avocat de Jean Nadot, devait officiellement signifier l’astreinte au magazine, ce qu’il ne fit pas. Avec les jours qui passaient, Télé 7 Jours, pouvant considérer à bon roit qu’il n’avait pas été informé, continua à faire usage de l’emblème « Les Clefs d’Or ». De la part de Maître Crevon, il s’agirait d’une faute évidente selon Jean Nadot. L’assignation coulait de source et aucune directive particulière de la part de son client ne lui était indispensable ou nécessaire pour y procéder.

Quand un avocat commet une faute ou une erreur, l’Ordre des Avocats est civilement responsable de n’avoir pas su assurer la discipline et rappeler les obligations des membres de son bureau. C’est alors la responsabilité civile qui prend en charge les sommes dues, avec l’accord du bâtonnier de l’Ordre des Avocats, qui était à l’époque Maître Mario Stasi, par ailleurs président actuel de la Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) frère de l’ancien ministre et député centriste Bernard Stasi, disparu en 2011.

Mais Maître Stasi ne partage pas cet avis et contre toute attente, il fera sa- voir à Jean Nadot « qu’il n’apparaît pas que vus ayez donné des instructions formelles à votre avocat pour qu’il procède à cette signification. Il n’apparaît pas dans ces conditions qu’une poursuite déontologique soit donc justifiée… » Aujourd’hui âgé de 74 ans, Jean Nadot, qui a été vice-président du Parti Radical National, poursuit son combat après avoir perdu beaucoup d’argent dans cette bataille harassante et usante, se dit victime d’une véritable machination judiciaire organisée dans le seul but de ne pas salir « Les Victoires de la Musique ». Un combat avec des appels en pagaille, des plaintes contre ses avocats et des portes qui se sont refermées sur lui sans qu’il n’ait évidemment obtenu le moindre euro à ce jour.

Joint au téléphone et par mail pour qu’il nous parle de cette histoire compliquée, Jean Nadot livre son sentiment d’injustice et de colère avec des mots dont il est le seul responsable évidemment : « Antenne 2 et Télé 7 jours ont été condamnés à 150 euros par infraction constatée du vol de la Clé d Or. Je n’ai rien à voir avec l’association des Victoires de la Musique. Mon premier avocat Georges Alain Creuvon n’a pas signifié le premier jugement et mon second avocat William Bourdon non plus. La cour d’appel de Paris a violé la loi d’où l’inculpation de Guy Canivet par la Chambre criminelle de la Cour de Cassation, qui a été inculpé de corruption et trafic d’influence. Dans cette histoire, on me doit énormément d’argent : les trois tirages de Télé 7 Jours soit 9 mil- lions d’infractions à 150 euros l’infraction, ce qui fait 1,35 milliards d’euros. Je demande au minimum le respect des droits de l’homme, c’est-à-dire 1 euro par infraction ce qui fait 9 millions d’euros pour Télé 7 jours et 1million d’euros pour Antenne 2 devenue France 2. Soit 10 millions d’euros en tout et c’est bien le minimum. En ce qui concerne ceux qui me taxent d’affabulateur, je réponds que quand on veut tuer son chien on lui trouve tous les défauts pour le supprimer. Il n’y a que les preuves flagrantes et justifiées qui comptent. Tout le reste n’est que jalousie et conspiration. N’oubliez pas que le vol de ma marque « La Clé d’Or de la Chanson française » a eu lieu à l’occasion des premières Victoires de la Musique. Je précise que mon premier avocat Georges Alain Creuvon, lorsque je lui ai demandé de me remettre la première signification de la première ordonnance, m’a dit du fond de son bureau : « Je vous la donne » en se levant de son fauteuil et aussitôt, d’un seul coup d’un seul, il a disparu derrière des glaces qui se refermaient automatiquement. Quel scandale de voir ça. Les quatre avocats Creuvon, Bourdon, Landry de Télé 7 Jours et Couasne d’Antenne 2 sont les principaux magouilleurs dans cette affaire. Mon combat est celui de la justice du paiement de cette honteuse escroquerie. Quant aux Victoires de la Musique cette année, pour tout vous dire, je ne l’ai pas vu. »

En dépit de plusieurs dépressions et de véritables soucis financiers, Jean Nadot veut avant tout que son honneur et sa parole soient respectés. Il se battra jusqu’au bout s’il le faut, même si les dés semblent pipés et que le combat semble inégal…

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