Renault mise sur Alpine pour réussir son comeback en Chine

Ne jamais avoir les deux pieds dans le même sabot. L‘adage populaire semble être aussi celui de l’entreprenant dirigeant de Renault, nommé en janvier 2020, et grand spécialiste devant l’éternel de la relance des vieux modèles iconiques de marques automobiles. Après l’avoir fait pour la Fiat 500, l’ex- patron de Seat (groupe Volkswagen) pourrait bientôt récidiver pour la firme au losange en relançant des modèles iconiques comme la Clio voire la 4 L, qui font le bonheur des revues automobiles nostalgiques comme « Autoretro « , « Auto Souvenir  » ou  » YoungCars « , mais qu’on ne trouve plus modèles dans les concessions au grand dam des aficionados de toujours.

En attendant, Luca de Meo n’a pas renoncé a implanter durablement Renault sur un marché aussi essentiel que l’est le marché chinois : « un constructeur qui ignore la Chine, c‘est une table à qui il manque un pied », selon ses propres termes. Un marché énorme et stratégique où l‘ancienne Régie nationale est encore présente sur le segment des véhicules utilitaires via sa coentreprise avec le constructeur local Brilliance.

On se souvient qu‘en mai 2020, Renault avait du renoncer à ses ambitions, pour cause de mauvais résultats, revendant à Dongfeng toutes ses parts dans la joint-venture commune, propriétaire de l‘usine de Wuhan qui aurait coûté à la firme plus d‘un milliard d‘euros. On a fait mieux !

En attendant, le DG de Renault a de la suite dans les idées. Et ce n‘est parce que jusqu’à présent le constructeur français n‘a pas vraiment réussi dans ses tentatives d‘implantation sur le marché asiatique qu’il lui faut abdiquer. Luca de Meo connaît bien ce marché pour s‘y rendre plusieurs fois par an. Il vient de nommer à la tête de Renault Chine, un manager de renom en la personne de Weiming Soh. Un signal fort qui est adressé et qui ne trompe personne.

Dans son escarcelle également, de Meo visiblement compte s’appuyer sur l‘image de prestige et de haut de gamme à la française qui plaît tant aux asiatiques et que savent exploiter à merveille nos géants du luxe, LVMH, Kering, Hermès ou Chanel, dans d‘autres secteurs.

La marque de sport Alpine bénéficie d‘une belle notoriété et d’une aura sérieusement renforcée actuellement avec l’investissement réalisé en Formule 1 avec la création d‘une écurie dédiée, réunissant deux pilotes de qualité, l‘expérimenté champion espagnol Fernando Alonso et le jeune français Esteban Ocon. Un sacré accélérateur de notoriété vis à vis d‘une clientèle select qui pourrait vite trouver des débouchés en 2024 à Pékin avec le lancement en Chine d‘une grande offensive commerciale et une gamme 100 % électrique dont un SUV haut-de-gamme à 4 places ! Un autre signe qui ne trompe pas, Cédric Journel, ex-Volkswagen (responsable du réseau) vient d’être recruté pour doper le marketing de la marque sur les marchés asiatiques sous la directions du DG, Laurent Rossi. Dans l’usine de Dieppe, berceau historique de la marque en Normandie, on respire.

En affaires, on ne réussit que rarement du premier coup. Et une réussite d‘Alpine en Chine serait le plus beau démenti à tous ceux qui croient qu‘un comeback n‘est jamais rendu possible dès lors qu‘on n‘a pas réussi la première fois. Seuls ceux qui s‘accrochent et récidivent peuvent gagner un jour ! Ce que Renault n‘a pas réussi à faire, Alpine peut y parvenir. Ce n’est pas une des plus belles marques d’automobile sport pour rien !

Robert Lafont

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