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Relocalisation : au lieu d’implorer Elon Musk, Ségolène Royal devrait faire un tour dans le Jura !

Par Robert Lafont

Dimanche dernier, Ségolène Royal,éternelle candidate aux élections présidentielles, déplorait au micro d‘Europe 1 que bien des inventions (voiture électrique, conquête spatiale, ordinateurs…) étaient françaises mais que les principaux fabricants étaient étrangers. Le constat est aisé à condition d’aller plus loin et de se demander si le triple matraquage de l‘hexagone (fiscal, social et réglementaire) n‘explique pas tout cela.

Tout le monde garde à l’esprit le modèle économique du Mittelstands allemand, terreau d‘entreprises familiales indépendantes travaillant dans la durée et enracinées dans leurs territoires (avec des banques régionales souvent présentes dans les conseils d‘administration). Mais qui rappelle l‘exonération des droits de succession sur les PME familiales outre Rhin, les 28 jours de congés payés contre 38 chez nous, ou le surplus de 90 milliards d‘euros d‘impôts de production payés ici par rapport à la bas ? Cela finit par compter. Ce n‘est pas simple. Le succès en économie est moins affaire de rodomontades politiques, que le fruit d‘un travail de fond long et continuel, l‘éloge de la durée avec un cadre fiscal et réglementaire stable et favorable aux investissements. Madame l‘ex-présidente de la région Poitou-Charentes devrait pourtant le savoir. Elle qui a tout fait pour maintenir à flots l’industriel Heuliez. À juste titre d‘ailleurs, et on ne peut que déplorer que les nombreux subsides publics mis dans l’affaire n‘aient pas été accompagnés par d’autres régions. Cela aurait pu être salutaire. Ségolène Royal a tout fait également pour inciter Elon Musk à venir implanter sa nouvelle usine européenne de voitures électriques Tesla en Alsace. Mais il n‘y est pas parvenue non plus. Ce qui est dommage, puisque le Tycoon a annoncé que ce serait Berlin !


Tout cela pour dire que la relocalisation de nos entreprises industrielles n‘est pas si simple. J‘entendais hier un député LREM déclarer sur une chaîne d‘info qu‘il fallait  faire baisser les impôts de production en commençant à songer à différer la prochaine réduction d‘impôts sur les sociétés. Ce que je donne d‘une main je le reprends de l’autre. On est habitué en France avec notre classe politique incapable depuis 40 ans de mettre un frein à l‘ inexorable progression des charges et dépenses publiques. Ce n’est pas nouveau. Ce n‘est pas une raison pour l’accepter. Quel homme d‘Etat osera enfin dire aux citoyens que chaque euro gagné en dépenses improductives sera reversé en baisse d‘impots ou de charges?
Qui osera le dire, qui osera le faire ?


En attendant cet objectif essentiel,, chacun se débrouille à qui mieux mieux! Et parmi les plus actifs face au défi de relocalisation, on retrouve bien sûr nombre d‘ industriels enracinés dans nos territoires. Vous en voulez un exemple ? Je le prends du Parisien, le cas est exemplaire. Il s‘agit de Gem Optics, à Bellignat (Ain) petit producteur de lunetttes de protection, avec 8 salariés, jusqu‘alors produites en Chine. Pendant la crise du Covid, son fondateur Robert Content doit faire face à 20000 lunettes bloquées en Asie. D‘où son idée de tout rapatrier en France : « l’idée est d‘arriver a un système de commandes groupées. Le défi industriel est d‘en obtenir 10000 d‘un coup. » C‘est jouable d‘autant que la zone bressane est située aux confins de la Plastics Valley du Jura, prés d‘Oyonnax ( Haut-Bugey) où l‘on compte 600 entreprises de plasturgie, pour un total de 10000 salariés. On touche du bois, non du plastique !
Madame Royal, observez ce qui se passe dans les PME ! C‘est plus utile que de faire la cour à Monsieur Musk qui visiblement a d‘autres chats à fouetter, surtout si, avec SpaceX, il arrive à débarquer sur Mars !

Robert Lafont

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