L’idée est d’accélérer le mouvement de relocalisation en cours et de relancer fortement le made in France et la prospérité du pays.

C’est une mesure fondamentale visiblement oubliée par les principaux partis politiques, Renaissance, LFI ou même les Républicains, à l’exception tant de Reconquête que du RN ou d’Arnaud Montebourg. Arriver à constituer un fonds de pension hexagonal propre à se doter d’un outil financier de poids propre à protéger nos grands groupes ou mieux à développer et accompagner nos industriels, n’est pas neutre pour notre avenir à tous.

L’Allemagne et la Norvège s’y sont mis dès les années 2000. Avec le succès que l’on sait : en Allemagne, le fonds doté de 25 milliards d’euros, a pour objet de protéger les groupes germaniques contre les OPA hostiles en provenance de l’étranger. En Norvége, le fonds souverain du pays aura créé en 20 ans plus 1000 milliards d’euros de valeur, soit l’équivalent de la moitié du PIB français.

Rien qu’en 2021, le fonds souverain norvégien, qui reste le plus grand fonds de ce type dans le monde, aura fait gagner à ses épargnants 158 milliards d’euros en 2021, soit un rendement de 14,5 % sur une année. La mesure est donc a la fois attractive au plan financier, et d’ampleur stratégique. Elle se justifie d’autant plus que nos compatriotes disposent d’une épargne abondante qui ne demande qu’à être fléchée sur des investissements essentiels à notre avenir.

Elle se justifie aussi par le manque chronique de fonds propres de nos entreprises par rapport à leurs homologues étrangères. A noter la mobilisation dans les territoires ; et la belle initiative de la région Auvergne-Rhône-Alpes présidée par Laurent Wauquiez (que Sarkozy viendrait officieusement d’adouber à en croire une indiscrétion du Figaro magazine) propre à mobiliser un minimum de 100 millions d’euros auprès des particuliers pour se doter d’un fonds souverain régional.

On peut citer aussi en Bretagne le fonds souverain régional Breizh Ma Bro, géré par Arkea Capital, ouvert aux particuliers afin de soutenir les entreprises bretonnes et de Loire-Atlantique, ou aussi le fonds d’investissement régional Normandie Participations, initié par
Hervé Morin (qui, rappelons-le, est fils d’un entrepreneur du BTP).  Récemment, c’est Nicolas Dufourcq, l’excellent patron de Bpifrance qui a cru bon de briser ce silence assourdissant sur la nécessité d’un tel fonds souverain à la Française et qui déclarait à notre confrère Challenges : « C’est un instrument fondamental de puissance, car il permet de se financer dans le monde entier, alors qu’avec le système de répartition à la française, on se finance dans son lavabo. »  Encore un tabou à faire sauter auprès de l’intelligentsia comme Nicolas Dufourcq aime tant à le faire et de demander à ce que tout le monde (Etat, Éducation nationale, syndicats, patrons et médias) s’engage dans le combat pour la réindustrialisation car, pour lui, un tel mouvement est enclenché et il faut l’amplifier car, je le cite : « La France ne s’est jamais aussi bien occupée de son industrie… » Mais gare, car pour lui : « Notre pays également pays d’intellos, de poètes, est constamment habité par son imaginaire ! » Ce n’est pas nous à Entreprendre qui le démentiront. Bien au contraire, il faut accélérer le processus engagé, parfaitement décrit dans son dernier livre « La Désindustrialisation de la France 1995-2015 », paru chez Odile Jacob. C’est salutaire !

Robert Lafont

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