Son principal partenaire Erik Maris rejoint le fonds américain Advent International

Il ne vaut mieux pas avoir raison trop tôt, aimait à rappeler ce diable d’Edgar Faure, de nombreuses fois ministres et président du Conseil en 1952. Il n’avait pas tord notre bel esprit de Franche -comté !  Observez par exemple le parcours de Jean-Marie Messier, ex grande vedette du capitalisme financier hexagonal. Du temps de sa gloire médiatique, l’ex golden boy de Lazard passé ensuite à la tête de la Générale des Eaux, après avoir collaboré un temps auprès d’Édouard Balladur, ministre de l’Économie, n’avait qu’une idée en tête. Être le premier à pouvoir faire converger au sein d’une même entité multimédia le contenu et le contenant. Une conception assez visionnaire que réalisera bien après lui et à sa place le talentueux Vincent Bolloré qui n’a pas fini de nous étonner si on en croit les rumeurs actuelles concernant le démantèlement prochain du groupe Lagardère en accord avec Bernard Arnault. En attendant cet épilogue, Vivendi vaut quelques 29 milliards d’euros, là où Veolia n’est valorisé qu’à 11,5 milliards.

De la belle ouvrage pour celui qu’Entreprendre et Le Nouvel Économiste avaient baptisé, dans les années 80, du nom de « petit prince du cash flow“. Messier de son côté, après ses rêves de grandeur contrariée, n’a pas lâché et c’est sa force ! Et il s’est retrouvé après une traversée du désert, celle que connaisse bien des grands hommes, à la création d’une nouvelle banque d’affaires. Messier Maris & Associés du nom précisément de son associé, Erik Maris, un fringant quinquagénaire que rien n’effraie, grand fan de course auto et qui a encore disputé les 24 heures du Mans cette saison pour la sixième fois. Erik Maris n’est pas n’importe qui : Hec de 56 ans, il est le banquier conseil de la plus belle opération de la place cette dernière année, en l’occurrence la fusion des géants de l’automobile entre PSA et Fiat.

Difficile de faire mieux ! L’élève a-t-il dépassé le maître ? Rivalité d’ambitions sur fond de divergences stratégiques, toujours est-il que les deux hommes ont annoncé leur divorce. Erik Maris ira exercer ses talents au sein du fonds d’investissement Advent International. Un fonds américain dont on parle de plus en plus sur la place de Paris et qui s’est illustré récemment avec le rachat des médicaments génériques de Sanofi, celui de la division Identité et Sécurité du groupe Safran, ou des parfumeries Nocibé par Douglas.

J2M se retrouve seul à bord de sa banque d’affaires même s’il l’a revendue en 2019 à 60 % à l’italien Mediobanca. Un deal qui s’est fait autour de 163 millions d’euros et que Messier doit s’il veut correctement négocier le solde de ses actions dans les 7 ans, poursuivre un développement à marche forcée.

L’arrivée prochaine à ses côtés de son ancien complice des années 2000 chez Lazard, Patrick Sayer, l’ancien patron d’Eurazeo, devrait faciliter les choses. Ne dit-on pas aussi que l’ancien patron de la Générale des Eaux accompagne Veolia dans son projet d’acquisition de Suez auprès d’Engie. Ce serait un coup magistral pour cet homme roué qui, décidément, ne fait rien comme les autres. C’est à cela que l’on reconnaît les grands. À 63 ans, le Grenoblois passé par X et l’Ena garde un secret goût de revanche.

Robert Lafont

LAISSER UN COMMENTAIRE

Tapez votre commentaire
Entrez votre nom ici

7 − 2 =