Nous vivons décidément dans un pays formidable où l’envie de faire payer son voisin, surtout s’il est plus riche que vous, semble avoir pris le dessus sur toute autre espèce de considération d’intérêt économique national.

Alors que cet IFI, instauré en 2018 par Emmanuel Macron pour se substituer à l’ISF, impôt progressif et déclaratif taxant les patrimoines immobiliers de plus de 1,3 millions d’euros, reste une exception en Europe, aucun candidat à l’élection présidentielle, y compris ceux réputés les plus à droite, n’ose proposer pourtant de revenir dessus ou mieux de le supprimer.

Étonnant, surtout dans un contexte économique où beaucoup de nos concitoyens précisément se plaignent de ne pas pouvoir trouver de logement. Une pénurie aggravée par cet impôt anti-économique venant, qui plus est, pénaliser l’un des premiers secteurs économiques du pays, celui de la construction et du BTP, un de ceux les plus pourvoyeurs d’emplois (près de deux millions au total) et qui de surcroît n’engendre aucun déficit extérieur.

L’IFI pousse même certains de nos petits entrepreneurs immobiliers à se domicilier hors de France. J’en ai rencontré par exemple dans le Sud-Est qui envisageaient de s’installer en Italie. La belle affaire pour notre fisc ?

Qu’attendons-nous pour réagir ou à tout le moins pour faire sortir de l’assiette imposable au moins la totalité de la résidence principale comme le proposent déjà Éric Zemmour ou Marine Le Pen, même si celle-ci veut rétablir l’ISF en exonérant la résidence principale. Valérie Pécresse et Emmanuel Macron ne changent rien au dispositif actuel. Quand Jean-Luc Mélenchon, toujours aussi zélé pour faire fuir nos grandes fortunes, il rétablit l’ISF sans aucune exonération. On connaît les dégâts de ce type de mesure…

Plus sérieusement, nos politiques, s’ils visaient la prospérité du pays, pourraient aussi à tout le moins chercher à vider cet IFI de sa substance. Rappelons que, payé par 139 140 seulement de nos compatriotes, l’IFI ne rapporte que 2,1 milliards d’euros. Une goutte d’eau dans l’océan de notre déficit budgétaire (175 milliards d’euros annuels), sans compter la paperasserie qu’il engendre. Autre idée, comme le suggère ce mois-ci en une du magazine Entreprendre, Michel Platero, l’actif président de la FNAIM Grand Paris, consistant selon ses propres termes à « faire sortir de l’assiette de l’IFI l’ensemble du patrimoine loué. Ce qui aurait l’immense avantage d’élargir l’offre immobilière disponible en poussant à la mise en location de biens qui ne le sont pas aujourd’hui ! »

Une proposition intéressante, même si la meilleure solution serait de supprimer totalement cet impôt, ce qu’aucun candidat à l’Elysée ne propose étonnamment. Notre pays a décidément encore du chemin à parcourir pour pouvoir devenir un grande Suisse, c’est-à-dire un véritable îlot de prospérité partagée. Rappelons à ce propos à ceux qui l’auraient oublié que nous ne sommes que le 29ème pays au monde en matière de richesse par habitant.

Écoutez à ce sujet, sur EntreprendreTV, le réquisitoire d’Agnès Verdier- Molinié, la présidente de l’institut iFRAP, sur le véritable état de la France. N’est-il pas temps de réagir ? Cela passe par la suppression des impôts contreproductifs, à commencer par l’IFI ou les impôts de production. Au total, tout le monde y gagnerait. À commencer par les plus démunis : ceux qui ne peuvent se loger ou trouver d’emploi ! N’avons-nous pas perdu dans la seule industrie quelque deux millions d’emplois depuis 1980 ?

Robert LAFONT

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