Les Français n’ont rien contre Benzema. Au contraire, ils ont même été sacrément impressionnés par sa constance et ses réalisations au sein du plus grand club d’Europe, le Real Madrid. Une performance assez unique, même si le rôle et l’approche de son coach, un certain Zinédine Zidane, ont dû sacrément compter eux aussi !

Le retour en équipe de France reste un geste fort de la part du sélectionneur Didier Deschamps. À 52 ans, celui qui a tout gagné sait, comme tous les grands dirigeants, qu’il faut savoir pardonner. Si Benzema n’a pas toujours été exemplaire, ses années passées au Real plaident en sa faveur. Dans le vestiaire, ses coéquipiers vantent un modèle d’état d’esprit. À l’OL, le président Jean-Michel Aulas, qui est resté très proche de son ancien joueur, ne manque pas une occasion de rappeler la bonne mentalité dont il est animé.

Benzema ne s’est pas fait prier pour remercier le sélectionneur, adressant même lors de sa première conférence de presse à Clairefontaine un chaleureux remerciement ponctué de « Merci Didier » devant un parterre de journalistes qui n’en demandaient pas tant !

Le pari de son retour ne sera gagnant, au-delà des résultats comme toujours aléatoires en football, que si Karim affiche, sans discontinuer, un état d’esprit ouvert, généreux et toujours placé au service du collectif. Les Bleus, champions du monde en 2018, ont gagné sans lui. Ce n’est donc pas le retour d’un sauveur, mais la confirmation que « KB9 » reste, à 32 ans, un joueur d’exception dont il serait dommage de ne pas faire profiter les Bleus, d’autant que Martial est indisponible.

Rajoutons que l’attaque de l’équipe de France n’a pas fait preuve ces dernières temps non plus d’une efficacité à toute épreuve. Tout cela compte dans l’esprit de Deschamps. Il fallait apporter quelque chose. Il y a désormais plus d’avantages que d’inconvénients au retour en Bleu de Benzema. C’est tout à son honneur de l’avoir compris et d’avoir fait passer, comme d’habitude avec DD, l’intérêt du collectif avant celui des individus.

Reste à savoir concrétiser ensuite ces bonnes dispositions sur le terrain. Ce ne sera pas aussi facile, même avec les meilleurs joueurs du monde. L’avantage est qu’en polarisant l’attention des médias sur Benzema, on va aussi un peu lâcher la pression sur Mbappé et autres Griezmann. Un élément que le sélectionneur ne peut pas ne pas avoir pris en compte également et on peut lui faire confiance.

Un mot sur la polémique Youssoupha. La chanson « Ecris mon nom en bleu » est relevée et pleine d’énergie. Il est simplement dommage qu’on ait simplement choisi un rappeur vivant en Côte d’Ivoire et qui a largement insulté, dans une de ses chansons, une femme politique de notre pays, en l’occurrence Marine Le Pen, que l’on n’aime ou que l’on n’aime pas, mais qui rassemble plus de 30 % des électeurs, restant en deuxième position pour occuper les plus hautes responsabilités en 2022. C’est donc à tout le moins maladroit ou simplement provocateur. Mais comme le dit Noël Le Graët, le président de la Fédération Française de Football, ce sont les jeunes collaborateurs du service marketing de la FFF à qui on a laissé le choix. Personne n’est obligé d’y croire. En attendant, on a tous envie de l’écrire notre nom en bleu et avec Karim bien sûr !

Robert Lafont

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