Par Jacques Myard, Maire de Maisons-Laffitte

Tribune. Au seuil de l’année 2022 , je ne saurais échapper à la tradition multiséculaire de vous présenter mes vœux, en fait je ne suis pas certain que ce soit des voeux.

Je ne souhaite pas vous adresser « des incantations dépourvues de sens, supposées être dotées d’une puissance thérapeutique, comme l’appel à un dieu, prié de vous exaucer » comme les définissait le poète Stefan George.

Non je désire simplement vous dire ce je veux pour la France, aujourd’hui malmenée certes par la pandémie, mais davantage encore par le gouvernement, l’actuel Chef de l’État et ses incohérences.

Je vous livre ainsi les lignes de l’action politique que j’entends poursuivre, sans relâche, pour redonner à notre Nation la maitrise de son destin, sa souveraineté.

La souveraineté n’est pas un concept obsolète, révolu, défendu et illustré par des gens du passé, bien au contraire; dans notre village planétaire, devant l’échec de la mondialisation heureuse où les marchés financiers veulent être maîtres des horloges, les peuples, les nations plus que jamais ressentent la nécessité de faire entendre leurs voix.

La souveraineté est un concept moderne, le cadre naturel et incontournable de la démocratie qui doit reprendre ses droits malmenés par des utopies et autant de fuites en avant ; elle n’est pas le repli sur soi, elle est, bien au contraire, le fondement de nos libres coopérations internationales. La France est une puissance mondiale écoutée, si elle parle d’une voix forte, la sienne.

Depuis des années j’ai défendu en toute cohérence une certaine conception et idée de la France, subissant parfois les sarcasmes de mes amis politiques enclins à succomber aux idées à la mode, celle des salons et des bien-pensants.

Les temps ont changé, les élections de 2022 seront l’occasion de faire prévaloir la nécessité de la souveraineté sur toute autre considération.

Qu’il me soit permis de vous exposer ce qui doit être porté au débat. Sur tous le points constitutionnels et de droit, je partage pleinement les analyses et les propositions de Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil Constitutionnel.

Une France souveraine :

Rétablit sa souveraineté juridique grâce à quelques modifications de la Constitution :
– articles 55, les accords et actes dérivés ne peuvent pas prévaloir sur les lois postérieures
– article 88-1, les dispositions de la Constitution sont supérieures aux traités européens et à leur actes dérivés ; il convient de rappeler que l’UE est une organisation internationale, elle a été créée par les États qui gardent seuls la compétence de la compétence, l’UE n’a que des compétences d’attribution (article 5 du TUE ) comme l’a rappelé avec force la cour Constitutionnelle allemande.

Il ne saurait y avoir un gouvernement des juges, le Parlement doit avoir le pouvoir de s’opposer à des décisions du Conseil Constitutionnel qui abrogent ou interprètent des lois déferrées, il doit avoir le dernier mot, conformément à la proposition de mes collègues Guillaume Larrivé et Éric Ciotti.

Le maintien de la QPC – question prioritaire de constitutionnalité – se pose car elle affaiblit le Parlement et renforce le pouvoirs des juges qui deviennent le législateur.

article 66 doit être complété pour consacrer la compétence de la seule juridiction administrative en matière d’expulsion des migrants illégaux et de tout étranger condamné.

Nos règles d’acquisition de la nationalité doivent bannir les automatismes du droit du sol, l’acquisition de la nationalité française doit être un acte volontaire respectant des critères d’assimilation !

En matière d’immigration, la loi doit fixer des quotas en fonction des besoins économiques et politiques préalablement définis.

Schengen doit être réformé, les frontières nationales doivent être contrôlées à nouveau car Schengen confond aujourd’hui la libre circulation et l’absence de contrôle !

L’islamisme, idéologie mortifère qui propage le séparatisme, doit être combattu par une action culturelle déterminée qui reprend les fondements de la laïcité, renforcée par une nouvelle disposition constitutionnelle qui interdira à tout individu ou groupe de se prévaloir de sa religion pour ne pas respecter nos règles communes.

La France doit maintenir une politique étrangère indépendante, elle ne peut soumise aux diktats ni de Washington ni de Bruxelles, ni de Berlin ou de Moscou. Ses forces armées sont en soutien de notre diplomatie sous le seul commandement du Chef de l’État. A ce titre, cessons de magnifier le couple franco-allemand qui n’existe pas. L’UE doit devenir une Europe de coopérations, non une organisation boulimique, en mal d’acquérir des compétences qui la conduisent à l’échec : SUBSIDIARITÉ !

Notre langue doit être promue sans relâche à Bruxelles comme partout en francophonie. Assez de franglais et de globish, le Chef de l’État en fonction parle le français partout dans le monde !

Notre Histoire est riche de pages parfois sombres et souvent glorieuses qui sont autant d’exemples pour de très nombreux pays dans le monde; assez de repentance et de contre-vérités historiques qui ne sont jamais suffisantes pour réconcilier les deux bords de la Méditerranée !

La France doit retrouver une économie forte qui passe par le renouveau de sa natalité, gage de son avenir et de l’équilibre de ses retraites, en mettant en œuvre une politique industrielle définie par un ministre indépendant des technocrates de Bercy, en coopération avec toutes les forces vives du pays. Cette politique industrielle se réalisera dans le cadre de l’aménagement du territoire rénové .

Voilà, en quelques lignes – qui peuvent certainement être précisées et complétées – le combat politique que j’entends poursuivre, car la souveraineté de la France est le fondement de nos libertés.

Soyons sans illusion, prenons en main notre destin, loin très loin des utopies et autres fuites en avant de quelques salonnards qui poursuivent les chimères des constructions artificielles et illusoires. Inutile de les identifier, vous les avez reconnus, ils prétendent aujourd’hui nous gouverner…

Alors oui, je ne vous ai pas présenté mes vœux car comme Voltaire je pense que

« Tes destins sont d’un homme, et tes vœux sont d’un dieu »

Jacques Myard
Maire de Maisons-Laffitte
Membre honoraire du Parlement

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