Suis tombé par hasard, ce matin sur France Culture, sur l’homélie d’un prêtre, sans doute excellent. Cela fait drôle mais pas forcément dans le sens que vous croyez.

De fait, cela fait un bien fou. Entendre quelqu’un vous parler, quelques minutes tranquillement, calmement, posément, sans être interrompu, de foi en l’avenir, d’espoir, d’amour de son prochain, de confiance, d’esprit ouvert, de générosité. Oui, cela change du vacarme permanent, tel que nous les assène nos nouveaux modes de vie. Et l’on s’étonne qu’à l’occasion de ces confinements imposés et successifs, certains se découvrent des besoins de changement de vie ou éprouvent tout simplement le besoin de prendre du champ avec leurs modes de vies chaotiques et au rythme effréné

Cela fait un bout de temps que je n’avais pas entendu parler comme cela. Quel calme, quelle tranquillité… sans être interrompu ou invectivé. Comme beaucoup, déformation professionnelle oblige, je dois trop regarder LCI ou CNews. Et puis, en dehors de la sphère privée, entendre quelqu’un parler sans intérêt direct, ni commercial ou autre, cela devient rare, reconnaissons-le aussi.

Après tout, Malraux avait sans doute raison. « Le XXI ème siècle sera religieux ou ne sera pas ! » On y est en plein. Sans devenir pour autant un fervent d’église, loin s’en faut, une dose de ce type de message bienveillant, ouvert  et humaniste  ne doit et ne peut faire de mal à personne. Et si ce n’est pas l’église catholique qui le délivre, au moins que ce soit celle de la religion de l’homme dans son ensemble, qui soit enseignée, celle dans laquelle nous devrions tous pouvoir nous retrouver. Quelque soient nos chapelles !

Quand  vous observez, en ce moment, le message global subliminal, des médias, des commentaires, des informations, voire des gens dans la rue, tout ne semble n’être que bruit, fureur, agression ou invectives. Comme si l’espoir semblait avoir déserté nos perspectives d’ensemble, nous renvoyant chacun à nos petites conditions individuelles de consommateur bien pensant et étriqué, réduit à n’administrer que des tâches prosaïques ou à n’accomplir que des défis individuels et sans envergure.

Par ces temps de matérialisme exacerbé, l’homme continue d’éprouver le besoin de croire et de se raccrocher à quelque chose qui le dépasse : une histoire commune, un projet collectif, une aventure humaine. Or, c’est l’inverse de ce que l’on semble vouloir propager dans la population. Par un malheureux enchaînement de circonstances, tout dans la société actuelle, semble nous pousser dans cette direction dégradante poussant à nous restreindre, nous réduire, nous décourager, nous opposer voire nous désespérer. C’est la raison pour laquelle l’acte d’entreprendre prend et conserve tout son sens. Et pas seulement dans le business, dieu merci !

Robert Lafont

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