Olivier Dassault, un entrepreneur ambitieux pour la France

Olivier Dassault est parti un dimanche soir à la suite d’un crash d’hélicoptère sur les hauteurs de Deauville, sur la côté fleurie, là où il possédait une superbe demeure normande non loin du célèbre haras des Rothschild à Touques. Hasard de l’histoire, son grand-père Marcel a été à l’origine d’une des plus belles épopées industrielles d’après guerre, celle des avions Marcel Dassault, qui se poursuit, dieu merci, avec les Rafale.

Ne nous y trompons pas, le décès tragique d’Olivier Dassault à 69 ans, père de trois enfants et à la tête d’une fortune évaluée à 5 milliards d’euros, n’est pas seulement un terrible drame humain. Lui et son épouse Natacha formaient un couple charmant et attachant ! Grand passionné d’arts et photographe renommé devant l’éternel, Olivier reste un dirigeant multiforme et polyvalent comme on n’en fait plus guère.

Amoureux d’arts, grand défenseur de l’industrie, homme de presse (Valeurs Actuelles, Le Figaro…), il se passionnait aussi pour la politique et l’avenir de la France. Comme son grand-père qu’il vénérait, il était député LR de l’Oise depuis 2002. Certes, son patronyme l’empêcha-t-il probablement de devenir ministre. Nous sommes en France, les idées reçues priment sur les réalités. A ce propos, il fallait écouter l’ancien ministre socialiste Jean-Marie Le Guen sur une chaîne d’info (LCI) rappeler tout ce qu’avait fait l’héritier Dassault pour l’entreprise française tout en prenant soin de rajouter que l’étendue de son patrimoine personnel l’empêchait d’être suivi dans ses propositions, même les meilleures !

Un des rares députés à défendre becs et ongles nos entrepreneurs !

Petit bras l’ancien député PS, on ne juge pas quelqu’un sur sa richesse mais sur ce qu’il en fait. De ce point de vue, Olivier ne s’est pas ménagé. Il a créé, rappelons-le, Génération Entreprise–Entrepreneurs Associés (GEEA), dirigé par mon ami, l’excellent maire d’Elancourt (78), Jean-Michel Fourgous, un mouvement qui connaît et explique les réalités du monde de l’entreprise à l’Assemblée nationale.

Il y a du travail. Malgré bien des déconvenues en la matière sur certains textes de loi, ce lobby pro-entrepreneurs au Palais Bourbon a évité bien des bévues de la part de la représentation nationale. C’est une autre histoire ! Olivier était également un féru de presse. Nous avons eu, au groupe Entreprendre (Lafont presse), pourquoi le cacher, maille à partir avec lui lorsque nous avons lancé de zéro le magazine Jour de France, une revue actualité d’un nouveau type (rebaptisé depuis Journal de France).

De son côté, le titre créé par son grand père, Jours de France n’existait plus depuis des lustres, la marque était même tombée en désuétude, n’étant plus exploitée depuis 1989. Il en a fait une affaire personnelle. Après une longue bataille judiciaire (renvoi en cour de cassation), nous n’avons jamais réussi à nous mettre d’accord, malgré les bons offices de l’excellent Marc Feuillée, actuel patron du Figaro.

L’heure n’est pas à la critique. Par sa culture, sa jovialité, son dynamisme et l’étendue de ses centres d’intérêts, Olivier mérite le respect. Espérons que la dynastie Dassault ne subisse pas trop les dommages de ce départ prématuré. Notre pays a besoin d’un groupe Dassault conquérant ! On peut faire confiance à Charles Edelstenne, l’actuel dirigeant, pour poursuivre avec ambition la formidable saga d’une dynastie dont Olivier était l’un des brillants représentants avec ses frères Laurent, Thierry et sa sœur Marie-Hélène Habert.

Robert Lafont

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